Sur la naissance de Dieu dans l'âme. Sermons 101-104
MAITRE ECKHART
ARFUYEN
18,00 €
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EAN :9782845900455
Écrits en moyen haut-allemand, les Sermons 101 à 104 viennent tout juste de faire l'objet de leur édition critique en allemand. D'une authenticité désormais parfaitement établie, ils ont la particularité remarquable de s'enchaîner en une suite parfaitement homogène, constituant ainsi un petit traité dont le thème unique est la naissance de Dieu dans l'âme. Il s'agit, on le sait, de l'un des thèmes centraux de la pensée eckhartienne, mais nulle part ce thème n'est développé d'une manière aussi suivie et structurée qu'ici C'est pourquoi, plus encore que les Traités déjà connus, cet ensemble est appelé à devenir l'un des grands classiques de l'oeuvre de Maître Eckhart. La structure de cet ensemble est forte et simple. Inspiré du livre de la Sagesse (18, 14), le Sermon 101, « Au milieu du silence », commence ainsi : « Voici que nous entrons dans le temps de la naissance éternelle, par laquelle Dieu le Père a engendré et sans cesse engendre pour l'éternité, afin que cette même naissance se produise aujourd'hui dans le temps dans la nature humaine. Que cette naissance se produise toujours, dit saint Augustin, à quoi cela me sert-il si elle ne se produit pas en moi ? Qu'elle se produise en moi, c'est cela qui importe. » Partant de Matthieu 2, 2, le Sermon 102 poursuit le même questionnement « ??Où est-il, le Roi des Juifs qui vient de naître ? '' À présent, observez cette naissance : où se produit-elle ? Je dis, comme je l'ai déjà expliqué plus au long, que cette naissance éternelle se produit dans l'âme de l'exacte manière où elle se produit dans l'éternité : ni plus ni moins. » Le sermon 103 adopte l'angle de Luc 2, 49 : « ??Il est nécessaire que je sois dans les choses qui sont à mon Père.'' Cette parole nous vient juste à point pour le discours que nous devons tenir sur la naissance éternelle, qui vient de se produire dans le temps et chaque jour encore se produit dans le plus intime et le fond de l'âme, sans aucune interruption. » Enfin, rebondissant sur Luc 2, 42, le Sermon 104, « La montée à Jérusalem », termine ce petit traité sur une belle image : « C'est pourquoi attends seulement cet hameçon et avec bonheur tu seras pris, et plus tu seras captif, plus tu seras libéré. Afin que nous soyons ainsi captifs et libérés, que nous vienne en aide Celui qui est Lui-même l'Amour. »
Nombre de pages
158
Date de parution
17/06/2004
Poids
162g
Largeur
122mm
Plus d'informations
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EAN
9782845900455
Titre
Sur la naissance de Dieu dans l'âme. Sermons 101-104
Auteur
MAITRE ECKHART
Editeur
ARFUYEN
Largeur
122
Poids
162
Date de parution
20040617
Nombre de pages
158,00 €
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La traduction des Discours du discernement par le Père A. J. Festugière a paru de janvier-février 1982 à mars-avril 1983 dans la revue La Vie spirituelle. Le texte ici publié en préface a paru en novembre-décembre 1977, également dans La Vie spirituelle. Du Père Festugière, Arfuyen a publié en 1998, dans la collection Ivoire, un recueil de traductions du grec ancien : Trois dévots païens : Firmicus, Porphyre, Sallustius. Le P. Festugière est le premier à avoir traduit les rede der underscheidunge de Maître Eckhart sous leur vrai titre : les Discours du discernement. Car, étrangement, Jeanne Ancelet-Hustache a publié ce texte sous le titre de Instructions spirituelles, Alain de Libera sous celui de Entretiens spirituels et, tout récemment encore, M. Wackernagel sous le titre Conseils spirituels. Or la traduction est simple et sans détour. Rede = discours. Unterscheidung = discernement. Ce mot de unterscheidung (discernement moral et spirituel) se retrouve d'ailleurs fréquemment chez Eckhart comme chez Tauler. Le souci d'exactitude et l'élégance d'expression du P. Festugière, qui ont fait sa brillante renommée comme helléniste, se retrouvent dans sa traduction d'Eckhart et rendent sa publication très précieuse pour accéder au plus près de la lettre comme de l'esprit de ces Discours, qui constituent un texte majeur du corpus eckhartien. La traduction du P. Festugière est accompagnée de nombreuses notes et d'un avertissement sur les principes de traduction. Mais surtout le P. Festugière explique dans une éclairante préface son approche de ces Discours et ce qui a pu l'amener à les traduire : « Certains critiques ont voulu enlever à Eckhart les Discours du discernement sous prétexte qu'ils ne seraient pas mystiques : "Elles relèvent de l'ascèse plus que de la mystique", écrit Jeanne Ancelet-Hustache dans son introduction. Je voudrais montrer en ces pages que, chez Eckhart, ascèse et mystique sont inséparablement liées et que la seconde fonde la première. » Aujourd'hui que bien des commentateurs voudraient transformer Eckhart en une sorte de mystique agnostique et libertaire, précurseur des spiritualités vagues de notre temps, la lecture du P. Festugière, dans sa rigueur et sa profondeur, nous est plus nécessaire que jamais.
