En première lecture, ce livre est un essai sur le film de James Whale (1935), ses origines (le célèbre roman de Mary Shelley), l'écriture de son scénario, le choix de ses acteurs, la relation avec la censure, etc. Mais, plus profondément, c'est un essai sur la création, sur les relations du créateur avec sa création, sur la prédominance de l'acte de création sur tout autres considérations philosophiques, religieuses ou morales. C'est aussi un essai sur le mal, sur la tentation de puissance, sur le vertige des interdits. A sa première apparition, le visage du monstre est présenté par Manguel comme l'une des icônes de notre temps, au même titre que le visage de Greta Garbo... Cela fait partie des nombreuses réussites de ce livre provoquées par ces rapprochements inattendus où nous entraînent l'intelligence et la culture de Manguel. La comparaison, du point de vue de la création pure, entre la Fiancée créée par Frankenstein et la Mariée mise à nu par ses célibataires créée par Duchamp est un grand moment d'analyse et de jubilation! Enfin, et d'une façon assez classique dans la littérature et le cinéma fantastiques, la monstruosité n'est peut-être pas là où on le penserait. Le monstre n'aspire qu'à une harmonie que la société des hommes "normaux" lui refuse. L'instant de bonheur que connaît le monstre en compagnie d'un vieillard aveugle est une scène magnifiquement décrite...
Nombre de pages
81
Date de parution
05/11/2008
Poids
142g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782356080059
Titre
La Fiancée de Frankenstein
Auteur
Manguel Alberto ; Le Boeuf Christine
Editeur
ESCAMPETTE
Largeur
140
Poids
142
Date de parution
20081105
Nombre de pages
81,00 €
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Et si traduire n'était pas trahir, mais révéler ? Suivre les traces d'un explorateur sans carte, rendre à une oeuvre l'ombre de sa forme originale, ressentir dans les mots les courants profonds du sens : autant de pistes explorées par le plus grand aventurier des lettres. Dans une prose inspirée et poétique, d'Homère à "Don Quichotte", en passant par Shakespeare et "West Side Story", Alberto Manguel tente d'appréhender le geste de la traduction, qui apparaît alors comme un art mouvant, une métaphore jamais figée, une pensée en soi, capable de dire le temps, l'intime, l'autre. Cet essai, construit en 44 brèves séquences, enchantera celles et ceux qui aiment réfléchir à ce qui se joue lorsqu'un texte circule entre les langues.
Ce livre est la transcription méticuleuse d'une série d'entretiens que nous avons menés avec Alberto Manguel au cours de plusieurs rencontres. Il ne s'agit pas, ici, d'un texte d'Alberto Manguel, fruit de plusieurs années de recherche, de travail, de mise au point. Il s'agit d'une parole qui va son chemin et qui est une leçon de liberté, d'humour, d'impertinence et d'amitié. Il s'agit d'une improvisation nourrie de l'expérience d'une vie, d'une jam-session dans le cadre d'une fabuleuse bibliothèque. Cette parole, il faut l'écouter, elle est vivifiante; parfois elle s'emporte et parfois s'attendrit; parfois elle est nostalgique et parfois iconoclaste; elle joue sur toutes les gammes... Comme dans toute conversation, des points mériteraient d'être approfondis. Nous avons choisi de tout laisser en l'état, de ne pas quitter la spontanéité pour la construction, persuadés que de nouveaux livres d'Alberto Manguel trouveront leur première graine en ces semailles de plein vent! - Claude Rouquet
Alberto Manguel est né à Buenos Aires en 1948. À 16ans, il rencontre Borges devenu aveugle et lui fait lalecture, le soir, pendant deux ans. Manguel enretiendra que la vraie mesure de la littérature est le plaisir et l'émerveillement qu'elle nous apporte. Essayiste, traducteur, anthologiste, éditeur et, depuis peu, auteur de fiction, il a publié, en plusieurs langues, une bibliographie impressionnante dont le fil rouge explore la relation entre l'art de lire et le monde. Convaincu de la métamorphose que la littérature permet au lecteur, Manguel nous rappelle que "parfois, au-delà des intentions de l'auteur et au-delà des espoirs du lecteur, un livre peut nous rendre meilleurs et plus sages." (Dans la forêt du miroir) Il dirige actuellement la collection Le Cabinet de lecture chez Actes Sud et a posé, quelque part en France, ses valises et sa formidable bibliothèque de plus de 30 000 volumes... Pinocchio & Robinson est un acte de foi absolue en la littérature, une parole d'amour envers les livres et, ce faisant, une tranquille - et impitoyable - dénonciation des fausses valeurs qui encombrent les rayonnages des librairies et des bibliothèques.
Jean-Jacques Salgon est né en Ardèche où il a fréquenté la petite école de son père, instituteur laïque, républicain et pédagogue adepte des méthodes Freinet. Ce rude pays et ce père au caractère trempé auront sur lui et sur ses livres une influence profonde. Papa firme la pipe est un hommage à ce père mort à 96 ans. Le premier tableau du livre nous le montre, couché dans son cercueil, revêtu d'habits qui le font ressembler à un Communard fusillé par des Versaillais. Puis, de tableau en tableau, on remonte le temps dans un récit empreint de nostalgie et d'humour. On aperçoit Gérard Philipe à Avignon, Geneviève Page au volant de sa BMW décapotable bleue et quelques autres, on part en vacances en Italie en caravane, on roule en 2 CV glorieuse, et à force de remonter le temps on se retrouve en culottes courtes, dans la classe de l'instituteur, où le futur auteur s'exerce à écrire au tableau: "Papa fume la pipe, maman fait du café"
Ecrit après une rupture sentimentale et une douloureuse expérience de la solitude, ce livre est un florilège de petites pièces très musicales, empreintes de mélancolie. C'est aussi un acte de confiance en la poésie pour réinventer la vie..."J'aime le mot sonate que même les musicologues éprouvent bien du mal à définir. Sonate est ce qui vibre, s'opposant à ce qui chante, la cantate. Voilà bien ce que je cherchais ici, vu le thème de la solitude, une vibration plutôt qu'un chant, encore moins un cri, un soupir."
Qu'est-ce pour vous que la poésie ? " demandait-on un jour à Antonella Anedda. Et telle fut sa réponse : " C'est ma réalité, enfoncée dans ma vie : c'est une racine, et parfois une lame. " Une racine qui la relie à la totalité de la terre et du cosmos, aux vivants et aux morts, à la parole même de ce qui semble ne pas avoir de voix. Et une lame qui ouvre au monde, annonce une blessure, mais devient aussi l'emblème du tranchant de la poésie. La force d'un livre comme Nuits de paix occidentale (1999) semble tenir à une tension toujours renouvelée entre un souci de réserve pudique, de loyale retenue où le chant révèle sa part d'ombre et de silence, et un élan profond, une ardeur immédiate dans le don de soi, dans l'incandescente offrande de parole.