Après que Xu Dawei avait été déclaré droitier, on l?avait condamné à transférer sa carte de résidence à son lieu d?origine, et aux travaux forcés sous surveillance. Or son lieu d?origine était le Jardin de la famille Xu; c?était un peu une farce car, à l?époque, on était envoyé à la campagne pour y être rééduqué par le travail, personne n?avait jamais été transféré de la campagne vers la ville. On ne sait qui lui avait donné ce coup de pouce et l?avait réexpédié en ville tout en envoyant quelqu?un pour rester en contact avec lui. Lin Awu avait donné son accord sans hésiter: «Aucun problème, nous l?acceptons et garantissons que nous surveillerons sa rééducation par le travail manuel, afin qu?il fasse peau neuve. » C?est ainsi qu?avec les siens il avait quitté ce petit village de montagne sur les bords du lac Taihu pour revenir à Suzhou. À l?époque, c?était un exploit extraordinaire car, en ville, il y avait toutes sortes d?approvisionnements planifiés, et même dans les moments les plus difficiles, on n?y mourait pas de faim. [...] Au départ, Xu Dawei fut employé comme homme à tout faire, il gravit tous les échelons jusqu?au neuvième grade, en passant par les postes de tourneur, d?ajusteur. Il faut expliquer cette qualification sans quoi on ne peut comprendre l?humour qui lui est sous-jacent et qui est directement lié au contexte de l?époque, ceci étant vrai d?ailleurs pour de nombreuses autres expressions. En ce temps-là, il y avait huit échelons qui classaient les ouvriers selon leur niveau technique. Les mauvais éléments de la société avaient été divisés en neuf catégories, à savoir: les propriétaires fonciers, les paysans riches, les contre-révolutionnaires, les mauvais éléments, les droitiers, les traîtres, les espions, les gens du parti engagés sur la voie du capitalisme, les intellectuels. Ces derniers, placés tout à la fin, avaient la plus mauvaise réputation, on les avait appelés les «vieux neuvièmes puants». Toutefois, quand ils furent nombreux à être envoyés travailler à la base dans les usines, comme ils apprenaient très vite les techniques, ils se retrouvèrent au-dessus du lot. Aussi, par boutade, de «vieux neuvièmes puants» ils furent baptisés: «les ouvriers de la neuvième catégorie», un peu au-dessus de ceux de la huitième. Si les dictionnaires ne font pas entrer cette rubrique dans leurs colonnes, dans quelques dizaines d?années, personne ne comprendra plus ce qu?elle signifie, ni l?humour complexe qui lui est sous-jacent.
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Nombre de pages
708
Date de parution
16/02/2004
Poids
365g
Largeur
108mm
Plus d'informations
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EAN
9782020635219
Titre
Nid d'hommes
ISBN
2020635216
Auteur
Lu Wenfu ; Chen-Andro Chantal
Editeur
POINTS
Largeur
108
Poids
365
Date de parution
20040216
Nombre de pages
708,00 €
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Ce roman ce déguste une serviette autour du cou. La journée commence bien. Invité à partager le petit déjeuner de Zhu Ziye, laissez-vous réchauffer par un bol de nouilles al dente, avec des crevettes sautées en accompagnement. Que diriez-vous d'un plat de rouleaux de poisson aux ?ufs de crevettes, à moins que vous ne préfériez une assiette d'oie braisée au marc de vin. Et si vous goûtiez plutôt ces tendres c?urs de légumes aux miettes de crabe ou ce jarret de porc confit au sucre glacé et ambré ? Ce sont quarante années de vie chinoise autour de la table qui sont évoquées ici, témoignant de la survie des traditions culinaires envers et contre toutes les turbulences des dernières décennies en Chine. En pénétrant dans l'existence de deux personnages ennemis que les circonstances ont réunis par mégarde, vous ne cesserez d'être tenu en haleine par la véritable héroïne du roman : la gastronomie. Pour elle le " capitaliste " Zhu Ziye sacrifie tout. Contre elle s'acharne Gao, moraliste épris de justice révolutionnaire. Ce livre a connu un grand retentissement en Chine et donné lieu à une adaptation cinématographique.
Au début des années quarante, Xu Dawei, un jeune lettré hérite d'une demeure traditionnelle à Suzhou, "la Venise chinoise" située non loin de Shanghaï. Imprégné des idéaux socialistes, Xu Dawei introduit, avec l'aide de son cousin - et narrateur de l'histoire -, un groupe d'étudiants dans la maison aux jardins émaillés de collines et de roches artificielles, de pavillons et de stèles. Autour de la demeure se cristallise la tourmente révolutionnaire chinoise. Au début des années soixante, la grande propriété, devenue en partie manufacture, en partie squat prolétarien, se bidonvillise... A mi-chemin entre roman et autobiographie, Lu Wenfu retrace, avec humour et amertume, l'histoire des intellectuels dans les turbulences inouïes de l'aventure maoïste. Xu Dawei et sa bande des sept incarnent l'esprit de la Chine nouvelle, de ses élites progressistes, trahies aussi bien par les nationalistes que par les communistes, cent fois rééduquées et parfois survivantes et témoins. De cette ?uvre, imprégnée par la poésie des romans classiques chinois, émanent la tendresse et la fidélité émouvante que Lu Wenfu éprouve toujours pour ses personnages et leurs idéaux de jeunesse.