« Granum sinapis » : le grain de sénevé. Sous ce titre, emprunté à une homélie de saint Jean Chrysostome, se cache un des sommets de la poésie du moyen âge. Ce petit poème spirituel est un Lied allemand dans tous les sens du terme, un chant dont la mélodie - une antique séquence d'Adam de Saint-Victor - est connue, mais qui, dans l'âpreté de sa langue et la violence de ses allitérations, engendre sa propre musique. » C'est en ces termes qu'Alain de Libera, spécialiste incontesté de l'oeuvre de Maître Eckhart, présente ce singulier poème. Ce poème est un trésor aujourd'hui reconnu. Beaucoup moins connu, étrangement, reste le Commentaire sur le Grain de sénevé qui accompagne ce poème et en explique le sens strophe par strophe, ligne par ligne, à la manière dont Jean de la Croix commente lui-même son Cantique spirituel. Or ce texte constitue un extraordinaire résumé de la pensée de Maître Eckhart, d'une parfaite clarté et d'une grande originalité. Citons ici encore Alain de Libera : «L'inspiration de Scot Erigène semble bien être le fin mot du Commentaire, qui dépasse les trois voies de la théologie dionysienne (négation, éminence, causalité) dans l'étroit sentier d'une nature surplombant à la fois l'être et le néant. Mais n'est-ce pas finalement aussi l'ultime chemin d'Eckhart ? (...) Le Commentaire sur le Grain de sénevé nous livrerait ainsi une des perspectives les plus obstinément niées par la critique moderne sur la véritable intention de Maître Eckhart. » Afin de rendre plus aisée la lecture du Commentaire, on a placé ici en tête de chacune des strophes commentées le court résumé qui est fourni dans l'original en tête de l'ensemble. Pour la même raison, on a fait précéder chacune des explications données par le Commentateur de la traduction française des vers concernés. Cette nouvelle présentation met ainsi pleinement en valeur ce précieux document que constitue le Commentaire, qui n'a jamais été publié en français par aucun autre éditeur qu'Arfuyen.
Les textes ici rassemblés sont consacrés à l'un des thèmes fondamentaux de la pensée eckhartienne, le plus constant aussi et le moins bien compris : l'humilité. D'une oeuvre généralement avare en données autobiographiques, ce sont aussi les seuls qui nous renseignent quelque peu sur la trajectoire personnelle. La doctrine eckhartienne de l'humilité s'inscrit au plus vif d'une confrontation entre philosophie et théologie, qui connaît alors son apogée. D'un côté, la grandeur d'âme, la "magnanimité" des philosophe inscrits dans la lignée d'Aristote, de l'autre, l'"humilité" du théologien et la vertu du moine mendiant. Or, pour Eckhart, il y a des vertus qui, dès ici-bas, rendent possible un rapport vivant de l'homme avec Dieu et permettent d'intégrer la "contemplation philosophique" à la "divinisation du chrétien" voulue par les Pères grecs. Ces vertus sont la pauvreté, le détachement ou "l'humilité". Pour Eckhart, l'humilité est la racine de la diffusion de Dieu. Dieu ne peut "refuser aucune grâce à l'homme humble, non plus qu'en accorder aucune à l'orgueilleux" L'orgueil, c'est la magnanimité sans l'humilité, la nature sans la grâce, la philosophie sans le Christ. L'"humilité" n'est donc pas seulement une vertu morale. C'est une vertu ontologique et plus qu'ontologique. C'est une "racine plantée dans le fond de la déité". La doctrine de l'humilité que Maître Eckhart est venu dire "à Paris, dans l'école" est une doctrine de la divinisation. Mais les "grands maîtres de Paris" ne l'ont pas comprise. Eckhart a pu simultanément passer pour un "fou", aux yeux des philosophes de métier, pour un "hérétique" aux yeux des spirituels et pour un "aristotélicien radical" aux yeux des théologiens conservateurs qui, jusqu'en la Curie d'Avignon, l'ont accusé d'avoir professé "l'éternité du monde". Cette triple incompréhension a eu ses conséquences. C'est le point de départ médiéval d'une opposition entre "philosophie" et "mystique" qui pèse encore aujourd'hui.
