La notion de verbe dans les écrits de saint Thomas d'Aquin
Lonergan Bernard
BEAUCHESNE
15,09 €
Epuisé
EAN :9782701002262
Mais venons à saint Thomas. Parce qu'il a conçu que la théologie était en un certain sens une science, il avait besoin d'Aristote qui, plus que n'importe qui, avait développé et appliqué les implications de l'idéal grec de la science. Parce que sa théologie était essentiellement l'expression d'une foi traditionnelle, il avait besoin de saint Augustin, le Père de l'Occident, dont la pensée trinitaire marquait le niveau le plus élevé atteint par la spéculation chrétienne pour comprendre la foi. Parce que saint Thomas était lui-même un génie, il n'éprouva guère de difficulté, soit à adapter Aristote à son but, soit il atteindre une précision en expliquant le processus rationnel l'emanatio intelligibilis - explicitant ce que saint Augustin n'avait pu que suggérer, Enfin, parce que saint Thomas était un homme· de son temps, il dut laisser à un âge postérieur la tâche de reconnaître la discontinuité séparant la science de la nature et la science de l'homme et de développer les implications méthodologiques que cela suppose, car l'action doit précéder la réflexion sur l'action et la méthode est le fruit de cette réflexion, Saint Thomas devait se contenter d'agir, L'étude présente est divisée en cinq chapitres et la division est dictée par les contextes systématiques très différents dans lesquels sont impliquées les affirmations thomistes sur verbum, J'ai déjà noté le caractère cumulatif des catégories d'Aristote. où les affirmations psychologiques présupposent les biologiques, les biologiques présupposent les physiques, et les physiques présupposent les métaphysiques. De façon assez semblable les énoncés thomistes sur verbum seront tout d'abord théologiques : ils impliqueront des termes techniques - de la physique et de la métaphysique, leur signification portera sur des explications métaphysiques de la possibilité de la connaissance, et, au milieu de cette structure complexe sera enrobé un noyau de fait psychologique. Pour comprendre. même approximativement, ce que saint Thomas voulait dire, il est nécessaire d'explorer séparément les différents cercles d'herméneutique qui, de façon cumulative, relèvent d'une interprétation. Les deux premiers chapitres s'occupent du noyau psychologique. Saint Thomas a identifié verbum avec l'objet immanent qui termine l'opération intellectuelle ; il distingue deux opérations· intellectuelles, une première qui répond à la question quid lit et une seconde qui répond à la question an sil. Ainsi nous avons un premier chapitre sur verbum comme définition et un second sur verbum comme compositio vel divisio, Tout au long des deux premiers chapitres, le lecteur sera gêné par la présence de termes techniques d'origine métaphysique ou physique, Indépendamment de toute difficulté intrinsèque qu'ils peuvent présenter, il est extrêmement compliqué de déterminer leur signification, premièrement à cause des efforts d'Aristote pour adapter la langue grecque à ses propres buts techniques, deuxièmement parce que les premiers équiv
Nombre de pages
270
Date de parution
01/04/1967
Poids
346g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782701002262
Titre
La notion de verbe dans les écrits de saint Thomas d'Aquin
Auteur
Lonergan Bernard
Editeur
BEAUCHESNE
Largeur
155
Poids
346
Date de parution
19670401
Nombre de pages
