L'ouvrage que nous présentons ici est, à bien des égards, sans précédent, tant par la gravité des événements qu'il relate que par l'exhaustivité de ses comptes rendus ou encore le caractère potentiellement explosif de son contenu. Ce livre se compose de transcriptions complètes ou partielles de centaines de documents détaillant le processus de prise de décision au plus haut niveau pendant les événements fatidiques du printemps 1989 à Pékin. Non seulement cet épisode compte parmi les plus importants de l'histoire de la Chine communiste, mais personne au monde - y compris en Chine - n'a jamais eu accès à une description aussi précise des hautes sphères de la politique chinoise à aucune période de l'histoire du pays. [...] Dans les Archives de Tiananmen, nous voyons comment la dynamique du factionalisme en Chine combine les liens personnels et les intérêts de pouvoir avec les vraies questions politiques et idéologiques. Zhao Ziyang et Li Peng ont tous deux leurs protecteurs parmi les Anciens ainsi que leurs partisans et leur brain-trust tant dans leur propre génération et au sein de la prochaine génération de dirigeants. Ce qui cristallise ces liens personnels en factions politiquement significatives, ce sont des dilemmes politiques intrinsèques à la transition de la Chine d'un système maoïste ayant échoué vers un avenir mal défini. Le conflit auquel nous assistons ici est une lutte dramatique concernant des choix difficiles qui aboutissent à des divergences d'opinion justifiées. [...] Les documents du type de ceux qui sont présentés dans cet ouvrage ne sont accessibles qu'à une poignée de personnes en Chine. Le compilateur a pu les obtenir et s'est vu confier par d'autres réformateurs la tâche de les faire passer dans le domaine public afin de défier l'histoire officielle selon laquelle Tiananmen a été la répression légitime d'une émeute violente contre le gouvernement
Dans la civilisation chinoise, le culte de la mémoire prend souvent des formes qui n'accordent pas aux constructions prestigieuses des temps révolus la même déférence que celle qui a conduit l'Europe moderne à inventer la notion de patrimoine. Le livre de Zhang Liang s'attache à dévoiler et à comprendre les liens profonds et originaux qui unissent les Chinois à leur architecture ancienne et au patrimoine national. L'auteur, à travers des exemples historiques prestigieux et des analyses précises de cas de restauration urbaine, trace une histoire vivante des rapports conflictuels qui ont opposé, durant tout le vingtième siècle, les défenseurs d'une conservation rigoureuse du patrimoine architectural chinois et les " modernes " qui, poussés par la ferveur politique, ont préféré sacrifier les traces du passé pour mener la Chine vers le futur. Evoquant des figures importantes comme Zhu Qiqian ou Liang Sicheng, l'auteur nous montre le long combat, plus que jamais d'actualité pour Pékin, pour la défense et le respect des constructions anciennes et la reconnaissance d'un urbanisme modéré sachant adapter les caractéristiques architecturales traditionnelles aux exigences de l'urbanisme moderne.
Portée par un souffle romanesque exceptionnel, unemagnifique saga où se mêlent l'opium, la sueur et les larmes.De la Chine impériale au quartier chinois de Vancouver, ledestin bouleversant d'une famille en quête d'une vie meilleuresur les riches terres américaines. Vingt-quatre heures. C'est letemps qu'Emmy Smith, sociologue canadienne, pensait resteren Chine. Venue régler une simple affaire de succession, ellene soupçonne pas la valeur de l'héritage légué par son aïeul:une histoire extraordinaire et tragique. Celle de ses ancêtres.La sienne, aussi. A seize ans, le jeune Fang Defa n'a qu'un seulrêve: quitter sa misérable vie de paysan pour rejoindre laMontagne d'Or, en Amérique du Nord. Mais, arrivé àVancouver, la réalité le rattrape: nulle trace de l'utopiquemontagne. Ici comme ailleurs, l'argent se gagne dans ladouleur et les privations. Ouvrier sur la ligne de chemin de ferdu Pacifique, puis blanchisseur, Fang est prêt à tous lessacrifices pour subvenir aux besoins de sa famille restée enChine. Son obsession: réunir les siens au Canada. Un voeuque l'Histoire n'aura de cesse de mettre à mal...
Sissi, une petite fille à couettes, reste assise immobile et silencieuse sur un banc dans un parc public. Autour d'elle, tout n'est que mouvement, jeux et gaieté. Tout à tour, des enfants se demandent pourquoi elle ne bouge pas. C'est alors q'un homme s'approche d'elle pour la féliciter d'être un modèle parfait. Tout s'éclaire ! Sissi, sage comme une image, pose pour un peintre !
