
Diderot et le temps
Le rapport de Diderot au temps est profondément original : à bien des égards, il déconcerte une approche classique de son oeuvre ; à bien d'autres, il nous fait entrer d'emblée dans la profonde modernité de sa pensée et de ses pratiques d'écriture. C'est d'abord parce que le temps diderotien n'est ni seulement ni même proprement narratologique. Diderot réfléchit au temps long, se confronte à l'atemporalité pure de l'éternité théologique, s'engage dans le débat sur la postérité, médite sur les ruines, imagine la création et l'évolution des espèces. Il aime à s'installer dans la pluralité des temporalités : celle de l'ennui et celle du songe, celle de la conversation et celle de l'expérience, celle de l'imagination et celle de la poésie, celle de la peinture et celle du spectacle. Rarement chez Diderot le temps est donné de l'extérieur. Il est plutôt saisi dans le jeu entre action et réaction, et se mesure, s'appréhende alors, non sans interférences, en termes de passion, de caractère, de physiologie, de chimie, mais aussi de hiéroglyphe poétique. Dans le temps de la réaction, un report se fait : report de pensée, report d'altérité, par quoi l'oeuvre se dialogise et se défait comme oeuvre même pour devenir coopération des temporalités. Ce temps défait et projeté, fragmentaire et multiple, définit et oriente une pratique poétique qui est une herméneutique, une expérience esthétique qui est une expérience de la philosophie. C'est cette pratique et cette expérience que le présent ouvrage entend interroger.
| Nombre de pages | 324 |
|---|---|
| Date de parution | 15/04/2016 |
| Poids | 516g |
| Largeur | 160mm |
| EAN | 9791032000526 |
|---|---|
| Titre | DIDEROT ET LE TEMPS |
| Auteur | Lojkine Stéphane ; Paschoud Adrien ; Selmeci Casti |
| Editeur | PU PROVENCE |
| Largeur | 160 |
| Poids | 516 |
| Date de parution | 20160415 |
| Nombre de pages | 324,00 € |
| Disponibilité | Sur commande en 4-6 jours |
Pourquoi choisir Molière ?
Du même auteur
-

L'écran de la représentation
Lojkine StéphaneL'écran se manifeste dans l'œuvre d'abord comme un objet concret : main sur un visage, voile devant une gorge, rideau de théâtre ou ciel de lit, paravent, porte entrebâillée, l'objet implique une mise en espace du texte, une formalisation du regard, l'installation d'un dispositif. L'objet concret révèle alors un jeu théorique fondamental : ce qui est caché, ce n'est pas ce qui se trouve immédiatement là derrière, c'est le processus même et les enjeux de la représentation. Si l'historien des brouillons et des archives achoppe face à l'énigme de la représentation, c'est que l'œuvre occulte nécessairement, ou déplace, les enjeux profonds qui l'ont motivée : quelque chose, au cœur de l'œuvre, fait écran. L'écran qui est représenté concrètement dans l'œuvre renvoie au processus abstrait de ce qui fait écran dans la représentation. Ce livre cherche à articuler ces deux niveaux, matériel et spatial d'une part, théorique et symbolique d'autre part. Selon les œuvres et les époques, les mêmes objets ne font pas écran de la même façon : coupure, enveloppe, projection, superposition, les déclinaisons de l'écran dessinent une histoire de la représentation.Sur commande en 6-8 joursCOMMANDER45,50 € -

L'oeil révolté. Les Salons de Diderot
Lojkine StéphaneLes expositions organisées tout au long du XVIIIe siècle dans le Salon carré du Louvre par l'Académie royale de peinture et de sculpture connurent un succès public qui propulsa la peinture française à la tête du mouvement artistique européen, jusque-là dominé par l'Italie. Diderot, qui rédigea les comptes rendus de ces "Salons" à partir de 1759, en a été le témoin privilégié. Après avoir suivi Diderot au Salon et décrit sa manière de visiter puis d'écrire, ce livre analyse la nouvelle relation esthétique qui se constitue entre le spectateur et l'?uvre d'art à la faveur de ces expositions. L'?il de Diderot hérite d'une conception académique de la composition comme disposition de figures : ce que l'on voit est d'abord de la géométrie. Diderot superpose à cette géométrie une nouvelle vision, centrée sur le choix du moment de l'histoire à représenter. Il s'agit dès lors de faire bouger mentalement les figures dans le film des événements, jusqu'à arrêter la scène au moment idéal visuellement : la peinture n'est plus affaire de composition et de géométrie, mais de scène et de dispositif. Lorsqu'il s'attelle aux Salons, Diderot sort d'une expérience théâtrale difficile : il y a puisé une théorisation révolutionnaire de la scène dramatique, qu'il va importer dans l'espace pictural. Le "quatrième mur" qui interdit aux acteurs de s'adresser au public devient une injonction aux peintres : non pas montrer, mais laisser voir. Voyeurisme et effraction deviennent alors les postures privilégiées du spectateur face à la toile. Cependant, le modèle de la scène entre lui-même en crise. Diderot cherche alors à le dépasser et à penser le dispositif de la représentation picturale comme le dispositif même de la pensée.EpuiséVOIR PRODUIT33,50 € -

