L'intelligible connaissance esthétique, ce serait l'opération de déchiffrement et d'interprétation d'une oeuvre, d'un texte ou d'une image par un observateur ; une herméneutique en somme qui définit le processus, la mise en place du sentiment esthétique. Mais avant cette opération, il faut remonter à ce qui fait ce spectateur, sa psyché, les forces de son entendement, ses limites et ses résistances. Valéry s'est ainsi interrogé sur un Moi complexe (multiplex), ce qui le fonde et le constitue. Et avant lui Nietzsche, plus préoccupé qu'on veut bien le croire de Naturphilosophie, de psychologie expérimentale, de biologie, d'embryologie, de thermodynamique, de physique et de mathématiques non-linéaires. Son Eternel retour modélise d'une certaine façon, au su de ces diverses sciences, l'instrument d'un tel déchiffrement ; rejoignant en cela les neuro-scientifiques (et physiciens) contemporains. La leçon qu'on peut en tirer : il n'est d'autre connaissance que celle qui s'ancre dans une vision transdisciplinaire, et forcément réflexive.
Nombre de pages
156
Date de parution
06/01/2010
Poids
170g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782296106987
Titre
L'intelligible connaissance esthétique
Auteur
Lestocart Louis-José
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
170
Date de parution
20100106
Nombre de pages
156,00 €
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D'où naissent les formes ? Et, au-delà, qu'est-ce que l'acte de percevoir, de penser, d'écrire ou de créer et surtout d'interpréter ? La science, depuis Aristote et Leibniz, s'est beaucoup penchée sur la question de la naissance des formes (Goethe, Darcy Thompson, Turing, Thom, Prigogine, Crutchfield). Ces études ont été à la fois à l'origine de nouvelles techniques et de nouvelles pensées - comme la science des systèmes, l'auto-organisation -, et de nouvelles valeurs fondamentales (rétroaction, récursivité, downward causation). Ces découvertes prenant leur essor à la fois dans le champ mathématique, physique, informatique, biologique et épistémologique, ont cependant très tôt côtoyé des préoccupations esthétiques. Tout au long de l'histoire du XXe siècle, des artistes aussi différents que Duchamp, Kandinsky, Valéry, Schwitters, Cage, Rauschenberg, jusqu'à des artistes plus récents, se sont nourris à ces découvertes ou, même, quelques fois, les ont anticipées. C'est cette histoire qui veut être contée ici. Elle s'entend via la Complexité et ses formes d'émergences. L'enjeu étant de tracer l'idée d'une inséparabilité, au moins épistémologique, entre Art et Science : Unitas multiplex selon Valéry.
Essai sur les Figures de l'Esprit entend fixer l'invention au centre de la réflexion et du discours. Il cherche à battre en brèche la doctrine cartésienne dont souffrent encore le cognitivisme académique et réductionniste, et la philosophie. Et vise à instaurer une vision " dynamique ", " constructiviste " de la pensée. Cette culture non linéaire s'ancre dans l'ingenium (invention), la phantasia (imagination) et la métaphore, qui règlent la naissance des formes. Elle n'enveloppe pas seulement les sciences de la cognition, mais recouvre aussi bien questionner philosophique, biologie, art, science des systèmes, qu'apprentissage des enfants. Ce livre rend aussi compte de l'approche non-réductionniste des années 1970-1980, en partie basée sur la redécouverte de la phénoménologie allemande et française. Approche dite située (situated) ou incarnée (embodied) où l'entendement humain ne se réduit pas, comme le dit l'Intelligence Artificielle, à celui d'un " expert ", apte à " résoudre tous les problèmes ". Mais provient directement du corps, s'adaptant, par phases, à l'environnement. De cette invention naît l'interprétation du monde, et également la création.
Pasolini serait-il baroque ? Ses thèmes (dédoublement, leitmotivs du Narcisse et du miroir, théâtralité, mise en abîme, réflexivité...), démontrent une complexité inattendue au sein d'une oeuvre tendant vers l'infini, et nécessairement inachevée, en un questionnement à la fois existentiel et sacré.
L'ouvrage retrace la genèse des études sur les systèmes dynamiques auto-organisateurs (Ashby, Von Foerster, Prigogine, von Bertalanffy) et leurs applications en neurosciences et sciences cognitives. Réalisées aux Etats-Unis en particulier, ces dernières s'inscrivent dans ce que l'on appelle, depuis les années 1980, l'Hypothèse Dynamique. Dès les années 1970, de nouvelles recherches sur le cerveau (neurodynamique) voient le jour. Des neurophysiologistes et biologistes tels Freeman, Katchalsky, Yates et Basar l'envisagent comme dynamique, non-linéaire, fait de combinaisons chaotiques, d'états de métastabilité, d'instabilité s'équilibrant vers un état d'autoorganisation globale. Ces conclusions sont ensuite illustrées dans les neurosciences comportementales (dynamique de coordination sensorimotrice) et aussi par des interrogations sur le rôle des oscillations et synchronisations neuronales dans la perception et la mémoire, avec notamment le binding problem, problème du liage ou de la liaison des données sensorielles dans le cerveau. Sans oublier la découverte de neurones miroirs amenant à l'idée d'une "simulation" à la fois corporelle et psychique de ce qui est perçu par un individu. Ce concept, entre autres, et aussi les principes de codage/décodage et de prédiction de l'information issus de travaux de physiciens et mathématiciens russes et américains, anciens et récents, permettent à l'auteur de proposer un modèle précis de ce que pourrait être une nouvelle théorie esthétique.