C4est entendu: le Yémen ébloui, séduit, conquiert ses visiteurs. La beauté des sites, la puissance d'attraction de ses montagnes, de ses déserts, de ses deux versants maritimes, mer Rouge et océan Indien, le disputent sans cesse, en effet, à cette aura d'une histoire qui plonge si avant dans les millénaires qu'elle semble surgie tout droit de la légende. Au point que l'on ne sait si les cités du Yémen - purs défis des hommes à l'espace, cités fantômes ou cités vives, érigées en des lieux que l'on tiendrait de prime abord pour inaccessibles - relèvent de l'audace ou de la nécessité. A cette question, l'ouvrage que voici entend répondre à sa manière, en décryptant l'esprit du Yémen. Le géologique et l'architectural, le rural et l'urbain, le tribal et le sacré, l'économique et le religieux s'entremêlent ici de telle sorte que l'on se prend à rêver d'en restituer les clefs, de concilier l'histoire et le symbole. L'éclosion des "splendides villes", saluées par Rimbaud, n'est-elle pas le signe même du génie yéménite? La route de l'encens, les caravanes, la mythique reine de Saba, qu'en resterait-il sans ces énigmatiques incarnations de pierre d'argile et de paille séchée? Ainsi, c'est à la genèse de ces hauts murs, à leur surgissement originel, que nous convie ce livre: en interrogeant le sens caché des citadelles et des "maisons-tours", l'entrelacs des jardins et des cultures irriguées, des mosquées et des souks, des métiers et des rites. Au Yémen, et du fond des âges, le mystère est toujours présent.
Nombre de pages
255
Date de parution
17/10/2006
Poids
2 135g
Largeur
265mm
Plus d'informations
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EAN
9782742763542
Titre
Cités du Yémen
Auteur
Maréchaux Pascal ; Sautreau Serge
Editeur
ACTES SUD
Largeur
265
Poids
2135
Date de parution
20061017
Nombre de pages
255,00 €
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Pays d'excellence des architectures sans architecte, le Yémen recèle des trésors d'harmonie. A l'étonnante diversité des reliefs, des climats, des contraintes du site, le paysan bâtisseur propose, avec les moyens les plus limités, des réponses dont la justesse prend la force de l'évidence. Au lieu de s'opposer à la nature, l'homme ?uvre dans son prolongement pour créer un monde d'équilibre. Avec un mimétisme spectaculaire la maison s'inscrit dans le paysage. Cet accord avec le milieu se double de sensualité : la maison accompagne les gestes de l'homme. La maison n'est pas une coquille vide dans laquelle on vient tant bien que mal se glisser, elle est ici notre plus grand corps. Dans un étonnant jeu de miroir, le maquillage des femmes répond à celui des ouvertures, le trait du sourcil à l'arcature de la baie, le masque de beauté au décor de la façade, les nattes de la coiffure aux tresses qui arriment la couverture des huttes... Les demeures austères et généreuses sont le support d'une expression faite de liberté et d'inventivité. La maison est un blason, la vitrine haute en couleur de la réussite de son propriétaire. Les forteresses de pierres sèches se parent d'oiseaux, chantant parmi les palmes. Les intérieurs des huttes, qui peuvent accueillir le plus grand nombre d'invités, se couvrent d'assiettes émaillées et racontent, à la manière de bandes dessinées, tous les rêves de verdure et de boissons fraîches, d'immeuble avec ascenseur, de moto rutilante... sans oublier les outils nécessaires en cas de panne. Le palais de boue séchée sur huit étages se voit bariolé d'un camaïeu acidulé, rythmé de faux pilastres. Les échoppes se muent en compositions picturales que ne renierait pas Hundertwasser, tandis que le portail fait un clin d'?il à Mondrian. La maison est un tableau !
Maréchaux Pascal ; Maréchaux Maria ; Champault Dom
Il est des pays dont le nom seul résonne comme une invite aux plus hauts mystères de l'Ailleurs Pérou, Tibet, Afghanistan, Abyssinie, Yémen. On a énuméré là quelques-unes de ces hautes terres où l'homme s'est entêté à accrocher à flanc de montagne la fleur extrême de la civilisation : repaires mal accessibles mais d'autant mieux fascinants qu'ils figurent, à l'abri de la banalisation imposée par le siècle, un espace qui demeure celui des plus antiques traditions - ailleurs défuntes, ici vivantes encore, et bien propres à éclairer, par le détour de la géographie et du songe, les traverses de notre propre destin. Parmi ces hauts lieux, le Yémen a sans doute été de tout temps celui qui a le plus étonné les voyageurs royaume de l'architecture spontanée où le moindre village est une oeuvre d'art, patrie de l'encens et du café, territoire privilégié par un climat unique qui loge la verdure en plein désert, forteresse de montagnes "sculptées" par des générations de jardiniers-terrassiers-hydrauliciens d'une ingéniosité inégalée, dernier refuge enfin d'un islam tolérant, qui sait toujours faire bon accueil à l'étranger. Le présent ouvrage, fruit de quelque vingt années de travail, de fréquentation patiente et d'amour, est un peu la "somme" de cette culture bizarrement préservée - mais déjà fragilisée (nombre d'images que l'on verra reproduites ici, prises il y a quinze ans et plus, ne pourront plus jamais être captées par un objectif, tant la violence corrosive de l'époque, même en ce lieu, s'ingénie à détruire ce que les siècles avaient épargné). C'est surtout le premier livre au monde qui donne à voir les deux Yémen, naguère affrontés, aujourd'hui réconciliés; ainsi ouvre-t-il à notre regard les portes du légendaire Hadramawt, hier territoire interdit, où se dressent quelques-unes des plus étonnantes cités de la terre. Conscients du miracle que constitue à soi seule cette civilisation située quasi hors du Temps, les auteurs ont choisi pour guide, au long de leur itinéraire de découverte, le grand voyageur allemand Carsten Niebuhr, qui fut le premier, au XVIII, siècle, à étudier le Yémen et à l'aimer. Avec eux nous pénétrons successivement dans toutes les chambres de ce pays à la fois " ouvert " et clos sur son rêve, où l'émerveillement est le constant compagnon de routes du voyageur, et dont nous finissons par douter qu'il soit vraiment de ce monde.
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