Image et subversion
Lojkine StéphanePostulant que l'image est le support fondamental de la représentation et des processus primaires de la pensée, ce livre construit à la fois une nouvelle méthode d'analyse des textes et des images et une modélisation de la représentation fondée non plus sur la structure, mais sur le dispositif. Le dispositif est d'abord envisagé de la façon la plus concrète, avec ses paravents, ses décors, ses manteaux, faisant apparaître de façon récurrente un écran de la représentation. L'écran est l'objet et la fonction articulatoire fondamentale des dispositifs classiques de représentation. Il met en relation deux espaces (scène et hors scène) et deux modes de symbolisation, faisant du dédoublement symbolique le fondement universel de la représentation. Mais la concurrence du discours et de l'image, de l'institution et du principe symboliques, ne saurait être figée dans le face à face de deux logiques productives de sens. Chacune en fait procède de l'autre, qu'elle recycle. Le dédoublement symbolique ne se mesure donc que dans l'histoire : toute forme naît d'une parodie, toute parodie s'appuie par l'image sur un principe contre une institution, manifestant la puissance subversive de l'image. Le livre fait alterner développements théoriques et analyses d'exemples : un sonnet de Pétrarque, un tableau de Rembrandt, un conte du Cabinet des fées... La réflexion théorique emprunte beaucoup à la psychanalyse, notamment au Séminaire XI de Lacan et aux derniers écrits de Freud.EpuiséVOIR PRODUIT22,40 € -

Fictions de la rencontre. Le Roman comique de Scarron
Lojkine Stéphane ; Ronzeaud PierreOn ne raconte pas d'histoire, on ne représente pas de scène sans rencontre: nul doute que la rencontre constitue l'une des matrices les plus riches de la topique romanesque. Mais que doit-on précisément entendre par "rencontre"? L'étude du Roman comique de Scarron, qui en décline toutes les variations de l'amour le plus pur au burlesque le plus cocasse, permet de s'interroger sur une notion beaucoup plus complexe qu'elle n'en a l'air. A côté des classiques scènes de rencontre amoureuse, de première rencontre, on voit alors surgir des rencontres d'animaux et d'objets, mais aussi des rencontres de mots et, au-delà, de cultures. Il ne s'agit ici ni de jouer sur le mot, ni simplement d'établir une classification, mais de réfléchir à l'interaction de ces niveaux de la rencontre, qui constitue un dispositif fictionnel d'une redoutable efficacité. Le Roman comique se trouve ainsi éclairé d'un jour nouveau, où la physique d'Aristote et de Descartes, la circulation du théâtre au roman, l'agencement de la matière espagnole, le traitement distancié de l'héritage pétrarquiste et baroque, le passage à l'image par l'illustration, prennent sens non seulement comme moment de l'histoire littéraire française, mais comme creuset théorique de la fiction.EpuiséVOIR PRODUIT22,00 €
Du même éditeur
-

L’archéologie de l’architecture au service des monuments. Connaître, conserver, transmettre
Excoffon Pierre ; Taffetani ClaudioCet ouvrage explique le rôle de l'archéologie du bâti dans la compréhension des édifices anciens et l'aide aux projets de conservation et de médiation culturelle. A l'occasion du XIIIe colloque international d'histoire et d'archéologie de Fréjus, chercheurs, architectes, conservateurs et acteurs du patrimoine se sont réunis autour d'une même interrogation ? : comment mieux connaître, conserver et transmettre le patrimoine bâti ?? Consacré à l'archéologie de la construction et à son application à la conservation et la valorisation du patrimoine bâti, cet ouvrage met en lumière une discipline qui, en permettant de comprendre les techniques de construction et les transformations successives des édifices à travers le temps, renouvelle profondément l'étude des monuments anciens. A travers des exemples couvrant des périodes allant de l'Antiquité à l'époque moderne, les contributions réunies ici montrent combien la recherche archéologique constitue aujourd'hui un outil essentiel au service de la restauration, de la valorisation et de la médiation du patrimoine. Entre enjeux scientifiques, techniques et culturels, ce volume, qui articule théorie, terrain et enjeux actuels d'aménagement, illustre la richesse du dialogue entre archéologues, architectes, restaurateurs et médiateurs, au service d'une meilleure compréhension et d'une meilleure transmission des monuments historiques, en France comme à l'étranger.PréventePRÉCOMMANDER40,00 € -

