Esprits de feu. Figures du romantisme anti-capitaliste
Löwy Michael ; Sayre Robert
SANDRE
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EAN :9782358210348
Le romantisme est-il simplement ce mouvement littéraire du début du XIXe siècle qu'envisage la doxauniversitaire ? Le présent recueil d'essais tente d'aller au-delà de cette définition. Pour les auteurs, le romantisme est bien plus qu'un phénomène littéraire - même si la littérature y tient une place cruciale - et il ne s'achève pas en 1830 ni même en 1848. Le romantisme est d'abord une protestation contre la civilisation industrielle/capitaliste. À ce titre, il est l'une des principales formes de la culture moderne, de Rousseau - l'un des Pères Fondateurs - à nos jours. Parce que le romantisme est une vision du monde, il traverse l'ensemble des domaines de la culture, prenant de multiples formes, se jouant des catégories a prioriet s'incarnant en de multiples figures. On ne s'étonnera donc pas de voir se croiser et s'articuler ici mouvements culturels (le surréalisme), événements historiques (la Révolution française, l'insurrection républicaine de 1832), philosophie (Sorel, Benjamin, Adorno?) et littérature (Wilde, Faulkner, Huysmans?). Les auteurs se sont aussi intéressés aux rencontres du romantisme et d'autres courants philosophiques, politiques ou littéraires, comme la philosophie des Lumières, la littérature dite « décadente », le féminisme ou le marxisme.Michael Löwy, né au Brésil, vit à Paris depuis 1969. Actuellement directeur de recherches émérite au CNRS (médaille d'argent en 1994), il enseigne à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales. Parmi ses derniers livres, Franz Kafka, rêveur insoumis, Stock, 2004 et (avec E. Dianteill) Sociologie et religion, approches insolites, PUF, 2009. Robert Sayre est originaire des États-Unis. Il a enseigné à l'Université de Harvard avant de s'installer en France. Aujourd'hui professeur émérite d'études anglo-américaines à l'Université Paris-Est Marne-la-Vallée, il est l'auteur de plusieurs livres, dont, récemment,La Modernité et son « autre » : récits de la rencontre avec l'Indien en Amérique du Nord au XVIIIe siècle, Les Perséides, 2008.
Nombre de pages
292
Date de parution
25/01/2010
Poids
358g
Largeur
136mm
Plus d'informations
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EAN
9782358210348
Titre
Esprits de feu. Figures du romantisme anti-capitaliste
Auteur
Löwy Michael ; Sayre Robert
Editeur
SANDRE
Largeur
136
Poids
358
Date de parution
20100125
Nombre de pages
292,00 €
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Peu d'auteurs ont saisi avec autant d'acuité les caractéristiques de la modernité occidentale comme Max Weber: désenchantement du monde, rationalité instrumentale, domination rational/bureaucratique, différentiation des sphères, polythéisme des valeurs. Peu d'auteurs ont laissé une empreinte aussi profonde sur les débats historiques, sociologiques, épistémologiques et philosophiques du XXe siècle, suscitant controverses, interprétations et réinterprétations. Ce qui ne veut pas dire que son oeuvre n'est pas rigoureuse et cohérente. Simplement, par sa richesse, sa subtilité, son approche pluraliste des causalités, sa méthodologie complexe, mais aussi son ambivalence envers les manifestations centrales de la modernité l'État bureaucratique, l'économie capitaliste il se prête à des lectures différentes, sinon opposées.
Ce livre n'est pas un essai de plus sur Kafka. La passionnante lecture proposée par Michael Löwy ne manquera pas de susciter des controverses, tant elle se dissocie du canon habituel de la critique littéraire concernant cet auteur. Car il s'agit ici de trouver le fil rouge permettant de relier, dans la vie et l'?uvre de Franz Kafka, la révolte contre le père, la religion de la liberté d'inspiration juive hétérodoxe et la protestation contre le pouvoir meurtrier des appareils bureaucratiques. A partir de données biographiques souvent négligées, tels les rapports de l'écrivain pragois avec les milieux anarchistes., et d'une étude des trois grands romans inachevés ainsi que des nouvelles les plus importantes, éclairée par des fragments, des paraboles, des éléments de la correspondance et du journal de Kafka, Michael Llöwy met en évidence la dimension profondément antiautoritaire et subtilement libertaire de cette ?uvre
Vers la fin du XIXe siècle apparaît en Europe centrale une génération d'intellectuels juifs dont l'?uvre allait marquer la culture moderne. Puisant en même temps à des sources allemandes (le romantisme) et juives (le messianisme), leur pensée s'organise autour de l'idée (kabbalistique) du Tikkoun: la rédemption. Quelques-uns parmi eux sont plus orientés vers la religion: Martin Buber, Gershom Scholem, Franz Rosenzweig. D'autres sont plus attirés par les utopies sociales: Ernst Bloch, Georg Lukàcs, Erich Fromm. Entre les deux, à la fois à l'écart de tous les courants et à la croisée des chemins: Walter Benjamin et Franz Kafka. Malgré leurs différences, il existe entre tous une étonnante communauté spirituelle, fondée sur l'affinité élective entre la rédemption messianique et l'utopie libertaire. Ce livre est la première tentative de retrouver le réseau occulte qui les relie.
