Il y a quatre-vingt-dix ans, un fils de cheminot né à Aurillac, Paul Doumer, était élu président de la République française. Audace d'un régime, la IIIe République, qui, en dépit de ses imperfections, consacre alors l'ascension sociale méritocratique par l'école et le diplôme. Audace d'un homme incarnant ce fondement par l'exemple probant de son parcours : placé à quatorze ans comme apprenti graveur dans un atelier de fabrique de médailles par sa mère veuve, le jeune Auvergnat monté à Paris passe son bac en blouse d'ouvrier, avant de devenir "prof de maths " puis journaliste. Parachuté dans l'Aisne, dans l'Yonne puis en Corse, Doumer apparaît inclassable politiquement n'ayant jamais présidé le Conseil ni aucun parti politique, il est gouverneur général de l'Indochine, ministre des Finances à trois reprises, et préside la Chambre des députés puis le Sénat. Pendant près de cinquante ans, Doumer prend une part active à tous les grands dossiers du régime, au carrefour de la droite et de la gauche, à la jonction de la politique, de l'industrie, de la finance et de la diplomatie. Le parcours de Paul Doumer est également marqué et façonné par la tragédie : quatre de ses cinq fils et une de ses trois filles meurent entre 1914 et 1923, avant que le président lui-même ne soit assassiné le 6 mai 1932 dans l'exercice de ses fonctions, en pleine et inexorable montée des fascismes en Europe. Un tel parcours serait-il possible aujourd'hui ? Cette biographie, fondée sur les archives privées inédites de Paul Doumer, exhumées après de ses descendants, comble une lacune importante et paradoxale : alors que 25 000 voies de circulation portent le nom de Paul Doumer partout en France, aucune biographie n'avait encore été consacrée au "président assassiné", devenu le "président oublié".
Nombre de pages
416
Date de parution
06/01/2022
Poids
658g
Largeur
156mm
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EAN
9791026710301
Titre
Paul Doumer. La République audacieuse
Auteur
Lorin Amaury
Editeur
CHAMP VALLON
Largeur
156
Poids
658
Date de parution
20220106
Nombre de pages
416,00 €
Disponibilité
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La question coloniale, en dominant la vie politique française jusqu'à la guerre de 1914, fait aussi naître des vocations individuelles. Celle de Paul Doumer en offre un des exemples les plus frappants. Avant d'accéder, en 1931, aux plus hautes charges de l'Etat, il devient en effet en 1897 à Saïgon, à l'âge de trente-neuf ans, un des plus jeunes gouverneurs généraux que la France ait connus. L'actif quinquennat de Paul Doumer à la tête de l'Indochine fait de celle-ci une colonie rentable. Des équipements, des infrastructures sont développés. Un Etat colonial est créé.
L'auteur, historien-voyageur, a sillonné la Birmanie. En quatorze chapitres-tableaux croisant récit de voyage, enquête historique et analyse géopolitique, il propose un décryptage de l'intérieur de ce « pays ermite ».
La première partie de l'ouvrage, " Construire l'Empire ", s'intéresse d'abord aux divers efforts de mobilisation, notamment culturelle, et aux mécanismes de propagande engagés par les régimes européens lors de leurs progressives " entrées en Empire ". Cette partie a aussi pour ambition d'éclairer, au travers d'expériences très dissemblables, la nature de ces mêmes entrées et de ce qu'elles racontent sur les débuts des colonisations européennes contemporaines. La deuxième, " Acteurs et pratiques des colonisations européennes ", s'arrête ensuite sur quelques expériences, individuelles ou collectives, d'acteurs, d'actrices et de groupes sociaux confrontés au fait colonial, et sur l'intersection des trajectoires entre populations colonisatrices et colonisées. Elle s'efforce également de mettre au jour la circulation des pratiques, l'échange des expériences et la concurrence des " modèles " de colonisation entre les espaces impériaux européens. Enfin, la troisième partie de l'ouvrage, " Violences en situation coloniale ", est consacrée aux formes particulières et spécifiques de violences, souvent extrêmes, exercées dans divers contextes coloniaux tout au long de la période.
Tenant des carnets (un journal ?) depuis la jeunesse, je n'y ai jamais écrit que par spasmes, par bouffées, et dans une sorte d'état d'urgence. Brusques afflux de souvenirs, rêves ou lectures pareillement commentés, ce double qui n'a cessé de m'accompagner est bien aussi projet, que le livre entrevu ait abouti ou non, et interrogation sur ce projet même. Aussi m'a-t-il semblé que je ne pouvais extraire des fragments de ce long flux tout ensemble intermittent et proliférant sans tenter d'y introduire au moins un fil d'Ariane. Si le thème de la mémoire, chez l'être de souvenir qu'est, par définition presque, l'autobiographe, s'est imposé à moi, c'est que la mémoire m'est longtemps apparue comme la dépositaire de l'être même. Souvent, il va sans dire, ces plongées ou ces visitations fortuites s'accompagnent d'une réflexion sur la littérature. Au naïf émerveillement des premières années ici retenues - contemporaines de L'Adoration et s'aventurant à tâtons vers Le Retour - succède assez vite un soupçon qui, dû pour la plus grande part à la cruelle expérience de la mère internée, et qui va s'accusant dans ces pages mêmes, est tout près de s'en prendre au chant longtemps tenu pour " doré " d'une mémoire qui, par places traversée de nostalgie, entend bien pourtant ne se confondre avec aucun " passéisme ", sans cesse au contraire jouaillé, dénoncé que, pratiquement dès le début, est ce dernier. " J. B.
Les figures souvent grotesques créées par James Ensor s'animent. Elles évoquent la mer du Nord, Ostende la ville balnéaire et ses habitants évanouis, le retour du carnaval ou le célèbre Bal du Rat mort. Libérées des tableaux où leur apparition continue à nous surprendre, elles haussent parfois le ton entre les murs d'une baraque abandonnée, se répondent et s'affrontent. Elles aimeraient régler de vieux comptes. Elles interpellent un visiteur à la nature incertaine. Tout à la fois ancrées dans leur époque et hors du temps, les voix interrogent, avec une ironie d'outre-tombe, la disparition des corps qui un jour les habillèrent. Avoir connu semblable mascarade est-il possible ailleurs qu'en un rêve où l'on croisera les ombres de Proust, Rilke, Roth, Celan ou Perec bien vivant, installé à la terrasse d'un café ...