Qu'est-ce qui peut venir à l'idée qui n'y soit pas déjà, en quelque façon, contenu, ou qui ne soit pas déjà à la mesure de l'idée ? Ne faudrait-il pas, pour rendre pensable l'absolu - pour trouver un sens à Dieu contester que la pensée soit coextensive à la conscience en guise d'un savoir toujours corrélatif de l'être et, dès lors, que la philosophie coïncide avec l'ontologie ? Dieu vient-il à l'esprit dans une connaissance et dans un dialogue pour s'y laisser thématiser et tutoyer, s'égalant ainsi à la pensée qui l'entreprend et qui se voudrait d'emblée " adéquation à l'être " et qui aurait déjà les intentions - et l'intentionnalité - de l'ontologie ? Ou, vouant le moi à autrui dans le visage même de l'autre homme, Dieu n'a-t-il pas sens précisément en me signifiant un ordre ? Ce livre essaie, en effet, de suggérer que le sens signifie non pas exclusivement sous la figure de signifiants - choses, signes, mots - renvoyant à des signifiés ; qu'il, signifie, plus anciennement, à partir du visage humain, comme quand on dit signifier un ordre ou ordonner. Signifiance originelle du visage perçant sans cesse ses formes plastiques et représentées qui sans cesse se referment sur la voix silencieuse ou inouïe du commandement signifié ! Eveil et dévotion suscités en guise d'un moi libéré de soi, libéré pour le prochain, même si l'on s'obstine à n'y trouver que représentation et conscience de soi.
Date de parution
03/05/2000
Poids
200g
Largeur
180mm
Plus d'informations
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EAN
9782711611201
Titre
DE DIEU QUI VIENT A L'IDEE
ISBN
2711611205
Auteur
LEVINAS
Editeur
VRIN
Largeur
180
Poids
200
Date de parution
20000503
Nombre de pages
0,00 €
Disponibilité
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Exposant les notions fondamentales de la philosophie phénoménologique de Husserl, ce livre - l'un des premiers - a contribué à le faire connaître en France. Il dégage ces notions à partir d'une théorie de l'intuition qui est une théorie de la vérité. La vérité équivaut à la manifestation - en original - par delà images et mots - des " choses elles-mêmes ", à leur apparaître " en chair et en os ". La phénoménologie serait un " retour aux choses elles-mêmes " et l'analyse de leur essentiel " se montrer ". Les notions husserliennes principales dégagées dans la présente étude - basée sur les ouvrages publiés du vivant du philosophe -, permettent d'accéder et à son ?uvre posthume, si importante, et aux recherches de l'ensemble de la pensée de notre temps, si profondément influencée dans sa problématique, ses débats et son langage, par la phénoménologie.
Voici qu'un livre extraordinaire, attestant une culture rabbinique intégrale et parfaite, est consacré à un Dieu qui se veut dépendant des humains, et à des hommes qui, dès lors infiniment responsables, supportent l'univers! Intrigue invraisemblable du religieux. Là s'inversent, sans se démentir - là s'exaltent - les rapports qui régissaient le fini. Intrigue invraisemblable en effet. Emmanuel Lévinas."
Que signifie être sujet ? À cette question difficile, Emmanuel Levinas a consacré l'essentiel d'une oeuvre jamais définitivement close. Ce texte inédit apporte un nouvel éclairage sur une pensée exigeante, témoin durable des grands événements et des grandes catastrophes qui ont décimé le XXe siècle. Levinas revient une nouvelle fois sur des questions récurrentes dans son oeuvre : l'altérité formelle, la conscience de soi, la structure éthique de la subjectivité, l'humanité de l'homme, ou encore la justice des incomparables. Mais ce qui fait la spécificité de ce texte, c'est sans doute sa tonalité plus subtilement politique, requise, écrit ici Levinas, par une Europe « qui est aussi à l'heure des bilans ».
Dans l'article qui révéla la pensée de Levinas au public philosophique, Jacques Derrida a écrit à propos de Totalité et Infini (paru en 1961) que le développement des thèmes n'y était "ni purement descriptif, ni purement déductif. Il se déroule avec l'insistance infinie des eaux contre une plage : retour et répétition, toujours de la même vague, contre la même rive, où pourtant chaque fois se résumant, tout infiniment se renouvelle et s'enrichit." Ainsi pourrait-on rendre compte de l'ensemble de l'oeuvre d'Emmanuel Levinas qui, d'articles en articles et d'articles en recueils, élabore son "éthique" comme philosophie première. La pensée initiale de l'infini (venue de Descartes et de Husserl) s'enrichit chez Levinas de déterminations esthétiques, linguistiques et politiques. Des concepts inédits sont abordés par le philosophe : la fatigue, le visage, la trace. Non seulement le temps, le langage mais aussi l'espace, le sujet, la femme se trouvent remodelés selon cet altruisme sans faille qui est la marque même de la pensée de Levinas. "Le sujet qui parle ne situe pas le monde par rapport à lui-même, ne se situe pas purement et simplement au sein de son propre spectacle, comme l'artiste, mais par rapport à l'autre."
Norman McLaren oeuvre dans le domaine onirique de l'animation. David Cronenberg est maître du genre de l'horreur intérieure. Que peuvent donc partager ces deux cinéastes canadiens aux univers si distincts ? Chacun a construit une relation à long terme avec un compositeur - respectivement Maurice Blackburn et Howard Shore. D'un duo à l'autre, le musicien occupe une place centrale au sein de la création collective ; sa musique se révèle comme une composante fondamentale. Quels processus créatifs lui permettent de se déployer ? Le livre fait la lumière sur les mécanismes collaboratifs et la pensée de ces duos. Plus généralement, il établit une poïétique de la création musico-filmique, décrit et comprend les processus créateurs filmique et musical qui déterminent la composition d'une musique de film et, plus encore, une musicalité de tout le complexe audiovisuel. Du cinéma d'animation expérimental (A Phantasy) au long-métrage de fiction (Crash, A Dangerous Method) en passant par le documentaire engagé (Jour après jour), l'auteure offre un portait inédit de pratiques musico-filmiques novatrices tout en proposant de nouvelles approches analytiques pour la musique de film.
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.