En janvier 1919, Rosa Luxemburg était assassinée, avec Karl Liebknecht, par les Corps-Francs, et son cadavre était jeté dans le Landwehrkanal. Un siècle plus tard, que reste-t-il de la pensée et de l'action de celle qui avait lancé le mot d'ordre " Socialisme ou barbarie " ? Dans ce livre, Michael Löwy réunit des essais sur certains aspects de l'oeuvre de Rosa Luxemburg qu'il juge méconnus ou d'une singulière actualité dans la perspective d'une refondation d'une espérance émancipatrice : l'internationalisme, sa conception ouverte de l'histoire, (contre un certain " déterminisme " et contre la conception positiviste du progrès), l'importance pour elle de la démocratie dans le processus révolutionnaire, et aussi, l'intérêt qu'elle portait aux sociétés précapitalistes, du "communisme primitif".
Cet ouvrage n'entend pas fonder une improbable macropolitique. deleuzo-guattarienne mais souhaite plutôt explorer la présence d'une dimension micropolitique. affirmative chez ces deux penseurs. Les chercheurs français et étrangers, dont les contributions sont ici réunies, abordent ainsi la dimension politique des arts, du cinéma et de la littérature en visant à souligner des formes de résistance au présent. à l'heure où le globalitarisme. économique et technologique induit un inévitable appauvrissement de la subjectivité individuelle et collective : « Nous ne manquons pas de communication, au contraire nous en avons trop, nous manquons de création ». Un enjeu éthico-politique de taille, retentissant autant chez Gilles Deleuze que chez Félix Guattari, consiste par conséquent à analyser les transformations de la subjectivité et de l'être-ensemble dans le cadre des mutations en cours, et à rendre compte des dynamiques de subversion nomadisantes, autant dans leur forme politique qu'esthétique, que les nouveaux régimes de domination viennent paradoxalement et indirectement produire. Ont contribué à cet ouvrage : Philippe Mengue, Paul Patton, Tiziana Villani, Bernard Reber, Bruno Heuzé, Véronique Bergen, Eugène Holland, Jean-Claude Polack, Anne Querrien, Stéphane Nadaud, René Schérer, Gabriel Rockhill, Zafer Aracagök, Ivan Lapeyroux, Luca Cremonesi, Christina Ljunggren Kullberg, John Protevi, Tom Conley, Frédéric Astier, Marielle Burkhalter, Stéfan Leclercq.
De ses pérégrinations en Europe, Gérard de Nerval a rendu compte dans des articles nombreux. Cette production foisonnante, publiée dans les journaux et revues de l'époque, est très peu et surtout très mal connue, puisque Lorely et les pages liminaires du Voyage en Orient n'en donnent qu'un reflet partiel. Et il est de surcroît malaisé, voire impossible, de se faire une idée des différentes versions des récits de voyage nervaliens à partir du seul appareil critique des variantes qui accompagne les éditions "définitives". D'où l'intérêt de découvrir l'écrivain voyageur dans le jaillissement de son inspiration première et de suivre le processus de mutation qui - essentiellement par l'introduction de la fiction - fait accéder les premiers feuilletons de voyage, parus en ordre dispersé, au statut d'oeuvres abouties. En proposant les versions originales de ces feuilletons plutôt que les états derniers des mêmes textes, le présent recueil s'attache également à reconstituer les étapes d'autres cheminements, tout littéraires ceux-là, qui voient le "commis-voyageur de Paris à Munich" devenir progressivement, sous nos yeux en quelque sorte, l'auteur de Sylvie, d'Aurélia et des Chimères.
? Qu'une recherche de pointe soit associée à une véritable menace à la survie de l'humanité, une menace même à la vie tout court sur la planète, ce n'est pas une situation exceptionnelle, c'est une situation qui est de règle. ? " Cette conférence, prononcée en 1972 au Conseil européen pour la recherche nucléaire, est plus qu'une critique radicale du nucléaire ou des excès de la science. C'est l'acte de rupture avec le mythe scientifique de celui que nombre de ses pairs considèrent comme le plus grand mathématicien du XXe siècle ? : "? Nous pensons maintenant que la solution ne proviendra pas d'un supplément de connaissances scientifiques, d'un supplément de techniques, mais qu'elle proviendra d'un changement de civilisation. ? " Né en 1928 à Berlin dans un milieu libertaire, Alexandre Grothendieck arrive en France en 1940 mais vit sous le statut d'apatride jusqu'en 1971. Décoré de la médaille Fields (1966), il fut aussi l'un des fondateurs du groupe Survivre et Vivre. Il est mort en Ariège en 2014.