Une jeune Française installée à Berlin se trouve dans l'obligation de rentrer à Paris pour assister aux funérailles de son père, un important marchand et collectionneur d'art. La jeune femme profite, durant les jours précédant l'enterrement, de sa rencontre avec un groupe de jeunes touristes coréens pour renouer avec la ville où elle a grandi. Leur enthousiasme vient contraster avec son approche désenchantée de la culture en son ensemble. Les points d'attraction culminants du parcours (la maison de Marcel Proust, une pièce de Brecht, la Bibliothèque Nationale...) ne sont pour la jeune fille que les fossiles d'un art autrefois vivant. L'animosité qu'elle éprouve pour un père qui exploita la valeur marchande de l'art et la lassitude que représente pour elle l'exploitation d'une culture vidée de sa substance, pourront-elles être vaincues par l'essor que lui insuffle l'oeil neuf que portent sur l'art ses compagnons de fortune ? L'art ainsi doublement embaumé (à travers le corps de son père et à travers sa récupération par la ville de Paris) peut-il connaître à ses yeux une forme de résurrection ? Au fil de ce livre construit sous forme de brefs paragraphes, dans lesquels différentes voix s'enchevêtrent, la narratrice nous entraîne dans une déambulation caustique à travers les rues de Paris livrées aux touristes. Avec un sens de l'observation et de la satire particulièrement aigu, Hélène Ling se livre, loin de toute nostalgie passéiste, à une critique radicale de la culture moderne, sans que jamais la théorie ne vienne entraver le fil romanesque de son récit.
Date de parution
29/03/2006
Poids
155g
Largeur
100mm
Plus d'informations
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EAN
9782844852113
Titre
LIEUX-DITS
Auteur
LING HELENE
Editeur
ALLIA
Largeur
100
Poids
155
Date de parution
20060329
Disponibilité
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Il suffit au narrateur de reconnaître dans un café le célèbre artiste plasticien, Simon Veyne, pour faire resurgir dans son sillage tous les malentendus qui ont émaillé leur brève amitié née dans les années 70. Du canal Saint-Martin jusqu à l hôpital Saint-Louis et autour de la figure de Michèle, se défont peu à peu les rébus du souvenir de leurs relations à trois, des illusions de l enfance à celles de mai 68, du charme de la bohème à ceux du mécénat industriel; entre confidences faussées et impasses amoureuses se précise l énigme du personnage et celle, selon son ancien ami, de son éclatante imposture. C est donc au narrateur, historien de profession, qu il revient de cerner les différentes facettes du souvenir, de sonder le mystère qu incarne aujourd hui encore la figure de l artiste. Tour à tour introspectif et mordant, toujours sur le fil aigu du dévoiement des apparences, le récit se teinte volontiers du lyrisme ironique des éducations sentimentales. Mené sur le terrain de l art contemporain, propice à toutes les feintes, il ne s agit pourtant que de céder les yeux ouverts et une dernière fois peut-être, à la permanence de son étrange pouvoir de suggestion.
Face au vertige de l'oubli et de l'exil qui s'est emparé de sa mère, atteinte d'Alzheimer, l'auteur tente une percée vers les lieux du souvenir. Elle y évoque le Paris des années 70, et au-delà, la famille du patriarche à Taiwan et à New York, où elle mesure son héritage, rejeté ou perdu. Mais la traversée de la mémoire se mêle intimement à l'imaginaire et donne lieu à ses propres récits. L'autoportrait se tisse alors de roman noir, et surtout, de western, où les doubles de l'héroïne mènent leur vie parallèle. Le scénariste d'un film s'y heurte, de beaucoup trop près, à la mafia chinoise. Et surtout, l'Indienne cherokee se retrouve déportée en 1839 vers l'Oklahoma. Image de la femme marginale sur un autre continent, elle aussi, comme la mère taïwanaise, poursuit son parcours chaotique vers un Ouest intime et sauvage. A travers ces portraits de femmes, fortes et vulnérables, Hélène Ling se demande plus généralement, dans un style habité et puissant, comment survivre à nos origines.
