Etrange et inquiétante étymologie que celle du vocable pharmacie, du grec pharmakon, poison et remède. Jamais aucun texte n'aura autant porté témoignage de cette duplicité originelle, de cette noire frontière entre vie et mort, que cette Pharmacopée universelle de Nicolas Lémery, de l'Académie Royale des Sciences, docteur en médecine, chimiste et grand apothicaire des temps de Louis XIV... et de Molière. La méticuleuse litanie de remèdes égrenée par Argan, dès les premières lignes du Malade imaginaire, n'est pas tirée des vapeurs de la bile qui troublent son hypocondriaque cerveau ou de la fantaisie moliéresque mais d'un recueil très savant, très autorisé et très estimé en son temps, celui-là même dont Pierre Bénard livre ici une étonnante et désopilante anthologie, publié en 1697, soit plus d'une vingtaine d'années... après le texte de Molière : paradoxe tout borgésien où l'on voit que c'est le savant qui imite l'artiste. Mais qu'importe ! il suffit de se plonger dans le manuel de Lémery pour se convaincre encore une fois de l'improbable frontière qui distingue la science de l'art. On y entend à chaque page bouillonner le chaudron des fatales soeurs de Macbeth. En même temps, on croit être admis dans la société des Purgon, des Fleurant, et autres Diafoirus. Voici des remèdes (?) où entrent l'urine de vache, la crotte de chien, le sang de bouc, la chouette en poudre et le pétale de rose... Surréaliste et délirant catalogue qui va régner sur la médecine jusqu'à l'orée du très savant et très austère XIXe siècle. On rira sans doute moins, mais on vivra plus longtemps.Pierre Bénard, agrégé de lettres modernes et docteur d'Etat, a écrit de nombreux textes sur la langue publiés dans Le Figaro et repris dans C'est la cata ! (Seuil collection Points, 2006). Il vient de publier un livre d'impressions vénitiennes, Au nord du Grand Canal (Rome, Portaparole, 2006).
Commandé avant 16h, livré demain
Nombre de pages
160
Date de parution
07/11/2007
Poids
157g
Largeur
120mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782845780750
Titre
La Pharmacopée universelle
Auteur
Lémery Nicolas ; Bénard Pierre
Editeur
MANUCIUS
Largeur
120
Poids
157
Date de parution
20071107
Nombre de pages
160,00 €
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison à domiciledès 5,10 €
Résumé : "Lorsque j'eus l'honneur d'être reçu dans l'Académie Royale des Sciences, en l'année 1699, je fis un projet du premier travail que je devais entreprendre ; je choisis l'Analyse de l'Antimoine à dessein de chercher dans ce Minéral de nouveaux remèdes utiles à la Médecine, & ce qu'on y pourrait découvrir de curieux pour la Physique. J'avais déjà donné dans mes Ouvrages qui ont paru au public, plusieurs Observations que j'avais faites sur l'Antimoine ; mais je n'avais pas eu le temps, ni la commodité d'approfondir la matière autant qu'elle le mérite, & qu'elle le peut être. J'ai donc cru qu'il était à propos pour venir à mon but, de faire un grand nombre d'essais ou d'expériences soit pour rendre les faits connus plus clairs & plus parfaits, soit pour détruire les idées fausses, soit pour découvrir quelque chose de nouveau : c'est à quoi je me suis appliqué avec tout le soin & toute l'exactitude possible". (N. L.)
Nicolas Lémery (1645-1715) chimiste, pharmacien et médecin du roi a publié la Pharmacopée universelle (1697), le Traité universel des drogues simples (1698), le Traité de l'antimoine (1707). Entre l'Electuaire de Chasteté, l'Eau de Pies, l'Huile de Grenouilles et le Cataplasme de crottes de Chien blanc, dans les 160 recettes extraites de la Pharmacopée universelle, les ingrédients semblent tirés d'une arche de Noé désopilante comme une liste à la Prévert : hirondelles, chiens, boucs, vaches, poules, cerfs, taupes, élans, lézards, vipères, limaçons, vers de terre, araignées, fourmis, or, myrrhe, amiante, bitume, vin, épices... Les frontières sont floues entre savoirs scientifiques et superstitions : on a parfois l'impression d'avoir affaire à des remèdes de bonne femme à base de plantes, comme les simples cultivées dans les monastères ou à des recettes de sorcière à base de poudre de " mumie " et de sang. De même on passe facilement de l'herboristerie (infusions) à la pâtisserie (sucre d'orge) et à la cosmétologie écologique avant l'heure (eau de bleuets, masques), sans oublier les médicaments qui se recyclent comme la pilule perpétuelle...
Résumé : Huit ateliers modelage pour réaliser de jolis objets avec de l'argile autodurcissante. Dans son atelier à Montreuil, Karine Lémery a conçu des activités simples à réaliser et expliquées en quelques étapes avec de l'argile : une boîte à dents, une dînette, un porte-photo... et multiples variantes pour donner plein d'idées et découvrir son merveilleux univers.