270,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Extrait de la présentationJ'éprouve une véritable joie à présenter la traduction française de l'ouvrage de Bernard Lonergan sur la Trinité. J'appartiens en effet à une génération qui a bénéficié des cours de théologie dogmatique du grand jésuite canadien à l'Université Grégorienne de Rome et j'ai toujours éprouvé, au cours de mon ministère, reconnaissance et admiration à l'égard de ce maître, dont l'enseignement est demeuré vivant en moi, comme en tant d'évêques, prêtres et laïcs du monde entier formés par lui à Rome entre 1953 et 1965. Dans cette période qui a tout juste précédé l'application des décrets du concile Vatican II, nous suivions nos cours en latin. En juin 1965 précisément, je me souviens avoir été interrogé à l'oral de ma licence dans cette langue, qu'il parlait avec un fort accent, par le professeur Lonergan. Sa bienveillance, mais aussi sa fatigue, transparaissaient dans sa manière de m'examiner. Et de fait, il devait peu après être hospitalisé au Canada pour un cancer au poumon, ce qui ne l'empêcha pas d'enseigner et de poursuivre sa recherche par après, mais en restant dans son pays jusqu'à sa mort en 1984. Après avoir esquissé une biographie intellectuelle de Bernard Lonergan, dont l'oeuvre est encore trop peu connue en France, je présenterai ce traité théologique sur la Trinité.1 Puis je dirai les qualités de la traduction qui nous est ici proposée.Qui est Bernard Lonergan?L'oeuvre la plus célèbre - et réputée la plus difficile - de Lonergan s'intitule Insight. A Study of Human Understanding. Elle fut publiée dans son pays en 1957. Son auteur y travaillait depuis les débuts de sa carrière enseignante. Le terme «insight» vise la saisie intellectuelle comme acte de compréhension du réel. Lui-même ne cessera de s'y référer dans ses écrits ultérieurs, mais, pour qui sait lire, ses ouvrages antérieurs se révèlent déjà imprégnés de cette même volonté d'intelligence des questions élucidées, qu'elles soient d'ordre mathématique, sociologique, philosophique ou théologique, en tablant sur le dynamisme propre à tout homme pensant - le révélant à lui-même dans son effort de compréhension - et, tout uniment, en respectant l'objet pensé, tant dans sa «quiddité», ou essence originale, que dans son économie historique.Bernard Lonergan est né le 17 décembre 1904 à Buckingham, au Québec, dans une famille catholique anglo-irlandaise. Il est l'aîné de trois frères. Son père était géomètre. Sa mère, tertiaire dominicaine, jouait du piano. Après des études primaires chez les Frères de l'Instruction Chrétienne, dont les élèves anglophones de l'école élémentaire étaient regroupés en une seule classe, il entre en 1918 au Loyola Collège, tenu par les jésuites. Surdoué, il accomplit la scolarité des trois premières années en une seule. Physiquement fragile, il est hospitalisé en 1920 et l'on craint pour sa vie. S'il éblouit ses professeurs, il est en retour fasciné par leur enseignement, même s'il se révèle critique sur leurs méthodes. Il développe, au cours de ses études secondaires, un respect pour la raison, vue comme intelligence en mouvement. Passionné par les mathématiques, puis par l'économie et la finance, il fait à 18 ans une retraite au cours de laquelle il décide d'entrer dans la Compagnie de Jésus.
Survol de la production littéraire acadienne contemporaine, cette anthologie est la première étude de son genre publiée depuis l' "Anthologie de textes littéraires acadiens 1606-1975" de Marguerite Maillet, Gérard LeBlanc et Bernard Emond parue en 1979, si l'on excepte les anthologies consacrées à la poésie acadienne. L'Anthologie de Maillet se termine au moment de l'émergence de la littérature acadienne contemporaine alors que "Paroles d'Acadie" en fait sont point de départ. L'ouvrage présente les auteurs acadiens les plus importants de la période 1958-2009 qui écrivent des nouvelles, de la poésie, des romans et du théâtre, que ce soit pour les adultes ou la jeunesse. La préface offre une synthèse de l'histoire de la littérature acadienne. Une notice biographique, une photo de l'auteur et une courte présentation de l'oeuvre précèdent les textes choisis. Cette anthologie témoigne de la grande vitalité de la littérature acadienne contemporaine.
