Dans l'article qui révéla la pensée de Levinas au public philosophique, Jacques Derrida a écrit à propos de Totalité et Infini (paru en 1961) que le développement des thèmes n'y était "ni purement descriptif, ni purement déductif. Il se déroule avec l'insistance infinie des eaux contre une plage : retour et répétition, toujours de la même vague, contre la même rive, où pourtant chaque fois se résumant, tout infiniment se renouvelle et s'enrichit." Ainsi pourrait-on rendre compte de l'ensemble de l'oeuvre d'Emmanuel Levinas qui, d'articles en articles et d'articles en recueils, élabore son "éthique" comme philosophie première. La pensée initiale de l'infini (venue de Descartes et de Husserl) s'enrichit chez Levinas de déterminations esthétiques, linguistiques et politiques. Des concepts inédits sont abordés par le philosophe : la fatigue, le visage, la trace. Non seulement le temps, le langage mais aussi l'espace, le sujet, la femme se trouvent remodelés selon cet altruisme sans faille qui est la marque même de la pensée de Levinas. "Le sujet qui parle ne situe pas le monde par rapport à lui-même, ne se situe pas purement et simplement au sein de son propre spectacle, comme l'artiste, mais par rapport à l'autre."
Nombre de pages
320
Date de parution
12/10/1993
Poids
219g
Largeur
108mm
Plus d'informations
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EAN
9782080812964
Titre
L'intrigue de l'infini
Auteur
Levinas Emmanuel
Editeur
FLAMMARION
Largeur
108
Poids
219
Date de parution
19931012
Nombre de pages
320,00 €
Disponibilité
Epuisé
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La pensée d'Emmanuel Lévinas a d'emblée été connue des philosophes et des universitaires, dès son premier ouvrage, La théorie de l'intuition chez Husserl, en 1930. Avec " Totalité et Infini " (en l963), il fut reconnu comme un innovateur puissant et originel pour son développement de la phénoménologie. Pourtant, plus récemment, l'immense intérêt du public pour Lévinas s'est déplacé, plutôt, vers les conséquences ou les marges de son projet initial. Ce déplacement a sa légitimité, prouvant au moins la pertinence politique et religieuse de la parole la plus conceptuelle. Mais il nous a semblé aussi légitime, voire urgent, de restituer l'enjeu original de l'initiative de Lévinas : poursuivre la phénoménologie de Husserl, non pas en la déployant vers la question de l'être (comme le fit Heidegger), mais en lui assignant l'éthique comme philosophie enfin première. Bref, Lévinas fut d'abord un phénoménologue et apparaît aujourd'hui de plus en plus comme tel. Cinq textes inédits ou difficiles d'accès de Lévinas et treize études de phénoménologues ou d'historiens de la philosophie moderne permettent, ici, d'évaluer quel apport intime unit Lévinas au nouveau commencement que Husserl entreprit de donner à la philosophie. J.- L. M.
Le temps est-il la limitation même de l'être fini ou la relation de l'être fini à Dieu ? Relation qui n'assurerait pas pour autant à l'être une infinitude opposée à la finitude, pas une auto-suffisance opposée au besoin, mais qui, par-delà satisfaction et insatisfaction, signifierait le surplus de la socialité. Le temps et l'autre pressent le temps non pas comme horizon ontologique de l'être de l'étant, mais comme mode de l'au-delà de l'être, comme relation de la pensée à l'Autre". Ce texte reproduit quatre conférences faites en 1946 et 1947, sous ce titre, au Collège de philosophie fondé par Jean Wahl, lieu d'ouverture dans lequel se retrouvait, au lendemain de la Libération, "la multiplicité même des tendances dans la philosophie vivante".
Une négation qui se voudrait absolue, niant tout existant - jusqu'à l'existant qu'est la pensée effectuant cette négation même - ne saurait mettre fin à la "scène" toujours ouverte de l'être, de l'être au sens verbal : être anonyme qu'aucun étant ne revendique, être sans étant ou sans êtres, incessant " remue-ménage ", pour reprendre une métaphore de Blanchot, il y a impersonnel, comme un "il pleut" ou un "il fait nuit". Terme foncièrement distinct du "es gibt" heideggerien. II n'a jamais été ni la traduction, ni la démarque de l'expression allemande et de ses connotations d'abondance et de générosité. (...) Il faut insister sur le caractère désertique, obsédant et horrible de l'il y a et sur son inhumaine neutralité. Neutralité à surmonter. Sortie recherchée dans ce livre. Analyses esquissées dans ce sens de la relation à autrui. E. Levinas
Les études réunies sous le titre de En découvrant l'existence avec Husserl et Heidegger reflètent la première rencontre avec la phénoménologie et attestent les espoirs des premières découvertes. Nous n'avons pas cru devoir les retoucher en les réimprimant. Même les pages qui y concernent Heidegger, relatives à Seln und Zelt - et où rien de la dernière philosophie de Heidegger n'est encore pris en considération - ont été ainsi laissées sans changement. Mais nous avons ajouté à la présente réédition quelques études récentes consacrées à Husserl sous le titre de Commentaires nouveaux. Elles traduisent une réflexion retournant fréquemment à l'oeuvre husserlenne pour y chercher des inspirations, même quand elle s'en sépare. Les notions husseriennes d'intentionnalité et de sensibilité - nullement simples, ni même dépourvues d'équivoque, ni même de mystère, susceptible d'accréditer jusqu'à l'idée d'une intentionnalité sans thématisation - nous semblent offrir des possibilités encore irréalisées. L'idée d'un conditionnement transcendantal selon lequel s'échelonnent entités, et choses - au delà (dans le culturel) et en deçà (dans le sensible) de l'acte strictement intellectuel - promet, en guise d'analyse intentionnelle, une nouvelle Façon de passer d'une idée à l'autre. Ces recherches ont enfin rendu possibles quelques autres essais sur lesquels se termine le présent recueil. Ce sont les Raccourcis, projets de cheminements plus sinueux.