"Surgissez bois de pins ! Surgissez dans la parole !" Appelant choses et mots à venir paraître au jour de l'existence, c'est entre ces choses et ces mots, dans les mots eux-mêmes que se cherche la poésie de Francis Ponge qui, du Parti pris des choses à La Rage de l'expression, aura tenté le plus extrême : oser dire. Le plus extrême, car extrême est toute parole qui, prenant son inspiration de l'appel muet des choses, veut les dire, veut, leur répondant, co-naître avec elles au monde. Mais comment dire la chose sans faire d'elle un objet mort ? Comment se rapporter à la langue sans en figer le lexique en un système pré-construit de significations qui n'ouvre rien du monde qu'il entend décrire ? Dire le galet sans pétrifier le discours, ou dire du pré la verte vérité requiert alors un jeu. Non celui, suffisant, qui idolâtre le texte ; niais celui qui, tendu, s'instaure entre choses et mots et suscite l'origine même de la parole, soit pour nous qui parlons, de notre être-au-monde. C'est ainsi à une analyse précise de lob jeu ravivant la verbo-motricité première de l'homme et les appels du monde muet que cette étude nous convie. Avec la poésie de Francis Ponge, par elle, c'est alors l'origine même de la parole qui vient à se dire, cette puissante origine nocturne qui, nommant, ouvre le jour, le jeu du monde. Ce que parler veut dire nous l'apprenons des poètes. Parce qu'ils sont partagés entre les choses et les mots comme nous. Mais eux le savent et certains le disent en propres termes. Leur parole, alors, a la violence de ce qui, divisé d'avec soi, a à devenir réel. Telle l'écriture de Francis Ponge. Il fallait en tenter l'approche en souvenir de l'ami, en faveur de l'esprit." Henri Maldiney.
Nombre de pages
213
Date de parution
15/01/2014
Poids
220g
Largeur
130mm
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EAN
9782350880730
Titre
Le vouloir dire de Francis Ponge
Auteur
Maldiney Henri ; Charcosset Jean-Pierre
Editeur
ENCRE MARINE
Largeur
130
Poids
220
Date de parution
20140115
Nombre de pages
213,00 €
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Qu'est-ce donc enfin qu'une oeuvre d'art, enfin... dès l'origine? Parmi tous ces ouvrages qui prétendent à l'art, qu'est-ce qui fait le départ entre le propre et l'impropre? Voilà la question de granit, en dehors de laquelle toute esthétique est fuyante. L'art est irréductible et inaccessible à tout critère scientifique ou sentimental - comme l'existence. De même que l'existence, au sens non trivial, est une faille dans la trame du destin, même historique, l'art est une faille dans le réseau de tous les systèmes, logiques, symboliques ou culturels. De cette faille qui sépare infiniment l'étant de l'existant, l'effet de l'événement et le signe de la forme, l'oeuvre d'art est à la fois l'ouverture et le franchissement. Un événement - avènement est une déchirure dans la connexité de l'étant; et de cette déchirure l'art est le jour. Qu'une oeuvre d'art soit peinture ou sculpture, architecture ou poésie, le Rien, le Vide en est l'origine, le milieu et l'issue. Elle n'est pas objet. Elle existe: hors-soi, en soi, plus avant. Ce livre entend le montrer à partir des oeuvres elles-mêmes, en acte
Penser l'homme et la folie : dans ce recueil d'études où s'est condensée, au fil des dernières années, sa réflexion, Henri Maldiney se propose de penser ensemble l'énigme de l'humanité et l'énigme de la "catastrophe" qui survient à certains d'entre nous. Double décentrement de la pensée, qui la met à la fois hors de l'anthropologie, fût-elle philosophique, et de son envers dans les théories psycho-pathologiques. Double décentrement où s'éprouvent donc au mieux la tradition philosophique et en particulier celle qui est issue de Heidegger et la tradition de la Daseins-analyse et de la Schicksalsanalyse, telle qu'elle est représentée par Binswanger, Straus. Minkowski, von Weizsücker et Szondi. Dans une démarche authentiquement phénoménologique, où il s'agit de retourner à la "chose même" de l'humain et de la folie, de penser en va-et-vient de l'énigme à penser à ce qui en a été dit, Henri Maldiney dégage, par sa conception toute nouvelle de la transpossibilité et de la transpassibilité, une "compréhension" globale du phénomène humain qui le rend moins intraitable que par le passé. Le "séisme" de la folie, montre-t-il, vient d'un énigmatique court-circuit de la transpossibilité et de la transpassibilité, qui est seul propre à les mettre véritablement en relief comme la dimension profonde et cachée de notre expérience : celle de l'"événement" ou de l'émergence du nouveau, de la surprise de l'inattendu. La transpassibilité est une "possibilité" qui nous excède, en ce qu'elle fonde toute possibilité pour nous d'exister, parce qu'elle est en deçà de tout projet, transpossibilité de l'accueil - et de l'accueil transpassible -, y compris de l'accueil par nous-mêmes, de nous-mêmes. "Le réel répète Henri Maldiney comme un leitmotiv qui traverse tout l'ouvrage-, est toujours ce qu'on n'attendait pas".
