Les sports modernes N° 2/2024 : CHEF·FE Autorité, charisme et prestige dans le sport
Jaccoud Christophe ; Quin Grégory
ALPHIL
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EAN :9782889305995
La notion de " chef·fe " interroge des dimensions importantes de la sphère sportive, notamment celles de l'autorité, du charisme et du prestige. Celles-ci se construisent à la fois dans les enceintes du sport, dans le cadre de la légitimité que confère la performance corporelle (le Roi Pelé, la Reine des glaces Sonja Henie, le Kaiser Franz Beckenbauer, le Tsar Aleksander Popov), au travers de la possession et de l'exercice de différents statuts distinctifs (arbitre, capitaine d'équipe, médaillé·e·s, etc.), mais également hors des terrains proprement dits, dans les cénacles politiques et administratifs de la puissance sportive. Une certitude : penser la carrière des " chef·fe·s " revient d'abord à appréhender le sport comme une double fabrique de l'autorité et du prestige, mais aussi à interroger comment ces trajectoires à succès empruntent aux modèles et aux ressources des sphères politiques, économiques et culturelles. Pour mieux saisir parfois ce qui distingue un·e grand·e d'un·e petit·e chef·fe ou encore un·e bon·ne d'un·e mauvais·e chef·fe. Assumant pour ce numéro un " biographical turn ", attentif néanmoins à pondérer les séductions et le caractère édifiant et (auto)hagiographique de bien des récits d'un genre qui aime à considérer les champions, les championnes, les dirigeant·e·s ou encore les entraîneurs en simples entrepreneurs d'eux-mêmes, ce deuxième volume de la revue Les Sports Modernes entend offrir un large espace à des contributions centrées sur les trajectoires d'individus ou de collectifs, à les mettre en résonance avec l'ambiance et les cadres d'une époque, en particulier avec les nombreuses sphères de l'espace social et les cadres institutionnels à finalité structurante (famille, travail, école, armée, politique...). C'est à ce prix, pensons-nous, que les attributs de la chefferie - autorité, charisme, prestige - peuvent être révélés et fonctionner comme autant de fenêtres ouvertes sur les dynamiques de la modernité sportive depuis le XIXe siècle.
Date de parution
19/03/2024
Poids
850g
Largeur
200mm
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EAN
9782889305995
Auteur
Jaccoud Christophe ; Quin Grégory
Editeur
ALPHIL
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200
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20240319
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Par sa pensée pionnière et originale, Michel Bassand a marqué la sociologie urbaine européenne. Cet ouvrage propose une synthèse de ses principaux apports, des recherches sur les régions périphériques à celles décryptant les multiples facettes du phénomène de métropolisation, en passant par des travaux plus conceptuels sur la mobilité ou plus descriptifs comme la définition des agglomérations. Il s'articule autour de quatre ingrédients: une introduction problématisée autour de la pensée de Michel Bassand et ses trajectoires. un dialogue à caractère biographique avec le sociologue complété par une série d'encadrés consacrés aux auteurs, aux thèmes, aux institutions ou aux lieux cités lors des interviews, la reproduction de cinq de ses articles majeurs et une bibliographie complète de ses publications. Ce voyage au centre de la pensée et de la production de Michel Bassand s'adresse au large public de sociologues. urbanistes. architectes, géographes. économistes et étudiants intéressé par les sciences sociales et les questions urbaines.
Vu d'en haut, vu du pont, en vertu de décrets et de nécessités étroitement liées aux intérêts de ses promoteurs, on avait longtemps cru - ou voulu croire - que le sport était apolitique, neutre, ni ni, en lévitation au-dessus des conflits, se dérobant gracieusement aux arraisonnements idéologiques d'où qu'ils viennent. Mais, qui peut croire encore à ces jeux d'occultation et au mythe de l' "apolitisme sportif" à l'heure où Donald Trump joue des coudes et s'incruste sur le podium de la Coupe du monde des clubs de football, quand Emmanuel Macron surjoue sa proximité avec des sportives et des sportifs ; mais aussi quand des athlètes sont disqualifiés en raison d'une prétendue incertitude quant à leur identité de genre. Quelle que soit l'orientation politique du sport, de droite (souvent) ou de gauche (parfois), ce dernier représente un puissant outil de cohésion, dont le périmètre d'efficacité varie selon les configurations historiques, selon les intentions et les valeurs de ses dirigeants et selon une certaine (glorieuse) incertitude des résultats. Le sport marque donc les esprits, sollicite les consciences, interroge les idéaux et les cultures politiques. Pour ne rien affirmer du fait bien connu qu'il modèle les paysages, ou même qu'il fait paysage, au travers des stades, des enceintes, des arènes, des remontées mécaniques. Ce nouveau numéro des Sports Modernes, à la tonalité plus "politique" que les précédents peut-être, s'ancre dans une approche résolument critique de la sphère sportive.
