Vers 1816, au fin fond d'une province pontificale d'Italie du Nord, un jeune homme mélancolique, pétri de lectures érudites, s'apprête sans espoir à l'"oeuvre de sa vie". Ce jeune homme, c'est Giacomo Leopardi. Il écrit des poèmes renouant avec la plus haute tradition italienne, celle qui remonte à Pétrarque et au Tasse. En 1831 paraît la première édition des Canti. De la véhémence des premières canzones (A Angelo Mai, Brutus) aux méditations nocturnes des idylles (L'Infini, Le Soir du jour de fête, A la lune), en passant par les grands poèmes philosophiques (Le Genêt), le poète chante la solitude et l'exclusion, le temps répétitif et destructeur, le destin et la perte. Tour à tour élégiaque et révolté, nihiliste et exalté, Leopardi inaugure une forme nouvelle de lyrisme : du moi au nous, sa voix déplore au nom de tous la souffrance d'être. Ce recueil d'une noire beauté inspira des esprits aussi divers que Schopenhauer, Musset, Nietzsche et Giuseppe Ungaretti.
Nombre de pages
342
Date de parution
05/06/2019
Poids
248g
Largeur
108mm
Plus d'informations
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EAN
9782081487055
Titre
CHANTS / CANTI
Auteur
Leopardi Giacomo ; Orcel Michel ; Fusco Mario
Editeur
FLAMMARION
Largeur
108
Poids
248
Date de parution
20190605
Nombre de pages
342,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Né en 1798 à Recanati dans les Marches, Giacomo Leopardi, physiquement contrefait et intellectuellement insatiable, est à la fois un homme d'une culture universelle et la plus complète expression de l'Italie romantique. Il se refuse à la carrière ecclésiastique en 1819, quitte le domaine familial en 1830, meurt à Naples en 1837.
Le Zibaldone de Leopardi est un vaste recueil de notes prises au jour le jour et traitant des sujets les plus divers : réflexions philosophiques, pensées morales, recherches linguistiques, analyse d'expériences personnelles. Cet ensemble n'était pas destiné à la publication, mais conçu par son auteur comme un fonds où puiser pour ses ouvrages futurs ; on en retrouve d'ailleurs de nombreux éléments réélaborés dans les Petites ?uvres morales ou les Pensées. Leopardi avait lui-même établi un index pour son Zibaldone et regroupé sous différents titres les matériaux constitutifs de plusieurs volumes que la mort empêcha de mettre au net. Il nous reste entre autres un projet autobiographique, intitulé Mémoires de ma vie, comprenant environ quatre cents fragments qui, par un jeu de renvois, se répondent les uns aux autres et tissent un ensemble cohérent. Faisant penser davantage aux Essais de Montaigne qu'aux Confessions de Rousseau, ces Mémoires ne forment pas un récit continu de la vie de Leopardi. Les éléments anecdotiques, liés surtout aux années d'enfance et d'adolescence, qu'on y rencontre, ne sont jamais évoqués pour eux-mêmes, mais nourrissent toujours une réflexion d'ordre général. Il s'agit d'une autobiographie intellectuelle, qui nous permet d'assister au jaillissement d'une sensibilité poétique et à la maturation d'une réflexion philosophique. Joël Gayraud " Le grand souci (ou ambition) des hommes, tant qu'ils ne sont pas mûrs, est de paraître des hommes faits, et quand ils sont des hommes faits, de ne pas paraître des hommes mûrs. " (Leopardi)
Vers 1816, au fin fond d'une province pontificale d'Italie du nord, un petit jeune homme mélancolique, pétri de lectures érudites, s'apprête sans espoir à " l'?uvre de la vie ". Ce jeune homme, c'est Giacomo Leopardi. En vingt ans (il mourra en 1837), faisant de son expérience du malheur un extraordinaire " instrument de connaissance ", il révolutionne la poésie italienne (les Canti) et anticipe une bonne partie de la pensée moderne (les Operette morali, le Zibaldone). Traçant son portrait, W. Benjamin a dit en substance : " L'épée est parfois tombée des mains de cet adolescent ; mais il a résisté, clos dans sa cuirasse. Dans cette armure se reflète le monde, bouleversé et doré ". On ne saurait mieux symboliser l'enfance éternelle, mais intrépide, de cette figure ; sa rébellion, digne d'un Ancien, face au destin ; et cette arme prodigieuse qu'il se fit de la poésie, qui lui permit aussi bien de vaguer hors des déterminations, dans la lumière des souvenirs et des songes, que de se retourner contre l'atrocité du réel, pour en tirer par une représentation sans fard un réconfort et comme une sorte de salut. La présente édition propose une version intégrale des Canti, assortie pour la première fois en France d'un abondant apparat critique.