Corps peuplés d'images, corps peuplant l'image. Interrogation par la vidéo
Beyrouthy DamienCet ouvrage explore comment l'art actuel, plus spécifiquement vidéo, permet d'interroger le rapport entre corps et images. La partie I décline les modalités d'influence de l'image et permet de remarquer que l'humain actuel est peuplé d'images. La partie II met en regard corps sensible et corps représenté à travers les traces fluctuantes du référent dans la représentation vidéo afin d'explorer le corps rêvé. La partie III montre le jeu entre la liaison et la déliaison du corps représenté avec le décor.Sur commande en 4-6 joursCOMMANDER29,00 € -

Transmettre l’émotion en chanson, corps et âme
Abbrugiati Perle ; Borel Donatienne ; Erard Yves ;Comment analyser l'émotion que fait naître une chanson ?? Ce volume examine les phénomènes intimes et collectifs qui font de la chanson un vecteur si puissant. Etrange pouvoir que celui de la chanson, sorte d'énigme qu'on est heureux de ne pas comprendre. Malgré tout, on peut poser l'hypothèse que l'émotion qu'une chanson déclenche n'est pas irréductiblement mystérieuse, et chercher à rendre compte de ce qui l'engendre ou de ce qui l'empêche. Comment l'émotion naît-elle du lyrisme d'un texte, de la courbe d'une musique, du subtil ou du grandiose de son arrangement, du grain d'une voix ?? Qu'est-ce qui touche le plus l'auditoire, une esthétique de l'emphase ou de la retenue ?? D'où vient le surcroît d'émotion ressenti en concert, au cinéma, ou lors d'une comédie musicale ?? A travers des exemples précis et divers, on s'interroge ici sur la part de l'authenticité et celle de la mise en scène, de l'orchestration, bref du travail, dans l'émotion partagée entre chanteur et public. L'émotion est-elle spontanément emphatisée, ou bien manipulée, dans un cadre collectif ?? Quel rôle faut-il accorder aux costumes, postures, chorégraphies, éclairages, écrans, décors ?? Comment l'émotion est-elle manifeste dans le corps de l'artiste et dans les corps des spectatrices et spectateurs, au travers de réactions qui peuvent aller jusqu'à la transe émotionnelle ?? Bref, comment "? faire corps ? " et comment "? faire âme ? " en chanson ?? Comment se créent les émotions, comment les déclencher, les intensifier, les prolonger ?? Et quels garants éthiques, politiques, épistémologiques l'émotion se donne-t-elle pour assurer sa légitimité? ...PréventePRÉCOMMANDER33,00 € -

Mes plus belles histoires de signes
Delaporte YvesAboutissement de 34 ans de recherche en ethnologie et en linguistique, cet ouvrage illustré analyse la langue des signes et ses variations régionales. Les recherches sur la langue des signes conduisent à poser d'innombrables questions. Pourquoi à Paris le signe ORANGE, et au Brésil le signe VAGIN, se font-ils sur le front ?? Pourquoi le nom signé d'Armand Pelletier, le charpentier sourd et muet dont la vie a été contée ailleurs, se fait-il de deux manières différentes, sans que personne ne semble s'en apercevoir ?? Comment est-il possible qu'à Arras et à Nogent-le-Rotrou, FRERE et SOUR soient un seul et même signe ?? Le spectaculaire signe BRAVO que l'on voit aujourd'hui se répandre sur toute la planète vient-il de France, comme le pensent les Américains, ou bien d'Amérique, comme le croient les Français ?? Comment une jeune femme sourde a-t-elle pu découvrir l'origine de l'étrange signe VIOLET au cours d'un rêve ?? Et si les langues des signes ne présentent pas, ou presque pas, d'homonymes, comme on l'entend souvent dire, comment se fait-il que l'auteur les ramasse à la pelle ?? C'est à ces questions, et à cent autres, que ce livre s'efforce de répondre. L'auteur entraîne ses lecteurs sur un sujet jusqu'à présent complètement négligé? : la variation régionale des signes. Cette notion est aussi vertigineuse que fondamentale, impliquant celles d'évolution et de divergence, faisant se rejoindre la géographie et l'histoire, l'espace et le temps.PréventePRÉCOMMANDER33,00 €