La montagne est-elle "moderne" ou mieux est-elle un territoire du moderne ? Se plonger dans l'histoire amène à répondre de façon très contrastée, voire contradictoire. D'un côté, elle est massivement condamnée à raison de son inertie dès lors qu'elle est comparée à d'autres communautés. Lieu d'isolement, de repli, de retard, d'ignorance et de conservatisme, base d'exode, elle ne ferait qu'accumuler les handicaps propres à la laisser loin derrière les progrès réalisés dans le monde d'en bas. La rendre abordable, fréquentable et pour tout dire aimable passe donc par l'imposition de normes venues d'ailleurs. D'un autre côté, elle s'affirme précurseur, par ses contraintes et ses ressources propres, notamment dans l'expérimentation et la mise en oeuvre de formes de démocratie, et l'on pense ici à des modalités inédites de gestion collective des biens communs et à des pratiques de gouvernance anticipant des évocations qui, pour paraphraser Thomas Mann, la rendent à bien des égards "magique". L'émergence des sanatoria et des sports d'hiver répond aussi, comme en écho, à cette valorisation des espaces montagneux et à la recomposition du regard porté sur ces derniers. La revue Les Sports Modernes entend explorer ces questions et ces dynamiques avec son numéro dédié à "la montagne : territoire du moderne", un numéro inaugural où l'ascension de l'Everest jouxte une contribution sur les noms des sommets, des découvertes en Engadine, ou encore un entretien avec le romancier et enseignant Jérôme Meizoz.
Historiquement, le sport s'est construit sur les valeurs de bourgeoisies qui entendaient reproduire dans ce domaine de la vie sociale une vision patriarcale des rapports entre les sexes, comme en témoigne l'exclusion organisée des femmes qui y a longtemps prévalu. Le sport, que l'on peut considérer comme une institution de référence du point de vue des dynamiques de production du genre, a été interrogé précisément quant à cette permanence par les auteur. e. s de ce livre. Par quels processus l'institution sportive contribue-t-elle à organiser la pratique des individus selon leur sexe ? Comment s'y transmettent normes de genre, types de masculinité et de féminité conduisant à perpétuer des rapports de pouvoir genré avec le masculin comme référence ? Mais aussi quels signes de retournement de cette domination hégémonique sont identifiables ? Tels sont les axes de réflexion portés par l'apport du paradigme du genre qui ont organisé cet ouvrage collectif, fruit d'une collaboration internationale de sociologues et d'historiens désireux de contribuer à l'étude des engagements corporels dans divers contextes de la vie sportive et dans des périodes historiques différenciées. Les auteur. e. s se sont appliqué. e. s à déconstruire et révéler ces problématiques dans des activités telles que le twirling-bâton, le gouren breton, la capoeira, la gymnastique, l'athlétisme ou le parachutisme.
Suffit-il de réunir autour d'une même table les plus grands scientifiques et les plus brillants philosophes d'une époque pour garantir au monde une paix durable ... Dans le sillage de la création de la Société des Nations (SDN), installée à Genève a la fin de la Première Guerre mondiale, plusieurs personnalités proposent qu'on la complète d'un organe moins versé dans les questions politiques et économiques : une véritable « Société des Esprits » qui rassemblerait les hommes et femmes des sciences et des arts. C'est à cette fin qu'est fondée, en 1922, la Commission internationale de coopération intellectuelle (CICI), qui réunit des figures académiques de premier plan telles qu'Henri Bergson, Marie Skłodowska-Curie ou Albert Einstein, préfigurant ainsi la naissance de l'UNESCO deux décennies et un nouveau conflit mondial plus tard. S'appuyant sur une analyse minutieuse et innovante des riches archives de la Commission, cet ouvrage retrace l'évolution de cette dynamique tout au long de l'entredeux- guerres. Il révèle qu'au-delà de ses acteurs les plus célèbres, une multitude de « petites mains » de la coopération intellectuelle s'emploient, au quotidien, à tisser un dense réseau de relations scientifiques et culturelles qui s'institutionnalisent progressivement.
Dans son dossier "Histoire" , Didactica Historica 12/2026 explore l'histoire de l'interaction humain-animal en tant que rapport physique et culturel qui ne cesse de se recomposer au fil du temps et qui concerne tous les domaines de l'expérience humaine : de la spiritualité à la science, des arts à la philosophie, de l'économie aux pratiques sociales et politiques. Le dossier est conçu dans un souci de décentrement, rendant possible une autre version de l'histoire qui fait la part belle au point de vue animal et qui nous apprend peut-être davantage sur nous-mêmes que sur les animaux. Cet effort de décentrement peut nous soutenir dans nos manières de penser la place de l'humain face à l'émergence de l'intelligence artificielle.
Cet ouvrage prolonge l'exposition multisite "Des étoiles aux atomes... L'Observatoire cantonal de Neuchâtel" , consacrée à une institution majeure de l'histoire scientifique et horlogère neuchâteloise, dont le rôle a longtemps été relégué à l'arrière-plan. Fondé par l'Etat afin de soutenir le développement horloger par l'astronomie, l'Observatoire fut un lieu central où s'est construite, sur la longue durée, une culture de la précision. En écho aux expositions présentées au Musée d'horlogerie du Locle, au Musée international d'horlogerie de La Chaux-de-Fonds, au Musée d'art et d'histoire de Neuchâtel, ainsi que sur le site historique de l'Observatoire sur la colline du Mail, cet ouvrage réunit des contributions de spécialistes issus de différents champs disciplinaires. Jouant sur les changements d'échelle, du local à l'international, il explore les multiples activités développées au sein de l'institution : mesure du temps, astronomie, géodésie, sismologie, chronométrie. Richement illustré, il s'adresse à un large public curieux de comprendre comment se sont élaborées les pratiques et les normes de la précision.