François, c'est Alain Lorne. Et cette fermette de la Champagne pouilleuse qu'il décrit si bien, c'est le cadre où se déroula sa petite enfance lorsqu'il fut mis en nourrice chez des vignerons. Sous son ironie facilement amère, que de tendresse pour Titine, la mère adoptive, sévère et rude lorsqu'elle lui administre une frictionnée d'orties, et pour Fernand le "père", qu'on voit descendre le coteau en faisant. sautiller le gamin dans sa hotte à vendange. Au Pays de Gaston Bachelard, le climat mène la vie dure au paysan. Dans les années cinquante, le gel ratiboise souvent les récoltes. Alors le repas du midi s'organise autour d'une boîte de sardines, et le soir il y a l'huile que Fernand, Titine et François saucent avec du pain. Mais si le ventre crie famine, au fond des cours crépitent de belles flambées de joie. François grandit avec la terre champenoise sous les ongles et le nez chatouillé par les feuilles des ceps. Mais un jour ou l'autre, la mère de François, la "vraie", celle qui enseigne l'anglais dans les collèges, viendra le leur reprendre... Alain Lorne conduit son récit en exprimant la profondeur de ses sentiments avec pudeur et mesure dans une langue aux accents classiques.
Nombre de pages
170
Date de parution
13/03/2007
Poids
180g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782296029217
Titre
A travers les orties
Auteur
Lorne Alain
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
180
Date de parution
20070313
Nombre de pages
170,00 €
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Par monts et par vaux, Alain Lorne chemine en Asie à la rencontre d'un temps aboli. A Shangai, sur les traces de Joseph Kessel et Tintin, à Rangoun dans les pas de George Orwell ou cherchant Lucien Bodard au Yunnan, il remonte aussi le Mékong à califourchon sur le fuselage d'une barcasse motorisée. Ces pérégrinations réactivent les souvenirs des années 70 : les sentiers de l'utopie qui conduisaient jusqu'au Deccan, la Sorbonne maoïsée, la guerre du Vietnam vue depuis Paris...
Derrière les décors touristiques de l'Islam, une force invisible bouillonne. La révolte couve sous cette "félicité tranquille", que Gide attribuait aux musulmans. Alain Lorne délaisse l'avion et l'hôtel. Il parcourt à pied les bidonvilles et les villages. Au Maroc, sur la piste des montagnards de l'Atlas. A Tanger avec les clandestins du détroit de Gibraltar. Chez les Chaouis des Aurès. En Egypte, auprès des Coptes du désert Libyque, dans le sillage du gardien nocturne des Pyramides. A travers le Yémen réunifié, d'Aden à Moka. Et d'Aden à Paris, entre les trois cent soixante-quatre mosquées d'Ile-de-France. De Barbès à Evry - où les Saoudiens achèvent un impressionnant lieu de culte -, le pèlerinage pouvait bien être fait à pied ! Le récit en est très surprenant, comme la révélation de tout ce que l'on ne veut pas savoir.
Le 24 octobre 1992, le MC Ruby, cargo de la compagnie monégasque MC Shipping, quitte le port de Takoradi, en Afrique Occidentale. A fond de cale, un chargement de fèves de cacao... et neuf passagers clandestins. Ils seront massacrés à coups de barres de fer, à coups de fusil, et jetés par-dessus bord. Mais un jeune homme déjoue la vigilance des tueurs. Transi, affamé, assoiffé, il se cache jusqu'au Havre où il parvient à s'enfuir. Le survivant s'appelle Kingsley Ofosu. Il a risqué sa vie pour devenir chômeur en France et trouver refuge à l'Armée du Salut. Clandestins montre l'Afrique pillée, naufragée, désemparée d'où des hommes et des femmes par milliers tentent de s'évader pour survivre. Ce livre évoque les horreurs de la "déréglementation maritime" qui jette sur l'océan - source de vie - des poubelles flottantes manoeuvrées par des sous-prolétaires alcooliques qui n'hésitent pas plus à jeter des hommes à la mer que des détonateurs, des pesticides, du pétrole brut... L'auteur est allé au Havre, à la rencontre de Kingsley Ofosu, le miraculé du MC Ruby, à la rencontre de ses proches au Ghana. Il a refait le parcours des clandestins jusqu'à l'Eldorado européen dont rêvent nuit et jour deux mille millions d'affamés.
Carottage est de ces livres qu'on lit d'une traite et dont on revisite longuement les images, comme les rumine le Doc, héros du roman, médecin en rupture de sédentarité, parti un beau jour bourlinguer pour le compte d'une compagnie pétrolière. Sous la bannière de la Crude Oil, experte en carottages et forages des champs pétrolifères, le Doc a exercé en mer de Barents, puis en Afrique et au Maghreb, ces régions dites déshéritées d'où la haute finance occidentale fait ruisseler la manne. Déraciné comme ses compagnons, il a soigné les plaies et les bosses d'une main-d'?uvre atypique, cosmopolite et haute en couleur. Ses rencontres avec le Grillé, géant roux au parler rocailleux, puis avec la belle Salvye, sont venues infléchir à nouveau sa trajectoire... Aujourd'hui, bloqué par la tempête sur un îlot breton, remâchant ses souvenirs, guettant des ombres insaisissables, le Doc attend le dénouement d'une aventure qui a pris peu à peu, presque à son insu, des allures d'amour et d'arnaque. Roman âpre et haletant, à l'écriture si réjouissante de personnalité, Carottage fait partout surgir cet or noir de la littérature : le tempérament.