Quelle place occupe encore la littérature à l'ère du capitalisme tardif ? Sans jamais céder à la veine du pamphlet, cette étude engagée et documentée, inédite par sa forme comme par son ambition, démontre avec une perspicacité aiguë combien, depuis plusieurs décennies, est à l'oeuvre un processus d'aliénation des productions livresques à la nouvelle " économie de l'attention ", menaçant l'autonomie du champ littéraire et de ses formes propres de légitimation. Hyperconcentration éditoriale entre les mains de quelques mégagroupes, prolétarisation accrue du statut des acteurs du livre, dépréciation symbolique de l'écrivain, formatage commercial de la notion de style, redéfinition horizontale du rapport à la lecture, emprise inquiétante des réseaux sociaux sur la critique : tous ces phénomènes, ici finement analysés, participent à une entreprise générale de dissolution de l'idée même d'écriture dans " la temporalité du produit culturel ". Par-delà ce sombre constat, les autrices rappellent l'horizon vivant d'une littérature aux prises avec la langue et les métamorphoses de l'Histoire, qui continue d'oeuvrer en silence à travers le filtre médiatique de l'époque.
Touch is our fi rst sense. Through touch we make art, stake a claim to what we own and those we love, express our faith, our belief, our anger. Touch is how we leave our mark and find our place in the world; touch is how we connect. Drawing on works of art spanning four thousand years and from across the globe, this book explores the fundamental role of touch in human experience, and offers new ways of looking. In a series of lavishly illustrated essays, the authors explore anatomy and skin; the relationship between the brain, hand, and creativity; touch, desire and possession; ideological touch; reverence and iconoclasm. A final section collects a range of reflections, historic and contemporary, on touch. Objects range from anonymous ancient Egyptian limestone sculpture, to medieval manuscripts and panel paintings, to devotional and spiritual objects from across the world, to love tokens and fede rings. Drawings, paintings, prints and sculpture by Raphael, Michelangelo, Rembrandt, Carracci, Hogarth, Turner, Rodin, Degas, and Kollwitz are explored, along with work by contemporary artists Judy Chicago, Frank Auerbach, Richard Long, the Chapman Brothers, and Richard Rawlins. The events of 2020 have made us newly alive to the preciousness and the dangers of touch, making this exploration of our most fundamental sense particularly timely and resonant.
Voici quelques mois, Jean François Billeter a perdu Wen, son épouse. Face à ce drame, l'auteur a décidé de faire oeuvre utile, de partager les sentiments qui l'ont traversé et les observations qu'il a pu faire dans cette période agitée. Dans ce récit entre confession et journal de bord, il décrit les "opérations salvatrices" qui se produisent en lui au fil du temps. Mais ces observations ne touchent ni la seule personne de l'auteur, ni celle de son épouse en particulier, mais quiconque se trouve confronté à une telle situation. De tels bouleversements sont riches en enseignements : ils nous apprennent "de quoi nous sommes faits". A la précision de l'observation s'ajoute la clarté du style, dans cet ouvrage qui répond à la nécessité de partager une expérience intime à caractère universel.
Mahomet eut beau vouloir relever, en théorie, la condition du sexe dont les charmes ont agi si profondément sur sa sensibilité poétique, en dépit de ses intentions, l'islam la dégrada. Il a protégé les femmes contre l'agression de l'homme, mais il les a étouffées en rendant difficile l'échange entre elles et la société qui les entoure, et par là, il leur a ôté es moyens mêmes d eprofiter de cette protection". Mansour Fahmy
En 1881, le professeur Lacassagne réalisait une enquête consistant à relever et classer les tatouages sur des criminels. Ce document précieux constitue la seule trace qui nous reste de cet art de l'éphémère. Le tatouage, c'est l'autobiographie de ceux qui ne savent pas écrire : première femme aimée, amant disparu, mère adorée, tous se retrouvent inscrits, à fleur de peau. La présente anthologie, présentée par Philippe Artières, offre l'enquête du professeur Lacassagne proprement dite, qui constitue une véritable typologie des différentes sortes de tatouages (soldats, prisonniers, marins, prostituées, etc.), accompagnée de remarques sur les individus qui les arborent, ainsi que plusieurs "vies de tatoués", où l'on apprend les péripéties, le plus souvent criminelles qui se rattachent à ces inscriptions, et enfin la reproduction d'une cinquantaine de tatouages choisis parmi les plus extraordinaires.