2 volumes sous coffret vendus non séparément Tome I Clémence Ramnoux consacra sa vie entière à l'étude et à la sémantique des penseurs présocratiques comme Héraclite, Empédocle ou Parménide, afin de remonter aux sources de la philosophie. Pour ce faire, elle élabora une méthode de recherche interdisciplinaire, redevable de l'histoire des religions, de la philologie, de la philosophie et de la psychanalyse. Dans ce premier volume se trouvent rassemblés les trois premiers ouvrages (La Nuit et les enfants de la Nuit dans la tradition grecque, Héraclite ou l'homme entre les choses et les mots, Mythologie ou la famille olympienne) de cette grande helléniste qui font toujours autorité. A chaque fois l'auteur a proposé de nouvelles traductions des textes présocratiques. Clémence Ramnoux n'étudie pas seulement l'évolution du mythos au logos, en s'attachant à démontrer le passage du nom des puissances divines à l'abstraction philosophique, elle s'est également intéressée aux fragments d'Héraclite en proposant une lecture non plus fondée selon la division traditionnelle - cosmologie, anthropologie, logique - mais sur une nouvelle méthode de groupement des formules de mots. Dès lors, elle éclaire les fragments d'Héraclite, en se mettant à l'écoute des mots, de leurs jeux, de leurs résonances, de leurs échos pour les entendre philosophiquement et les comprendre dans leur unité, nous faisant oublier le surnom que la tradition lui donnait : "Héraclite l'Obscur" . Dans sa présentation, Rossella Saetta Cottone dit la dette immense de la recherche française envers Clémence Ramnoux qui a su dépasser les clivages disciplinaires pour aborder une question capitale de notre culture comme celle de la naissance de la pensée rationnelle. Tome II Dans ce second volume consacré essentiellement aux études présocratiques, Clémence Ramnoux reconnaît l'apport de Nietzsche en montrant que le retour aux sources archaïques permet de comprendre comment de l'éloignement progressif des dieux vont naître les commencements de la philosophie. Cette dernière se détachera peu à peu du mythe (encore largement présent chez Platon), pour faire émerger la pensée abstraite, toujours en mutation, fille adultérine de la pensée archaïque. C'est à l'aune de ces rencontres agonistiques entre penseurs anciens que la philosophie s'affirmera. Dans une suite d'articles sur les présocratiques, on découvre ce glissement du mythe à la pensée rationnelle, déjà en germe avant Socrate. Avec la traduction commentée du Poème de Parménide, l'auteur montre l'importance de la transmission des textes anciens dont il faut aussi savoir faire une étude critique. Un choix d'articles peu connus, jusqu'alors dispersés et difficilement accessibles, permet de mieux comprendre les relations complexes - à la fois complices et novatrices - de Clémence Ramnoux avec la pensée contemporaine, notamment avec la psychanalyse et avec la philosophie de Bachelard. Cette nouvelle édition en deux volumes des oeuvres majeures de Clémence Ramnoux, entièrement revue et corrigée, est enrichie d'une Table de concordances des fragments orphiques, d'un Index des sources, d'un Index général, d'une Bibliographie raisonnée des oeuvres citées par l'auteur et d'une Bibliographie de ses oeuvres et des articles qui lui ont été consacrés.