Présentation de l'éditeur L'oeuvre d'Eckhart est vaste et peut sembler d'un abord difficile. Les étincelles y sont innombrables, jaillies du brasier d'une pensée souveraine, et chacune d'elles semble recueillir en elle tout le feu de la parole. Aussi nulle écriture ne pouvait-elle mieux se prêter au propos de cette collection. "Ainsi parlait Maître Eckhart" : toujours naissante, semble-t-il, dans la rencontre même avec ceux et celles qui l'écoutaient, dans ce moyen haut-allemand fort et dru qui semble droit sorti du peuple de son temps et qu'il fut le premier à apprivoiser à la quête philosophique. Le présent volume présente un choix de près de 400 citations clefs d'Eckhart en moyen haut-allemand et dans une traduction française nouvelle. Les textes sont extraits de l'ensemble du corpus authentique des oeuvres d'Eckhart : Le Livre de la consolation divine ; L'Homme noble ; Les Discours du discernement ; Le Détachement ; Les Sermons. Le texte moyen haut-allemand se fonde sur l'édition fondatrice de Franz Pfeiffer (Leipzig, 1857) ainsi que sur l'édition critique publiée à Stuttgart par W. Kolhammer Verlag. Les traductions ont été spécialement réalisées pour la présente édition afin de permettre au lecteur de bénéficier pleinement de l'accès à l'original moyen haut-allemand. Elles sont conçues pour rester aussi proches que possible du texte d'Eckhart et faciliter une approche directe de sa propre parole. "Si je pouvais, disait Eckhart, saisir en une seule pensée toutes les pensées que j'ai jamais pensées ou penserai jamais, je n'aurais rien qu'une parole, car la bouche exprime ce qui est dans le cour" (Sermon 84). Aussi bien c'est cette unique parole qu'on trouvera dans ce petit volume, sans cesse renouvelée et n'exprimant jamais qu'une expérience originelle. Tantôt vibrante comme dans la nef de quelque église d'Alsace ou de Thuringe, et tantôt ciselée avec tout l'art du lettré féru d'humanités grecques et latines.
Ce huitième ouvrage de Maître Eckhart aux Éditions Arfuyen aborde l'oeuvre latine avec un court traité, le Commentaire du Notre Père, traduit ici pour la première fois. Son intérêt est double : d'une part, c'est une réflexion sur un texte fondamental et connu de tous, le Notre Père, et qui s'adresse donc à un public plus large ; d'autre part, le Commentaire mobilise l'ensemble de la culture d'Eckhart et permet de mieux comprendre ses sources, de Cassien et Augustin à Jean Chrysostome et Maxime le Confesseur. Quant à la magnifique Prière de Maître Eckhart, elle est ici publiée pour la première fois en édition bilingue (trad. Gérard Pfister) et en traduction intégrale. Le Commentaire du Notre Père apparaît dans deux manuscrits, dont le célèbre manuscrit de Cues de 1444. L'attribution du Commentaire à Eckhart est néanmoins certaine, du fait de nombreuses similitudes avec d'autres oeuvres eckhartiennes. Eckhart y fait lui-même expressément allusion dans son Commentaire sur l'évangile de Jean. Le Commentaire du Notre Père propose une méditation sur la prière chrétienne. Prier, c'est s'adresser à Dieu et lui parler. Eckhart insiste également ici sur le caractère communautaire et ecclésial de la prière. Enfin, la prière du Notre Père n'est pas seulement un modèle pour les hommes, elle est aussi et surtout la prière du Christ lui-même. Prier, c'est donc entrer dans la prière du Christ, se conformer à lui, et devenir Fils du Père. Le rapprochement entre l'oeuvre latine et l'oeuvre allemande permet ainsi de montrer que les expressions les plus audacieuses d'Eckhart trouvent en réalité leur fondement dans la tradition la plus classique. Éric Mangin, prêtre diocésain, est chargé de cours à la faculté de philosophie de l'université catholique de Lyon et membre de l'équipe de recherche sur les mystiques rhénans. Marie-Anne Vannier, professeur à la faculté de théologie de l'université de Metz, a déjà préfacé trois ouvrages d'Eckhart parus dans la même collection.
Après Maître Eckhart et Thérèse d'Avila, ce livre est le 3e de la collection "Ainsi parlait". Pourquoi Sénèque ? "Sénèque fascine ; Sénèque irrite, écrit Louis Gehres. Déjà Néron supportait mal ce trop sage précepteur ; et la postérité n'a pas fini de s'en agacer. La gloire, la richesse, le pouvoir, tout lui a été donné. Mais il se pique de ne se soucier que de sagesse." Le destin de Sénèque ne fut pourtant pas dépourvu d'épreuves : le bannissement en Corse, la mort de son fils, mais surtout le suicide en 65, sur ordre de Néron. Tacite a donné des derniers instants de Sénèque un récit dont la grandeur évoque, bien sûr, la mort de Socrate. Son oeuvre acquiert là une signature de vérité qui en change la lecture.