Résumé : LU Wenfu pose un regard caustique et tendre sur la vie pittoresque des ruelles de Suzhou, cette ville célèbre pour ses jardins délicats et ses canaux. Ici c'est autour d'un puits que se retrouvent les voisins, pour bavarder, propager les rumeurs... et se moquer d'une intellectuelle de leur entourage dont la renommée scientifique est insupportable aux esprits mesquins. Il arrive aussi qu'une retraitée reçoive son diplôme trente-cinq ans après avoir terminé ses études ! Cette "jeune diplômée" est confrontée au harcèlement de ses proches qui voudraient qu'elle fasse le vide dans une maison encombrée de vieilleries. Mais chaque meuble, chaque vêtement a son histoire... On retrouve dans les récits de Lu Wenfu le même esprit peu soucieux d'orthodoxie, le même mode de narration imagé, orné de citations poétiques ou de slogans politiques, pour tisser des comédies douces-amères de la Chine populaire.
Un savant mélange d'humour, de roman noir et d'étude sociologique". LIBERATION Qui a assassiné au coin d'une ruelle le journaliste anarchiste Pajarito de Soto ? Par qui l'industriel Savolta a-t-il été tué le jour de la Saint-Sylvestre ? Pourquoi Paul-André Lepprince, dandy et trafiquant d'armes, a-t-il péri dans l'incendie de son usine ? Dans la Barcelone révolutionnaire des années 1917-1919, où grèves et répressions policières se succèdent, la tension est à son paroxysme... Eduardo Mendoza , né à Barcelone en 1943, a notamment écrit Le Mystère de la crypte ensorcelée , La Ville des prodiges et Une comédie légère - Prix du meilleur livre étranger 1998. Il est l'un des auteurs espagnols contemporains les plus lus et les plus traduits. Ses romans sont disponibles chez Points. Traduit de l'espagnol par Jean-Marie Saint-Lu
À tout juste 20 ans, alors qu'il chahute avec des amis, Fabien heurte le fond d'une piscine. Les médecins diagnostiquent une probable paralysie à vie. Dans le style poétique drôle et incisif qu'on lui connaît, Grand Corps malade relate les péripéties vécues avec ses colocataires d'infortune dans un centre de rééducation. Jonglant avec émotion et dérision, ce récit est aussi celui d'une renaissance.Grand Corps Malade, de son vrai nom Fabien Marsaud, est né en 1977, sous le soleil de la Seine-Saint-Denis. Enfant, il veut devenir prof de sport. Mais la vie lui réserve un autre destin. Armé d'une béquille et d'un stylo, il se lance dans la musique : en 2006, son premier album, Midi 20, se vend à plus de 600 000 exemplaires et l'artiste est primé deux fois aux Victoires de la musique." Grand Corps Malade réussit la prouesse de décrire l'horreur absolue en y ajoutant des touches d'humour et de jubilatoires formules poétiques. "Le Nouvel Observateur
« Un conte des temps modernes pour dire la violence, l?absurdité de la guerre. »François Busnel, La Grande Librairie« Trois mois. D?après maman, ça fait précisément trois mois aujourd?hui qu?on est enterrés dans ce fichu camp. Et ça fait presque quatre ans que j?ai quitté l?école Jacques-Prévert de Sarcelles. »R. B.Fabien est un petit garçon heureux, qui aime le football, la poésie et ses copains, jusqu?au jour où ses parents rejoignent la Syrie. Ce roman poignant et d?une grande humanité raconte le cauchemar éveillé d?un enfant lucide, courageux et aimant qui va affronter l?horreur.Rachid Benzine est enseignant et chercheur associé au Fonds Ric?ur. Il est l?auteur de Dans les yeux du ciel et de nombreux textes disponibles chez Points, dont Lettres à Nour, Des mille et une façons d?être juif ou musulman, dialogue avec Delphine Horvilleur, et Ainsi parlait ma mère.
Un roman noir haletant où l'enquête de Konrad l'emporte dans les années 60, sur les traces d'un réseau d'espionnage. Du pur Indridason ! Un teinturier sans histoires, père célibataire, disparaît... Un cadavre est découvert sur la rive du lac Hafravatn et un trafic de Lada d'occasion avec des marins soviétiques est mis au jour. Quand, dans les fondations d'un chantier, on trouve le corps de Skafti, que Natan a avoué avoir noyé quelques années plus tôt, n'y aurait-il que Konrad pour s'inquiéter de tous ces événements étranges ? L'enquête de l'inspecteur à la retraite pourrait bien mener sur la piste des réseaux d'espionnage soviétiques dans les années 70... "Arnaldur Indridason éclaire d'une lumière crue une tranche de l'histoire islandaise". LE PARISIEN Arnaldur Indridason, né à Reykjavík en 1961, est sans conteste le maître du polar islandais. Konrad, solide enquêteur, sensible et têtu, est le héros d'une série dont Les lendemains qui chantent est le sixième opus. Tous ses livres sont disponibles chez Points. Traduit de l'islandais par Eric Boury
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