Le comparatisme est en crise, constate Adrian Marino. Avec Etiemble, auquel tout cet essai rend hommage, il estime que le comparatisme peut et doit faire peau neuve. "L'esprit d'Etiemble, son enseignement et ses écrits, toujours non conformistes, ouverts au monde, universalistes (lâchons le mot), le désignent comme un avant-coureur." Avec Etiemble, le comparatisme devient non seulement engagé, mais militant. Cette discipline, pleine de promesses, dont plusieurs déjà tenues, ne peut indéfiniment rester prisonnière des aléas de programmes anachroniques, timorés, poussiéreux. Comme pour Goethe la poésie, le comparatisme est aujourd'hui, plus que jamais, le "bien commun" de toutes les études littéraires parce qu'il répond par excellence aux besoins de notre époque. Il importe donc qu'il cesse d'être la propriété jalousement gardée de l'érudition universitaire. Il faut absolument qu'il propose, lui aussi, ses solutions à mainte et mainte des questions complexes, voire angoissantes, qui se posent et s'imposent par les temps qui courent." Bulletin Gallimard n° 314, avril 1982.
Nombre de pages
264
Date de parution
13/05/1982
Poids
320g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070209477
Titre
Étiemble ou le Comparatisme militant
Auteur
Marino A
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
320
Date de parution
19820513
Nombre de pages
264,00 €
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Art" et/ou "technique" de l'interprétation des documents, des symboles, des idées sacrées et profanes - et, en général, de tout texte et discours -, l'herméneutique trouve en Mircea Eliade l'un de ses plus importants et originaux représentants actuels. Ce volume se propose de découvrir, d'encadrer comparativement, de restituer et de "recréer" - en quelque sorte - justement la méthode exégétique de Mircea Eliade, qui donne un nouveau souffle à cette discipline. En affinité, spontanée plutôt que choisie, avec une grande tradition d'herméneutes, Mircea Eliade en élargit l'horizon par un art propre de redistribuer la matière et de boucler le "cercle herméneutique" d'intégration et de totalisation des données interprétatives. Son apport, à maints égards, transcende l'ambition commune de l'historien des religions. Loin de déprécier l'histoire, il lui rend son âme de tradition. Ni impersonnelle ni distante, son herméneutique crée son objet et stimule la "réalisation de soi". Nullement désintéressée, elle se laisse aller à augurer du destin du monde, abat le cloisonnement des espaces culturels, s'enhardit à rêver d'un nouvel humanisme, et même d'une herméneutique militante, directement impliquée dans l'actualité idéologique de notre époque.
Les années soixante. Le monde succombe au rock, l'Europe va se laisser séduire par les guitares électriques. Des fabricants d'instruments traditionnels, guitares acoustiques et même accordéons, vont se lancer dans l'aventure. De nouveaux luthiers vont également faire surface, autant intéressés par la facture instrumentale que par l'électronique et les nouvelles sonorités du rock. Pendant vingt ans, c'est l'âge d'or de la guitare électrique européenne. Après deux années d'enquête à la rencontre de quelques uns des grands acteurs de l'époque, Marc Alvarado raconte l'histoire d'Euroguitars, pays par pays, marque par marque, comme elle n'a encore jamais été racontée. A l'appui, de nombreuses archives originales, et une préface de Tony Zemaitis, le luthier des stars.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.