José Lezama Lima (1910-1976) est le penseur latino-américain quia accompagné son temps et épousé son pays, Cuba, au point que son ami Cintio Vitier parlait de lui comme de " l'homme qui pénètre et rend la terre transparente ". Son roman Paradiso est une somme théologale ; ses poèmes restent à ce jour des oracles énigmatiques quoique tous ses lecteurs pressentent qu'ils fondent un nouveau classicisme ; sa conversation était socratique, ses premiers disciples militants furent Cortazar et Severo Sarduy. Octavio Paz lui témoigna sa révérence et, depuis, son enracinement dans l'universel ne cesse de s'approfondir ; il était conscient de sa puissance et disait : " Je comprends de vastes journées depuis le germe jusqu'à l'accouchement que la rhétorique apaise. " Dans L'Expression américaine, par un parcours chronologique qui met en lumière des faits et des individus généralement ignorés, depuis l'origine de Pachacamac jusqu'à Gershwin, c'est le rapport entre l'Europe et l'Amérique qu'il cerne, annulant la malédiction culturelle propre à chacun des deux continents : les uns sont rachetés de leurs abus de pouvoir, les autres sont sauvés de la honte, de l'impuissance. Le mariage heureux autour du banquet de la culture trouve enfin son couronnement au niveau de la théorie, selon ce qu'il appelle " l'éros connaissant " ou le " système poétique du monde " . Le groupe de créateurs aimantés par Lezama avait pour nom Origenes ; L'Expression américaine est la trace d'un geste collectif qui, par excellence, " ne cherche pas à formuler un programme, mais à lancer les flèches de son propre sillage " , parce qu'elle repose sur la conviction que " le peuple est une substance qui se projette dans le Temps ".
Nombre de pages
219
Date de parution
01/11/2003
Poids
300g
Plus d'informations
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EAN
9782747512022
Titre
L'expression américaine
ISBN
2747512029
Auteur
Lezama Lima José
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
0
Poids
300
Date de parution
20031101
Nombre de pages
219,00 €
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Dans ce livre qui peut être lu comme un essai sur la littérature, un manuel de philosophie, une traversée des grandes mythologies et des voies du sacré, Lezama Lima jette les bases d'un système poétique multiforme qu'il développera notamment dans PARADISO (Seuil, 1972) et dans DADOR (Flammarion, 1981). Suivant la tradition de La Fontaine qui partait du principe que le poète est un polyphile - un "amateur de toutes choses" - Lezama est un écrivain aux lectures variées et voluptueuses qui cache derrière cette apparente dispersion des lectures ce qu'il appelle une "dévorante anxiété d'intégration dans l'unité, dans le miroir, dans l'eau fluide et stagnante". "Savoir qu'à tout moment quelque chose vient nous compléter et qu'en élargissant sa respiration on trouve un rythme universel", tel est bien le postulat avancé dans ce livre. En effet, qu'il s'agisse de la mythologie égyptienne ou du Yi-King, des alchimistes chinois ou de la raison mythologique de Vico, de la bibliothèque comme dragon de Confucius ou du serpent de Don Luis de Gángora, c'est, pour reprendre le mot de Valéry, à une véritable fête de l'intelligence que nous sommes conviés. Deux vases correspondent à la période de l'influence homérique dans l'orphisme lors de la descente d'Ulysse aux sombres Enfers. Le premier est à Munich et le second, contemplé par Rilke, à Naples. Ces deux vases donnent le titre à cet essai sur 1'"infini possible de l'être" ou: comment lier métaphysique et poésie...
Voici la somme de toute une ?uvre et de toute une vie, celle de José Lezama Lima, l'un des plus grands représentants du baroque latino-américain. Avec Paradiso, il nous donne en même temps qu'une fiction pure (les enchevêtrements entre les péripéties des différents personnages et une mouture du narrateur lui-même), un traité de théologie, une vertigineuse suite d'images poétiques, une érudite réinvention de l'écriture et finalement, un document sur La Havane des années quarante et cinquante, lorsque s'amorcent les premiers soubresauts révolutionnaires. Ce livre, sans nul doute un des plus fondateurs de la littérature sud-américaine d'aujourd'hui, représente une magnifique ouverture sur l'universel métissage des cultures.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...