Le XVIIIe siècle de Milan Kundera ou Diderot investi par le roman contemporain
Maixent Jocelyn
PUF
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EAN :9782130489511
Dans Les Testaments trahis, Milan Kundera appelle de ses v?ux " le troisième temps de l'histoire du roman ", qui doit advenir " en faisant ressusciter l'expérience oubliée du roman prébalzacien ". Dans cette perspective, il confronte les problématiques romanesques du XVIIIe et du XXe siècles pour définir l'identité du roman européen et remettre en jeu, fût-ce de façon oblique, les données essentielles de l'art du récit. Les questions d'esthétique narrative que se posent les deux siècles ne sont-elles pas le signe d'une certaine communauté de pensée ? Si tel était le cas, le ciment qui les unit pourrait être la réflexion sur la possibilité ou l'impossibilité d'établir une vérité à l'intérieur du récit, et donc sur la dimension " épistémologique " et herméneutique du roman. En somme, la question qui, selon Kundera, est au c'ur du renouvellement des formes narratives proposé par Diderot serait la suivante : le récit fictionnel, investi notamment par une parole proliférante, peut-il accoucher d'une vérité sur le monde ... Kundera est donc amené à " revisiter " Diderot et les problèmes esthétiques philosophiques et poétiques que pose Jacques le Fataliste, à partir de sa propre vision de l'histoire du roman. Il injecte dans les questionnements et remises en cause voulus par Diderot deux siècles auparavant, ses propres interrogations, nourries de réflexions contemporaines sur le genre narratif. Cet ouvrage propose de rendre compte de ce regard original en analysant au plus près Risibles Amours, l'un des premiers récits de Kundera, parallèlement à Jacques le Fataliste. Cette confrontation s'inscrit dans un double projet : examiner précisément les points de rencontre réels des deux auteurs, leurs parentés esthétiques ou idéologiques, et comprendre ce que Kundera déplace, réinterprète, réinvente. IL s'agit donc ici de reconstituer à partir de traits poétiques repérés çà et là dans Risibles Amours une certaine lecture, à la fois traduction et trahison, éclairages et zones d'ombre, du chef-d'?uvre de Diderot.
Les blessures qu'inflige la vie marquent les corps, les coeurs et même les âmes mais n'éteignent pas le feu de la poésie. De l'amer à la larme s'articule autour de l'amour de cet art que l'auteur veut exprimer. Il chante à travers un poème, une prose ou un récit... Ecoutez sa mélodie et laissez-vous emporter...
Cet ouvrage met à la disposition des personnes qui viennent d'arriver en France et qui ne connaissant pas l'environnement fiscal, juridique, bancaire et financier français, des outils indispensables pour une gestion optimale de leur patrimoine : choisir le meilleur régime matrimonial, organiser ou réorganiser de façon optimale leurs placements, trouver des produits de défiscalisation adaptés, choisir le meilleur placement immobilier.
Année fatidique, 1815 consacre la restauration de l'ordre monarchique européen. De Waterloo au Congrès de Vienne s'effondre une certaine idée de la Révolution et de ses ambitions universelles. Mais 1815 ne marque-t-il qu'un retour à l'ordre ancien Si la contre-révolution triomphe en Europe, l'onde de choc révolutionnaire continue de se propager : en Amérique latine où se dessine la fin des empires ibériques, en Afrique de l'Ouest où émergent des mouvements djihadistes réformateurs, ou encore en Asie, où la Chine impériale connaît des bouleversements internes. Alors que les aristocraties rétablissent leur pouvoir en Europe, la montée en puissance du capitalisme industriel et financier façonne un nouveau rapport de force global. S'appuyant sur une approche comparée et connectée, cet ouvrage interroge les grands récits historiques qui ont fait de 1815 le point de départ d'une suprématie européenne sur le monde. En croisant les regards, il offre une lecture décentrée de l'âge des révolutions, à un moment où la domination de l'Europe sur le a reste " du globe n'a encore rien d'une évidence.
Anatomie d'un parti sulfureux Le succès du Rassemblement national n'est plus à démontrer, tant ses récents résultats électoraux en témoignent. Pour comprendre cette percée frontiste, il faut remonter aux causes structurelles et aux phénomènes de longue durée démantèlement de l'Etat social, mutations du système scolaire, disqualification des intellectuels traditionnels (scientifiques, instituteurs, syndicalistes...) au profit des "imposteurs" de toutes sortes, enfin, réémergence et progression des idées nativistes Mais un paradoxe demeure si la présence frontiste est de plus en plus centrale, elle est presque indépendante de toute véritable implantation sociale. Comment une organisation partisane aussi fragile a-t-elle pu capitaliser de tels succès électoraux ? Pourquoi, en Europe occidentale, la France est-elle le seul pays dans lequel une formation d'extrême droite parvient à rassembler, sans interruption depuis 1984, au moins un électeur sur dix - souvent beaucoup plus Cet ouvrage offre une synthèse historique inédite de ce parti, en même temps qu'il tente de résoudre l'énigme de sa réussite
Comment naissent les fake news, les théories du complot, les légendes urbaines ? Quelles personnes sont-elles susceptibles d'y croire ? Dans cet ouvrage regorgeant d'exemples, Gérald Bronner analyse les mécanismes sociologiques, ainsi que les biais cognitifs qui nous mènent à tirer des conclusions hâtives ou erronées, et à persister à y croire. Un ouvrage complet, passionnant et éclairant !
Laure Murat, autrice et professeure à l’UCLA, définit dans ce court ouvrage les termes de récriture, de réécriture et/ou de censure en littérature pour que le débat soit fécond. Une base très intéressante pour nourrir votre réflexion.
A partir d'un souvenir de lecture d'enfance, un Cosette abusivement attribué à Victor Hugo, Tiphaine Samoyault déploie le destin éditorial des Misérables en France et à l'étranger. Elle révèle comment ce roman, dès sa parution, a été abrégé, adapté, traduit, illustré, réécrit, jusqu'à devenir l'un des récits les plus réappropriés au monde. Plus le livre est transformé, plus il devient mémorable. La question "Faut-il réécrire les classiques ? " apparaît dès lors comme une fausse question : ils ne sont tels que par leur constante adaptation aux goûts et aux attentes des époques successives. De Shakespeare aux contes de fées, de Montaigne à Mark Twain ou Agatha Christie, des traductions aux versions réduites, des transpositions aux mises en scène, l'autrice montre qu'un classique ne se définit pas par son intouchabilité, mais par sa capacité à s'affranchir de son original. Face à des polémiques souvent caricaturales opposant "cancel culture" et sacralisation du passé, ce livre privilégie la nuance, l'enquête et une érudition généreuse. Il préfère la démonstration à l'indignation pour affirmer une idée simple et stimulante : la réécriture n'est pas synonyme d'annulation, bien au contraire, puisqu'elle prolonge le plus souvent la vie des oeuvres en élargissant leur partage et en pérennisant leur mémoire.