En décembre 1972, le premier ouvrage des Editions d'Acadie est lancé, un tout petit recueil d'un animateur communautaire gauchiste : Cri de terre de Raymond Guy LeBlanc. Aujourd'hui, le milieu littéraire acadien identifie cette publication avec l'émergence de la modernité en Acadie. Et l'année 1972 comme l'année culturelle de référence. Pourquoi ? Pourquoi cette manifestation - une publication - a-t-elle été si porteuse, bien au-delà de l'ouvrage lui-même ? A force de creuser cette question, David Lonergan s'est aperçu que plusieurs poèmes de Cri de terre avaient été publiés en août 1969 dans la revue Liberté à l'occasion d'un "spécial" Acadie. Que 1969 avait également été marquée par la dernière vague de manifestations étudiantes commencées l'année précédente, ce dont témoigne le film L'Acadie, l'Acadie de Michel Brault et Pierre Perrault. Qu'en 1972, Raymond LeBlanc est un pianiste qui accompagne les chansonniers, Herménégilde Chiasson est un artiste visuel qui écrit de la poésie, Léonard Forest, un cinéaste et poète, que Jacques Savoie compose aussi bien des poèmes que des chansons... David Lonergan démontre, dans Acadie 72, comment la naissance des Editions d'Acadie marque l'aboutissement d'une suite d'événements, d'un ensemble de démarches commencées plusieurs années auparavant et qui convergent vers ce point unique. Chaque événement est ici présenté dans son contexte et en lien avec ce qui a précédé.
David Lonergan a beaucoup écrit sur le milieu culturel acadien au cours de sa carrière de journaliste et de chroniqueur. Dans "Regard sur la littérature acadienne (1972-2012)" , il propose un regard éclairé sur les principales oeuvres publiées dans les quarante ans qui ont suivi la fondation des Editions d'Acadie. Au récit centré sur les oeuvres s'ajoutent quelques indications biographiques et des mises en contexte pertinentes. Cet ouvrage, écrit dans le style direct et facile d'accès qui caractérise la plume de l'auteur, saura intéresser les passionnés de littérature acadienne tout comme ceux qui désirent s'y initier. Formant un diptyque avec Paroles d'Acadie ? : Anthologie de la littérature acadienne (1958-2009), il témoigne de la grande vitalité de la production acadienne contemporaine.
Dans l'Eglise du Moyen Age central, l'inspiration charismatique n'est pas antinomique de la bureaucratisation : elle en est la condition nécessaire. C'est ce que montre cette étude des mobilisations ecclésiologiques de la référence à l'Esprit. Loin d'oublier l'Esprit dans la routine d'une bureaucratie sans âme, les agents de l'institution de l'appareil ecclésial sont les premiers à y faire référence pour opérer, à partir du milieu du XIe siècle, une centralisation pontificale des différentes tendances réformatrices. La monopolisation pontificale de la référence légitime à l'Esprit permet à la fois d'affirmer l'autonomie - la théonomie - de l'appareil ecclésial et d'en suspendre les règles ordinaires. L'appropriation de ce discours ecclésiologique par les chroniqueurs et réformateurs du XIIe siècle va conduire à une nouvelle perception de l'histoire, fondée sur l'idée d'un progrès inspiré et mené par des hommes spirituels. Moines charismatiques et administrateurs peuvent ainsi s'associer autour du fragile malentendu d'une institution spirituelle. Lorsque celui-ci se délite, les discours prophétiques en font l'aune à laquelle juger le présent ou un projet d'avenir. Au cours des XIIIe et XIVe siècles, ce modèle d'une bureaucratie charismatique se dissocie en conceptions antagonistes de la référence à l'Esprit : un usage intégré dans les rouages de l'administration, qui n'apparaît explicitement que dans les périodes de crise, et une référence de plus en plus eschatologique visant à condamner tous ceux qui persécutent les "spirituels".
