Aujourd'hui, la faculté humaine qui reçoit toute l'approbation, c'est l'imagination. Or je n'ai pas d'imagination, je ne suis pas un artiste et je n'ai pas l'ambition de créer. En revanche, je voudrais comprendre. Comprendre quoi? Comprendre ce qui est. Or comprendre ce qui est ne motive guère les hommes d'aujourd'hui. Rousseau, grand maître des Modernes en cela, disait:"Il n'y a de beau que ce qui n'est pas."Au fond, pour moi, c'est le contraire, je né suis intéressé que par ce qui est. Et c'est peut-être pour cette raison que, au moins depuis ma maturité, je n'ai jamais été de gauche: la gauche préfère imaginer une société qui n'est pas, et j'ai toujours trouvé la société qui est plus intéressante que la société qui pourrait être." Depuis une trentaine d'années, Pierre Manent creuse un sillon aussi original que discret dans le paysage intellectuel français. Ces entretiens veulent en restituer le mouvement et les étapes: la passion précoce pour la politique éveillée par un père communiste; la découverte de la religion catholique dans la khâgne toulousaine de Louis Jugnet; l'entrée à Normale Sup et le choix de la philosophie politique; la rencontre décisive avec Raymond Aron; la fondation de la revue Commentaire... Ainsi viennent au jour les caractères d'une démarche personnelle: la lecture inlassable des grands auteurs, la conviction qu'une science politique demeure possible à l'ère du relativisme, un certain "regard politique", enfin, qui rend intelligible le monde contemporain. Ces entretiens sont une vivante introduction au travail de Pierre Manent, et notamment aux Métamorphoses de la cité qui paraissent simultanément. Les deux livres partagent en somme la même ambition: "Toute notre histoire, se déployant à partir de notre nature politique, voilà ce que je voudrais donner à voir et à comprendre."
Nombre de pages
268
Date de parution
25/09/2010
Poids
280g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782081237490
Titre
Le regard politique
Auteur
Manent Pierre ; Delorme-Montini Bénédicte
Editeur
FLAMMARION
Largeur
135
Poids
280
Date de parution
20100925
Nombre de pages
268,00 €
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La loi naturelle pour encadrer l'action politiqueLa doctrine des droits de l'homme est devenue l'unique référence légitime pour ordonner et orienter la vie sociale et individuelle. Dès lors, la loi politique n'a plus d'autre raison d'être que de garantir les droits humains. Elle ne commande plus, n'oriente plus : elle autorise. Elle ne protège plus la vie des institutions mais donne à tout individu l'autorisation inconditionnelle d'y accéder et la jouissance d'un droit qui leur est inconditionnellement opposable. Pierre Manent montre que cette perspective livre les éléments constituants de la vie humaine à une critique arbitraire et illimitée, privant la vie individuelle comme la vie sociale de tout critère d'évaluation. Une fois que sont garantis les droits égaux de faire telle action ou de conduire telle démarche, il reste à déterminer positivement les règles qui rendent cette action juste ou cette démarche salutaire pour le bien commun. La loi naturelle qui guide la recherche du bien commun se confond avec la recherche des réponses à la question : comment orienter ou diriger l'action que j'ai le droit de faire ?
L'un des effets du drame du 11 septembre 2001 est d'avoir redonné de l'espoir aux dirigistes. La guerre conduit à l'intervention de l'État. Enfin les administrations vont pouvoir justifier leur gonflement et les gouvernements leurs déficits. Alors que cette menace se précise, il n'est pas inutile de relire les ? libéraux ?. Pierre Manent reprend dans la très bonne collection Tel, chez Gallimard, son anthologie des ? Libéraux ?. Il rappelle dans son introduction que le socialisme n'existe qu'en contre du libéralisme. Le socialisme depuis ses débuts se condamne à ? réagir ?. L'ouvrage lui-même rassemble des textes fondateurs du libéralisme qui a été la philosophie motrice des sociétés industrielles, y compris par les oppositions qu'elle a provoquées. À placer dans votre bibliothèque pour retrouver les passages souvent prospectifs de Locke, Spinoza, Voltaire, Kant, Montesquieu, Say, Hayek et 10 autres dont vous gardez le souvenir mais qu'il est bon de relire dans le texte. -- Michel Drancourt
Où en sommes-nous? Nous voici pris entre notre vieille nation que nous ne voulons pas quitter et l'Europe nouvelle que nous espérons rejoindre sans savoir comment. A un gouvernement représentatif tend à se substituer une "gouvernance démocratique" qui ne nous gouverne ni ne nous représente. Nous voyons sans nous émouvoir notre existence politique se défaire parce que nous sommes en proie à l'illusion d'une humanité unifiée qui pourrait tenir ensemble en se passant de toute forme politique. Et il y a longtemps que nous ne savons plus que faire de la religion. Comment donner sens à cette crise de notre existence commune? Pierre Marient interroge l'histoire, récente et lointaine, de la nation; la manière dont elle a accueilli et nourri la démocratie; et comment son effacement menace aujourd'hui cette démocratie même. Il met en évidence la situation paradoxale de la religion dont on ne cesse d'annoncer la fin imminente alors même que les séparations religieuses organisent de plus en plus notre paysage politique. L'Europe ne peut rester longtemps encore cette zone dépressionnaire où l'on a peur de son ombre. Cet essai voudrait contribuer à ranimer le sentiment et l'intelligence des ressources spirituelles qui donnent à l'Europe sa continuité vivante. Biographie de l'auteur Pierre Marient, directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, est l'auteur notamment d'une Histoire intellectuelle du libéralisme: dix leçons (198?), de La Cité de l'homme (1994), et de Cours familier de philosophie politique (2001, rééd. coll. "Tel", 2004).
Nous croyons savoir ce qu'est la démocratie puisqu'elle est, depuis plus de deux siècles, notre régime politique. Or nous ne le savons pas, ou nele savons qu'à moitié. Et cette demi-ignorance des amis de la démocratie n'est pas moins dangereuse que l'aveuglement de ses ennemis déclarés. La démocratie est bien le régime le plus propre à la nature humaine quand celle-ci est enfin libre d'exprimer ses voeux, mais c'est aussi quelquechose qui lui arrive, parfois contre son gré. Que voulons-nous lorsque nous voulons toujours plus de démocratie? Le savons-nous? Et si nous le savions, le voudrions-nous vraiment? La grandeur de Tocqueville fut d'être capable à la fois d'encourager la claire espérance et d'approfondir le secret douloureux de la démocratie. Ce que Tocqueville décrit, c'est la transformation de l'homme par la démocratie, c'est un nouveau type humain: l'homme démocratique. Celui-ci cherche à réaliser une hypothèse: tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Tocqueville analyse avec une extraordinaire pénétration comment la vie humaine dans tous ses aspects est bouleversée par cette hypothèse. Aujourd'hui que la démocratie reste notre seul horizon politique, ilest plus nécessaire que jamais d'en comprendre la nature. Et puisqu'elle transforme l'homme plus profondément qu'aucun autre régime, une enquête sur la démocratie est nécessaire à la connaissance de nous-mêmes. Qui sommes-nous, hommes démocratiques? C'est le propos de ce livre dechercher réponse à cette question. Biographie de l'auteur Pierre Manent, directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, est l'auteur notamment de Naissances de la politique moderne: Machiavel, Hobbes, Rousseau (1977), et d'une Histoire intellectuelle du libéralisme: dix leçons (1987).