Depuis l'Affaire Dreyfus, la France se veut la patrie des intellectuels. Pour survivre dans un monde peu propice à la réflexion, les intellectuels ont dû évoluer. Désormais, la posture importe plus que les idées, la parole plus que la pensée, l'opinion publique plus que les idéologies. Si les intellectuels accusent, trépignent, excluent plus que jamais, bien peu se soucient du fond et de l'origine de la réflexion, la plupart se contentent de poses médiatiques. Il faut avoir un avis sur tout et vite, car le premier qui parle a souvent raison. Nombre d'intellectuels investissent donc dans le seul placement qui rapporte : le pouvoir et ses réseaux. En un mot : l'influence. Aujourd'hui, ils apparaissent plus comme des penseurs zappeurs, pressés de rebondir sur chaque événement. Quatre années durant, Emmanuel Lemieux a exploré le nouveau paysage intellectuel français, recensé les tribus les plus composites, observé les mutations, consigné les petites et les grandes histoires, traqué les réseaux d'influence, suivi les coups fourrés, les disgrâces et les polémiques. Son enquête est l'occasion de découvrir les nouvelles lames de fond qui traversent l'intelligentsia française. Médiacrates, experts, " oracles ", gendelettres, universitaires " séminaristes ", " surgelés " de la guerre froide, communistes orphelins, " pastèques " de la LCR, rouges-bruns, républicains fermes, bourdieusiens, penseurs Sicav, intellectuels ministériels, nouveaux prédicateurs islamistes et néo-réacs sont les principaux personnages de ce théâtre d'ombres qui semblent parfois s'agiter dans un champ de ruines.
Nombre de pages
760
Date de parution
13/03/2003
Poids
936g
Largeur
151mm
Plus d'informations
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EAN
9782207250501
Titre
Pouvoir intellectuel. Les nouveaux réseaux
Auteur
Lemieux Emmanuel
Editeur
DENOEL
Largeur
151
Poids
936
Date de parution
20030313
Nombre de pages
760,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Qui est vraiment Edgar Morin ? Sociologue et philosophe, Edgar Morin est un intellectuel de premier plan. Né en 1921, il est également le témoin privilégié des grands événements du siècle dernier : les combats de la Résistance, la guerre d'Algérie, l'effervescence de la jeunesse des années 1960... Edgar Morin a tout vu, tout vécu. A partir de documents inédits, cette biographie d'Edgar Morin restitue toute la complexité d'un personnage attachant, et encore méconnu. Un penseur engagé et nécessaire, en ces temps obscurs et chaotiques. Emmanuel Lemieux est né en 1963. Journaliste et écrivain, il dirige également la rédaction des Influences, site de veille des idées, et collabore à Marianne.
Il s'appelle Tony Bloncourt. A peine vingt ans, originaire d'Haïti, étudiant à la Sorbonne, il fait partie dès 1941, d'un petit groupe de six jeunes résistants de la région parisienne, âgés de 17 à 20 ans, impitoyablement traqué par la police française. Après leur arrestation, la justice militaire allemande a voulu frapper un grand coup: leur procès, ouvert au public et à la presse, s'est tenu dans le cadre exceptionnel de l'Assemblée nationale. Les six membres du groupe ont été fusillés le 9 mars 1942 à 16h45 au Mont-Valérien. Il s'appelle Georges Veber. Commissaire dirigeant la Brigade Spéciale de la préfecture de police de Paris, exemple même du fonctionnaire consciencieux et âme de chasseur. C'est lui qui a traqué ces jeunes gens et les a livrés à la Gestapo. Il s'appelle Paul Riche. Au moment où les six jeunes hommes sont jugés et fusillés, il prépare le tournage de son film Forces Occultes dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale. Cinéaste collaborationniste, mais également violent chroniqueur antisémite d'Au Pilori, et bientôt agent français de la Gestapo. Soixante-dix ans après ce procès inouï à l'Assemblée nationale et l'exécution de ce groupe de jeunes résistants turbulents et d'origine étrangère, le journaliste Emmanuel Lemieux retrace cette histoire peu connue et dérangeante de notre histoire commune.
Ce livre fut écrit au jour le jour. Il a duré le temps de l'amour qu'il dit, qui est le temps où cet amour valait d'être dit. Il a commencé comme lui, dans l'émerveillement, il a fini comme lui dans le désabusement. Entre les deux, une vieille histoire : celle du bonheur sans cesse invoqué, sans cesse atermoyé, et en filigrane sa décomposition, mot à mot, puis de geste en geste. Ç'aurait pu être un journal de bord, au bord d'une Absence annoncée. Mais en amour - passion oblige - me quittent mon regard " clinique ", mes envies de lucidité. En somme, j'ai de la tendresse pour mes égarements, et j'en ai pour les " égarantes ". Après tout, c'est déjà bien assez que dans mes écritures qui parlent de la société en général au lieu de parler de la Femme en particulier, je ne puisse m'empêcher d'être impitoyable plus souvent qu'indulgent. Nous, amants au bonheur ne croyant... n'est donc pas un livre qui désespère de l'amour. C'en est un qui, pour désespérer de l'amour heureux, n'en sait peut-être pas moins, même confusément, pourquoi sa vraie grandeur, à l'amour, secrète, inexplicable, c'est de ne l'être pas, heureux, mais surtout de ne point vouloir à tout prix l'être.
Donc, jadis, je suis allé vers les mots pour leur odeur, leur chair et pour le bruit très érotique qu'émettaient leurs enjambées sur les pages de tel livre, sur les lèvres de telle bouche. Donc, j'ai commencé à écrire d'instinct ce que ma conscience espérait pour son agrandissement et mon esprit pour sa libération. Donc, ce donc est l'autre nom que je donne au rythme qui m'a mis dans l'impérieuse nécessité de faire oeuvre littéraire des mouvements les plus intimes de ma vie organique. Donc, c'est ainsi que mon corps a écrit ce qu'il a écrit à la température des sensations et des désirs que lui inspirait sa relation amoureuse ou polémique avec les fondements de l'être, selon que cet être puisait l'essentiel de sa respiration dans un souffle d'avant le cadastre ou selon qu'il l'abandonnait à la mécanique des inhalations de concepts. Donc, ce livre fait monter le son d'une existence passée à rendre sa musique familière à l'obscur tonnerre du dernier des crescendos, celui-là même qui a sans doute manqué au Boléro de Ravel pour être assourdissant tout en demeurant indiciblement mélodieux. Donc. Marcel Moreau Biographie de l'auteur Né en 1933 en Belgique, Marcel Moreau a construit une oeuvre majeure dont quatre grands titres, Quintes, L'Ivre Livre, Le Sacre de la femme et Discours contre les entraves, ont récemment été réédités. Dans Des hallalis dans les alléluias, l'auteur se soumet à une bouleversante et ultime interview avec la femme de son dernier souffle...