Ils sont loin, les jours heureux, quand les Platters chantaient Only you, quand pères et mères vivaient ensemble, quand les affections étaient solides... Roman d'une enfance saccagée par la folie d'adultes en perdition sur le fond dur des années 70, Only you déploie la violence de destins auxquels la subite libération des m'urs offre de nouveaux champs d'expérimentation, entre alcool et exhibition, coups et abandon... II faut cesser de croire que les s'urs ou les cousines s'aiment, que les époux se veulent du bien, que les parents souhaitent le bonheur de leurs enfants, et faire éclater au grand jour la noirceur des desseins secrets. A travers ce naufrage familial, Anne Lemieux dresse le portrait d'une génération prête à sacrifier sa descendance sur l'autel de l'éternelle jeunesse. Comme dans les plus effroyables tragédies grecques, elle explore la complexité des liens qui unissent une famille devenue le théâtre des cruautés.
Nombre de pages
318
Date de parution
05/02/2004
Poids
320g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782080685438
Titre
Only you
Auteur
Lemieux Anne
Editeur
FLAMMARION
Largeur
135
Poids
320
Date de parution
20040205
Nombre de pages
318,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Economiste et écrivain, Pierre Lemieux partage sa vie entre l'Amérique et la France. Il est actuellement professeur à l'Université du Québec à Hull. --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.
Quand les vivants sont obligés de se taire, ce sont les morts qui parlent " , disait en 1938 Anna Seghers, alors en exil à Paris. Quelques décennies plus tard, de 1969 à 1989, les écrivains de RDA reprennent à leur compte ce dicton pour réinventer, dans un contexte hostile, les biographies de leurs prédécesseurs romantiques et celles de poètes allemands plus anciens encore, selon un éclairage en rupture avec la doctrine officielle du réalisme socialiste. Les vies de Hölderlin, Kleist, Günderode, E. T. A. Hoffmann ou Bettine von Arnim, avec leur cortège de folie, d'échecs, de suicides ou de morts précoces, deviennent alors pour Christa Wolf, Franz Fühmann, Günter Kunert, Heiner Müller et d'autres, le moyen d'articuler leur rapport au pouvoir, au marxisme, au féminisme et à la transmission des héritages. Ils remettent à l'honneur un romantisme jeune et révolutionnaire dont les échecs dessinent le programme collectif des combats à mener contre une modernité totalitaire dévastatrice.
Au printemps 1919, Jeanne et ses trois filles se retrouvent en deuil du capitaine Vernet. A Angers, ce deuil devient interminable. Les jeunes filles étudient, se marient tant bien que mal, procréent même de nombreux enfants: en vain. Les guerres escamotent les hommes. Quand ce ne sont plus les guerres, ce sont les divorces, les abandons. Explorant la part d'absence que la Grande Guerre a laissée en partage à des millions de veuves et d'orphelins, Les Retranchées suit sur quatre générations les répercussions d'un deuil impossible et la déliquescence de l'identité masculine. Une magnifique mélopée, non dépourvue d?ironie, un sublime hommage à l?émancipation féminine.
Qu'est-ce que la nostalgie sinon une mélancolie humaine rendue possible par la conscience de quelque chose d'autre, d'un ailleurs, d'un contraste entre passé et présent ? Et cette nostalgie n'est-elle pas aussi provoquée essentiellement par l'irréversibilité du temps ? Car on ne saurait remonter le cours du temps, tel est l'obstacle insurmontable qu'il oppose à nos entreprises. C'est notre impuissance devant cette impossibilité qui fait toute l'amertume de la nostalgie et l'absurdité des chimères du rajeunissement. La nostalgie n'est pas le mal du retour : on peut toujours revenir à son point de départ, à son lieu natal (l'espace se prête docilement à toutes nos allées et venues) mais il est impossible de redevenir celui qu'on était au moment du départ. Mais si le temps s'oppose irréductiblement à la rétrogradation il ouvre devant nous une carrière infinie à la liberté. L'homme peut s'ouvrir à l'idée du futur et confirmer ce que le temps affirme. Se servant d'exemples tirés de la vie quotidienne aussi bien que d'oeuvres poétiques, philosophiques ou musicales, Vladimir Jankélévitch démontre en fin de compte que l'irréversible n'admet qu'un seul remède : le consentement joyeux de l'homme à l'avenir, au futur.