De son vivant il avait été le maître incontesté de la nouvelle littérature. Il resta, à travers le siècle, l'homme qui avait fait régner l'ordre et la raison dans les lettres françaises, qui avait assuré le triomphe du bon goût, qui avait fixé les lois définitives de notre poésie. Ceux qui ne reconnaissaient pas son autorité n'étaient, aux yeux des gens sérieux, que des "extravagants". Qu'est-il devenu pour nous ? [...] Certains trouvent dans ses vers une étrange modernité. Ils l'admirent d'avoir été si exigeant, d'avoir tellement insisté sur l'idée de contrainte, et d'en être venu, croient-ils du moins, à y réduire l'essence de l'art. Conception qui ne date pas de Paul Valéry et qui peut se réclamer des vers fameux de Gautier. Mais conception paradoxale lorsqu'elle est poussée jusqu'à ses extrêmes limites, puisqu'elle en viendrait à juger une oeuvre par la souffrance que son auteur s'est imposée pour l'écrire. Ce n'est pas parce que Malherbe a beaucoup peiné sur ses vers qu'il peut encore nous plaire aujourd'hui. C'est d'abord que dans son oeuvre les admirables réussites abondent. C'est tantôt l'équilibre heureux d'une strophe, tantôt une phrase qui part avec un élan magnifique ou qui se déploie en une sorte de vol harmonieux. Tantôt, c'est très simplement et très profondément un beau vers, aux longues et secrètes résonances. Et sans doute, ces réussites, Malherbe les doit à son effort, aux contraintes de ses exigences. Mais ce n'est pas cet effort, ce ne sont pas ces contraintes qui fondent cette beauté. Ils n'en peuvent être que la condition. Nous n'avons pas tellement à les connaître. C'est le chef-d'oeuvre qui compte, c'est le ravissement qu'il produit en nous. Cette joie en présence de la beauté n'est pas la seule au surplus que l'oeuvre de Malherbe soit capable de nous donner. Si nous sommes sensibles à cette grande réalité qu'est l'histoire des civilisations, comment ne sentirions-nous pas, dans sa poésie, l'expression tout à fait éminente d'une époque de la culture européenne, celle qui succède à la Renaissance, et qui correspond à l'état politique et social de l'Europe après la grande crise de la Réforme ? L'ordre qui domine toute l'oeuvre de Malherbe, qu'est-il donc que l'expression de l'ordre politique restauré ? La majesté de ses vers ne fait que traduire l'exigence de grandeur qui anime alors les hiérarchies. Et si cette majesté nous semble marquée de froideur, ce n'est pas à Malherbe que nous le devons imputer, c'est à son époque tout entière. Ce n'est pas réduire l'importance de l'oeuvre de Malherbe, ni en diminuer la valeur que d'y voir de la sorte l'expression supérieure de son siècle. Que font, après tout, les grands écrivains, que de donner un langage aux pensées informulées et aux aspirations confuses de leur temps. Leur grandeur n'est-elle pas d'incarner un moment de l'esprit humain et de son histoire ? Malherbe est un grand écrivain", Antoine Adam.
Nombre de pages
1085
Date de parution
24/11/1971
Poids
494g
Largeur
115mm
Plus d'informations
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EAN
9782070106523
Titre
Oeuvres
Auteur
Malherbe François de
Editeur
GALLIMARD
Largeur
115
Poids
494
Date de parution
19711124
Nombre de pages
1 085,00 €
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Anselme Carine - Francois Eve - Arraga de Malherbe
En quête d'harmonie et de sens, Carine Anselme explore les voies alternatives, les médecines douces et techniques de bien-être pour une vie au naturel. Journaliste spécialisée, notamment pour Psychologies magazine, elle transmet sa passion via des reportages, livres et séjours de ressourcement. Elle est coauteur des 1 001 secrets de bien-être, des Agendas bien-être, des 1 001 secrets de bonheur à deux, des 1 001 secrets au féminin et de Mes rituels bien-être en toutes saisons. Défricher les sentiers du bien-être pour les rendre accessibles au plus grand nombre, tel est le chemin d'écriture d'Eve François. Auteur de Guides des produits bio, conceptrice du magazine Biozen, elle a coécrit 1 001 secrets de bien-être, 1001 secrets de bonheur à deux, 1 001 secrets au féminin et Mes rituels bien-être en toutes saisons. Elle n'a de cesse, à travers l'Agenda bien-être de chaque année, de donner à réfléchir sur l'art de vivre ici et maintenant et d'offrir des clés pour ouvrir les portes de l'harmonie. Virginia Arraga de Malherbe est née à Montevideo, en Uruguay. Architecte, puis designer, elle travaille depuis vingt ans dans l'édition en tant qu'illustratrice et créatrice de livres objets. Elle a également illustré Mes rituels de bien-être en toutes saisons. Passionnée du trait juste, de la courbe élégante, du mélange de matières et de l'harmonie des couleurs, ses images racontent des histoires. Elle vit actuellement entre Paris et les Alpes où elle part se ressourcer le plus souvent possible.
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Né en 1555 à Caen, François de Malherbe est secrétaire d'Henri d'Angoulême jusqu'à la mort de celui-ci en 1586. Poète de cour sous Henri IV, puis pensionné par Louis XIII, il apparaît comme le « législateur du Parnasse » et le fondateur de la grande tradition classique. Il meurt en 1628 à Paris.
Je crois que certains êtres ne nous quittent pas, même quand ils meurent. Ils disparaissent, or ils sont là. Ils n'existent plus, or ils rôdent, parlant à travers nous, riant, rêvant nos rêves. De même, quand on pense les avoir oubliés, certains lieux ne nous quittent pas. Ils nous habitent, nous hantent, au point que je ne suis pas loin de croire que ce sont eux qui écrivent nos vies. La Haute-Folie est un de ces lieux. Toute notre histoire tient dans son nom". Haute-Folie raconte la vie de Josef, un homme dont la famille a été frappée, alors qu'il venait de naître, par une série de drames qui ne lui ont jamais été rapportés. Peut-on être en paix en ignorant tout de sa lignée ? Où chercher la sagesse quand un feu intérieur nous dévore ? Qu'est-ce que la folie, sinon le pays des souffrances qui n'ont nulle part où aller ? Servi par un style fulgurant, ce roman cruel et lumineux explore la marginalité et les malédictions qui touchent ceux dont l'histoire est ensevelie sous le silence.