Scolastique : dérisoire ou sérieuse ? Savante ou bornée ? Ratiocination ou perfection rationnelle de l'investigation universelle ? Virtuosité intellectuelle ou figement formel ? Peu de mots, assurément, résonnent de manière aussi contradictoire dans notre chambre cognitive. Faut-il s'en étonner ? La scolastique, avec le Sic et non d'Abélard au XIIe siècle, se construit sur l'exploration inextinguible de la contradiction. Elle progresse vers la vérité grâce au kaléidoscope des possibles logiques. En son âge d'or, du XIIIe au XVe siècle, auxquels est consacré ce volume, elle ne structure pas seulement la pensée des intellectuels. Imprimant sa forme et ses processus heuristiques à la littérature - latine ou romane - qu'elle érige en son extension, elle trouve en celle-ci non seulement un réceptacle et un lieu de diffusion, mais un révélateur. Codifiée mais libre comme une forme fixe, elle est littérature à part entière, partageant avec elle les ambitions et les modalités protéiformes d'une architectonique savante dévouée à l'éveil de l'esprit. Les vingt-quatre contributions ici réunies sondent la manière dont la littérature médiévale, tirant partie de sa propre diversité, sérieuse, comique, savante, ambiguë ou critique, s'est emparée de la scolastique pour faire d'un phénomène social qui aurait pu devenir un puissant outil de contrôle, un formidable moteur d'émancipation individuelle.
Une exclamation d'Origène (empruntée à Jérémie) : Tu m'as trompé, Seigneur ! Une autre de saint Anselme : Seigneur, je cherche ton visage ! L'une et l'autre nous a paru valoir d'être scrutée, comme introduisant à une demarche de pensée qui caractérise chacun de ces deux grands esprits, et plus encore au mouvement foncier de leur âme. Deux exemples, propres à faire voir, à travers les différences de deux époques aussi bien que de deux individualités, une parenté plus essentielle. Et nous encore, "nous sommes de leur race" . Tous ceux que nourrit de sa substance indéfiniment féconde une même grande tradition, sont frères. Pour compléter ce sentiment de l'unité dans un incessant pluralisme, nous avons cru pouvoir proposer un troisième exemple, pris à notre siècle même, celui du débat qui fut institué, au cours des années trente, sur les rapports de la foi chrétienne, et de la philosophie. Le lecteur verra de lui-même, sans qu'il soit besoin d'instituer parallèles ou contrastes, combien les questions qui agitaient ce débat sont encore aujourd'hui les nôtres.
En octobre 1703, Claude Poullart des Places, un jeune Rennais, arrive à Paris sans autre intention que de faire sa théologie au collège Louis le Grand. Un an plus tard, simple tonsuré, il fonde un séminaire pour les pauvres écoliers, ces aspirants au sacerdoce dont la misère, par ses conséquences, est la plaie majeure de l'Eglise de France. Il assure à ses élèves une longue et solide formation théologique et sait leur communiquer sa mystique de pauvreté et sa hantise des âmes abandonnées. Il meurt en 1709, prêtre depuis moins de deux ans. Il laisse soixante-dix séminaristes et une petite équipe de directeurs, noyau de cette congrégation du Saint-Esprit qui compte aujourd'hui 4 000 religieux. La Compagnie de Marie de son ami Grignion de Montfort ne voit le jour et ne survit jusqu'à la Révolution que grâce à son affiliation à la congrégation du Saint-Esprit ; pendant près d'un siècle et demi, ses membres se font appeler Prêtres missionnaires du Saint-Esprit. Quant aux Filles du Saint-Esprit, la plus florissante des congrégations bretonnes, elle doit son existence à l'un des premiers disciples de Poullart des Places qui leur forma un règlement sur le modèle de celui qui s'observait au Séminaire du Saint-Esprit. Poullart des Places est le plus jeune fondateur d'ordre et aussi celui qui disposa du délai le plus court pour consolider son oeuvre. Son histoire était une énigme que, grâce aux archives de l' Aa, une congrégation secrète de piété, Joseph Michel réussit à élucider. La cause de canonisation de Poullart des Places a été introduite en 1989.