En 1883, Kropotkine est condamné à 5 ans de prison pour activisme politique. Durant sa captivité, Elisée Reclus réunit ses textes parus dans Le Révolté et les édite sous le titre Paroles d'un révolté. L'ouvrage réunit ici les chapitres II, III et IV, intitulés : La décomposition des états, La nécessité de la Révolution et La prochaine Révolution. La décomposition des états est un texte saisissant par son actualité. Les questions soulevées par le rôle de l'état rappellent étrangement la crise actuelle et les revendications des "Gilets jaunes", ainsi est pointé du doigt, l'état emprunteur, mauvais gestionnaire, obèse ou encore inéficient. Ecrit il y a quelque 140 ans, ce texte à vocation révolutionnaire donne matière à réflexion sur la stabilité étonnante du Système dans ses pratiques !
Publié originairement dans la Revue des Deux Mondes au mois de mai 1837 puis intégré dans sa monumentale Histoire de France, l'article consacré aux Templiers de Jules Michelet explore l'ascension et la chute de cet ordre religieux et militaire médiéval, en se concentrant sur sa destruction spectaculaire sous le règne de Philippe IV le Bel et du pape Clément V au début du XIVe siècle. L'ordre puissant et énigmatique des Templiers fut fondé en 1129 pour protéger les pèlerins en Terre sainte pendant les croisades. Il connut une expansion remarquable par le biais de commanderies à travers l'Europe tout en jouant un rôle important de financier auprès des rois et de la noblesse. Selon Michelet, la chute des Templiers fut orchestrée par une combinaison d'avidité royale, de rivalité ecclésiastique et de bouleversements politiques après la perte de la Terre sainte en 1291. Accablé de dettes et jaloux de la richesse de l'ordre, Philippe le Bel poursuivit les Templiers pour hérésie, idolâtrie et pratiques immorales ; accusations que Michelet juge largement fabriquées pour justifier l'arrestation massive de chevaliers du Temple le 13 octobre 1307 dans tout le royaume. Le procès qui suivit suscita à l'époque de vives controverses, principalement en raison d'aveux extorqués sous la menace et la torture. L'exécution de leur grand maître, Jacques de Molay brûlé vif en 1314, marqua leur fin tragique.
Marat vécut aisé, au jour le jour toutefois, au hasard d'une vie errante. Sa toilette bizarre exprimait son excentricité? ; sale habituellement, il avait parfois des recherches subites, un luxe partiel et des velléités galantes ? : un gilet de satin blanc, par exemple, avec un collet gras et une chemise sale. Il vit toujours le monde (...) de sa cave par un soupirail, livide et sombre, comme ces murs humides, comme sa face, à lui, qui semblait en prendre les teintes. Dans son projet de Constitution, Marat dit en propres termes, en parlant des droits de l'homme ? : "? Quand un homme manque de tout, il a le droit d'arracher à un autre le superflu dont il regorge ? ; que dis-je ?? Il a le droit de lui arracher le nécessaire, et, plutôt que de périr de faim, il a le droit de l'égorger et de dévorer sa chair palpitante. ? " Dans son livre sur l'Homme, publié en 1775, il avait déjà dit ? : "? La pitié est un sentiment factice, acquis dans la société... N'entretenez jamais l'homme d'idées de bonté, de douceur, de bienfaisance, et il méconnaîtra toute sa vie jusqu'au nom de pitié... ? " L'Histoire de la Révolution française (parue en sept volumes de 1847 à 1853) de Michelet, s'étend d'avril 1789 (réunion des Etats Généraux), à juillet 1794 (mort de Robespierre). Sont ici publiés les chapitres huit et neuf du livre IV, intitulés Le premier pas de la terreur.
Résumé : Paris est la proie d'un immense chantage. Trois malfaiteurs fondent une redoutable association qui va faire trembler la capitale jusqu'aux moindres de ses tréfonds. Dans l'ombre, le placeur de domestiques Mascarot, le médecin homéopathe Hortebize et l'avocat Catenac recueillent méthodiquement les honteux petits secrets de la population parisienne. Au bout de vingt-cinq années d'efforts opiniâtres, ils disposent d'une mine de renseignements suffisamment fournie pour mettre enfin à exécution leur plan machiavélique. Autour de ces passions humaines si banales que sont l'amour, l'ambition et l'argent, les très nombreux personnages de l'intrigue tourbillonnent sans se rendre compte du piège tendu qui se referme inexorablement. Paris ne deviendra-t-il qu'un gigantesque marché aux esclaves ? Qui sera en mesure d'assembler toutes les pièces du puzzle afin de déjouer la formidable machination ? Monsieur Lecoq peut-être ?...