Ayant soulevé les toits des maisons de Madrid, le Diable boiteux aperçoit, entre autres, "deux spectacles assez plaisants" : "L'un est une coquette surannée qui se couche après avoir laissé ses cheveux, ses sourcils et ses dents sur sa toilette. L'autre, un galant sexagénaire qui revient de faire l'amour. Il a déjà ôté son oeil et sa moustache postiches, avec sa perruque, qui cachait une tête chauve. Il attend que son valet lui ôte son bras et sa jambe de bois, pour se mettre au lit avec le reste. - Si je m'en fie à mes yeux, dit Zambullo, je vois dans cette maison une grande et jeune fille faite à peindre. Qu'elle a l'air mignon ! - Eh bien, reprit le boiteux, cette jeune beauté qui vous frappe est soeur aînée de ce galant qui va se coucher... Sa gorge et ses hanches sont artificielles ; et il n'y a pas longtemps qu'étant allée au sermon elle laissa tomber ses fesses dans l'auditoire".
Nombre de pages
342
Date de parution
21/09/1984
Poids
166g
Largeur
108mm
Plus d'informations
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EAN
9782070375912
Titre
Le Diable boiteux
Auteur
Lesage Alain-René
Editeur
FOLIO
Largeur
108
Poids
166
Date de parution
19840921
Nombre de pages
342,00 €
Disponibilité
Epuisé
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En 1715, l'auteur à succès du Diable boiteux et de Turcaret publie les deux premiers tomes de l'Histoire de Gil Blas de Santillane (livres I à VI). D'abord tenu pour une imitation servile - Voltaire, volontiers calomniateur, affirma que le récit était entièrement repris d'un roman picaresque espagnol, le Marcos de Obregon de Vicente Espinel -, Gil Blas fut loué par les plus grands écrivains du siècle suivant, de Walter Scott à Flaubert, en passant par Sainte-Beuve et Hugo. Aujourd'hui, il s'impose comme l'un des romans les plus novateurs du xviü` siècle. Dans ces mémoires fictifs, qui retracent la carrière d'un héros médiocre, cantonné dans la domesticité, dupé par des aigrefins de tous ordres et ballotté d'un milieu à l'autre, Lesage joue en virtuose de la veine picaresque, de la satire moliéresque, de la comédie galante et de la farce cruelle... Inventant un type inédit de roman comique, il engage une réflexion sur le matériau de la fiction et sur son détournement parodique. À lire Gil Blas, on se dit que Lesage eût été à notre époque l'inventeur du western spaghetti.
Un de ces livres qu'il est bon de relire après chaque invasion, après chaque trouble dans l'ordre de la morale, de la politique et du goût, pour se calmer l'humeur, pour se remettre l'esprit au point de vue et se rafraîchir le langage ". Sainte-Beuve
Quarante ans après les comédies de Molière, d'un dessin si profondément, si subtilement moral, Lesage nous offre une pièce franche, joyeuse et tout à fait cynique, où l'on devine déjà la Régence. C'est un tableau grinçant de la société pendant les dernières années de l'immense règne de Louis XIV. On y découvre un monde interlope, où se côtoient chevaliers d'industrie, fripons, prostituées et fils de famille tarés. La déroute de toutes les valeurs religieuses et morales laisse sa place à l'argent triomphant qui a rompu les ordres de la société bourgeois, nobles, domestiques se côtoient et se mélangent. Et nous rions sans mélange ou scrupule, aujourd'hui encore, des escroqueries et des méchantes manigances de ces hommes, de ces marionnettes plutôt, où nous pourrons reconnaître quelques-uns de nos contemporains célèbres.
Après avoir raconté, dans le premier tome de ses Mémoires, son enfance dans le Maroc d'avant-guerre et son arrivée en France en 1945, Driss Chraïbi reprend le fil de son récit autobiographique. Au début des années 50, il découvre une autre planète, l'Alsace, et s'y installe avec sa femme dans une sorte d'ermitage amoureux voué à l'écriture. Puis ses premiers succès d'écrivain le ramènent à Paris et la communauté maghrébine trouve en lui l'une de ses premières voix dans le milieu littéraire. Défilent ensuite les années France Culture, les années canadiennes, les années à l'Ile d'Yeu, les amis et les rencontres (François Mitterrand, Lucien Bodard...), les paysages, les livres et les femmes de sa vie.
Oui, j'y avais repensé. Qu'est-ce qu'il s'imaginait. Je n'avais pratiquement fait que penser à ça depuis ce matin, mais y penser avait fini par prendre la forme d'une ville, d'un premier amour, la forme d'un porte-conteneurs." Le corps d'un homme est retrouvé au pied de la digue Nord du Havre, avec, dans sa poche, griffonné sur un ticket de cinéma, un numéro de téléphone, celui de la narratrice. Convoquée par la police, elle prend le train pour Le Havre, ville de son enfance, de sa jeunesse, qu'elle a quittée il y a longtemps. Durant ce jour de retour, cherchant à comprendre ce qui la lie à ce mort dont elle ignore tout, elle va exhumer ses souvenirs mais aussi la mémoire de cette ville traumatisée par la guerre, ce qui a disparu, ce qui a survécu, et raviver les vestiges d'un amour adolescent.
Dans l'East Texas profond de la Grande Dépression, la pauvreté règne et dévaste la région comme une tornade. Le jeune Harry Crane découvre le corps mutilé d'une femme noire sur le bord de la rivière Sabine. Il est convaincu que le meurtre est l'oeuvre de l'Homme-chèvre, un monstre de légende. Le nombre de victimes s'alourdit, un homme est lynché et le père de Harry, l'homme de loi local, enquête.
Brontë Emily ; Bellour Raymond ; Lacretelle Jacque
Emily Brontë possède donc le plus singulier des pouvoirs : celui de sa dépendance à l'égard des faits. Avec quelques touches, elle sait évoquer l'âme d'un visage et rendre le corps superflu ; en parlant de la lande, elle fait souffler le vent et gronder le tonnerre. Virginia Woolf. Quand, parmi tous les arbres, je cherche celui dont la forme s'harmonise le mieux avec le cadre du roman tragique d'Emily Brontë, c'est l'image d'un vieux robinier tortueux qui me vient à l'esprit, d'un vieux robinier tordu par le vent qui souffle toujours dans la même direction ; l'écorce est noire, le tronc est creux et, dans ce creux, la pluie a formé une petite flaque où baignent quelques feuilles mortes. John Cowper Powys