Elles étaient vingt-deux et se prénommaient Simone, Marcelle, Gilberte, Emilienne, Jeanne... Yvonne, la plus jeune, avait 19 ans, Marie, la doyenne, 59. Détenues à la prison des Tourelles, dans le 20e arrondissement de Paris, elles sont mortes asphyxiées ou brûlées vives dans l'incendie de leur dortoir, dans la nuit du 30 au 31 juillet 1947. Toutes de milieux modestes, souvent seules, mères de famille veuves ou divorcées se débattant dans les innombrables difficultés d'un après-guerre où régnait la pénurie, elles étaient devenues délinquantes davantage par nécessité que par malhonnêteté. A côté de celles-là, quelques-unes étaient poursuivies pour un délit désormais rayé de notre Code pénal, mais encore lourdement sanctionné à l'époque, l'avortement. Pour reconstituer ce fait divers authentique, qui en son temps bouleversa l'opinion et souleva d'abondantes polémiques, Jean- Claude Demory s'est plongé dans les archives de la Justice, de l'Administration pénitentiaire, de la préfecture de police, des sapeurs-pompiers de Paris, et dans la presse de l'époque. Près de quatre-vingts ans après leur mort, il était temps de ressusciter la mémoire de ces "vingt-deux femmes sans importance".
En 1940, la France capitule. En 1941, Jacques Lusseyran, alors qu'il est aveugle et n'a pas 18 ans, entre en résistance en rejoignant le mouvement Défense de la France. " Le 20 juillet 1943, il est arrêté par la Gestapo, interrogé pendant des jours interminables et enfermé à Fresnes. Il sera déporté en 1944 à Buchenwald. " Comment un aveugle peut-il survivre à cet enfer ? Grâce à la protection d'un groupe de Russes et à sa connaissance de l'allemand qui lui permettra d'informer les autres déportés des agissements des S.S. Après un an et demi d'horreur, il est libéré et revient en France où il poursuivra ses études en affirmant ses aspirations littéraires balayées par la guerre. Jacques Lusseyran deviendra un brillant conférencier et enseignera la littérature française dans différentes universités américaines. En 1971, il meurt dans un accident de voiture. Il a alors 47 ans. Cette autobiographie est un exceptionnel exemple d'amour de la vie, de courage et de liberté intérieure face à l'adversité.
Odile de Vasselot a 18 ans lorsque les Allemands envahissent la France. Convaincue dès le début du conflit de la nécessité de résister, elle est orientée vers des réseaux qui, bien qu'animés en grande partie par des civils, ont des objectifs militaires. A partir de 1942, elle est mise en contact avec deux vastes réseaux antinazis oeuvrant en Belgique, en France et en Espagne. Odile de Vasselot est d'abord agente de liaison pour le service de renseignement Zéro, puis sert, au sein du réseau Comète. comme convoyeuse de pilotes anglais rescapés des batailles aériennes, des opérations à haut risque et très mouvementées menées depuis le territoire belge. C'est en brossant le portrait de ses compagnons d'armes portés par leur courage, leur modestie et leur ténacité que l'autrice nous fait revivre une phase essentielle de la Résistance.
Résumé : Modernité hermaphrodite aborde près de deux siècles de l'histoire de ceux qu'on appelait jusqu'au début des années 2000 les hermaphrodites, qui, pour beaucoup, aujourd'hui préfèrent adopter la dénomination d'intersexes. Il commence au moment où pendant la seconde moitié du XVIIIe siècle les savants, anatomistes, philosophes, mythologues, artistes, littérateurs et érudits éclairés leur ont accordé un intérêt méthodique et symbolique particulier, et se termine au début du XXe siècle lorsqu'on a commencé à vouloir faire disparaître leurs anatomies sous les scalpels des chirurgiens. L'attention toute particulière qu'accorde Johann Wickelmann, père de l'histoire de l'art, aux hermaphrodites en fait le symbole du beau idéal, transcendant l'anatomie des deux sexes au travers d'un individu, jusqu'au XXe siècle où les mutilations quasi systématiques de ce qui représente, dès la naissance, un tabou médical et social deviennent la norme. Magali Le Mens met en lumière les paradoxes et les conséquences de la confusion entre une population bien réelle et tout l'imaginaire qu'elle véhicule.