Sils-Maria, haut lieu de villégiature philosophique de Friedrich Nietzsche : de son bureau, au c?ur de la haute Engadine, il voit, là, juste sous le ciel, une haute falaise très escarpée. Viendra s'y construire peu de temps après sa disparition, un chalet. Au bord du précipice. C'est là qu'Anne Frank passa, chez des amis de ses parents, les étés de 1935 et 1936, années pathétiques de l'hitlérisme conquérant. Entre le philosophe et la toute jeune Anne, d'une maison l'autre, dans un au-delà du temps qui sollicite rencontre et dialogue, un pays au-delà du crépuscule se dessine. Par petites touches. Dans le froid glacial du haut plateau de la haute Engadine. Dans la clairière aménagée par Hölderlin et Plutarque. Dialogue des morts avec les textes philosémites de Nietzsche, l'ermite de Sils-Maria, avec l'allégresse de celle qui va, bientôt, nous livrer son Journal. Peu à peu les mots construisent le chalet qui n'existait pas, révèlent l'admiration et le respect du Philosophe pour le Peuple juif auquel Anne appartient. Ecritures d'ombres sur les pierres, les parois, les clairières, les poutres des chalets, des chambres de l'Une, du bureau et de la petite table de l'Autre. Immémoriales stèles dans les clairières de l'Engadine. Croisement d'âmes sur les sentiers de l'Alpe. Il fait décidément beau à Sils-Maria,. Très beau.
Comment se satisfaire du récit de la Genèse quand on a quelque révérence pour la femme, ? Dieu l'aurait tirée du flanc d'Adam, ce qui autoriserait l'homme à tenir sa compagne pour inférieure ? Dieu, en frappant d'interdit l'arbre de la Connaissance du bien et du mal, aurait dénié l'autonomie morale à ses créatures, les punissant ensuite d'avoir agi en êtres libres ? N'est-il pas, en outre, singulier, que la Bible soit muette sur la beauté d'Eve, alors que Dieu n'a pu que mettre toutes ses complaisances dans Son ultime ouvrage ? et muette sur l'union charnelle d'Eve et d'Adam, ode sacramentel par excellence ? Irrité par les crimes de leur descendance, le Créateur aurait effacé toute chair de la surface de la Terre, mais, comme dépourvu de prescience, aurait sauvé Noé dont la postérité allait perpétuer le Mal ? Que d'énigmes sont promises au lecteur des Saintes Ecritures. Avant que plus rien ne subsistât du jardin primordial, il importait d'en célébrer les rares vestiges. Avec, s'il se peut, les yeux " non habitués " d'un Adam ; avec ceux, voilés d'une essentielle nostalgie, de la première femme, de la " première mortelle ". Puisse le poète avoir fidèlement transcrit le chant du cygne d'un monde condamné. Puisse-t-il avoir infusé, dans les regards, attention, ferveur et gratitude envers tout ce qui témoigne encore de sa haute origine. A commencer par la femme plénière qu'Eve inaugure. Que soit louée, en celle-ci, la filiation indéfinie de ses pareilles, dépositaires successives de l'enfance du monde, toute grâce et tendresse ; de la courbe accomplie ; du temps cyclique - et d'un rebord de seuil donnant sur un goulet marin ! De quoi, si l'on en croit Camus, savoir quelque chose, ici-bas, du Paradis. De quoi, pour le philosophe, s'aviser que cette preuve tangible, irrécusable, de l'existence de Dieu, qu'il avait tant cherchée, se trouvait en foule sous ses yeux. F. S. Poète de l'Arbre et de l'Océan, François Solesmes est aussi l'auteur d'une " Poétique de la femme ", en deux volets : La Nortpareille et Faites intimes.