La figure de la victime nous est devenue très familière. Des essais dressent l'inventaire de ses apparitions dans des pays occidentaux devenus " sociétés de victimes " des enquêtes sociologiques constatent son influence grandissante, tandis que le droit et les institutions sont réformés pour lui faire une meilleure place. Le qualificatif de victime peut désormais avoir la force d'un statut: titre à faire valoir pour l'obtention de prestations ou de dédommagements, ou nouveau rôle à jouer sur la scène judiciaire. Journalistes, professionnels de la politique et intellectuels constatent de leur côté l'émergence d'une " figure de la victime " qui bouleverserait l'agencement des droits nationaux comme du droit international, justifierait un nombre toujours plus important de mesures de soutien psychologique ou de prise en charge judiciaire, voire serait le signe d'une évolution des rapports entre les individus. Cette évolution est décrite tantôt comme une humanisation, tantôt comme une déresponsabilisation fondée sur la valorisation de la passivité. Dans le même temps, des polémiques portant sur une " concurrence des victimes " jettent un doute sur la légitimité de certaines prétentions à ce statut. Les mobilisations de victimes suscitent de la compassion ou de l'indignation, plus rarement des analyses. Les prophéties sur l'avènement de la victime sont pareillement peu démontrées. Dans tous les cas, on parle de la victime, on la fait parler pour autant qu'elle se " plaigne " ou qu'elle " témoigne ", mais on se préoccupe peu de savoir qui elle est, ce qu'elle dit et revendique, et comment ses prises de position sont portées par des collectifs défendant une cause " victimaire. "Cet ouvrage apporte un éclairage lucide sur ces questions, en analysant des mobilisations de victimes relevant de terrains variés (aux XXe et XXIe siècles, en France, dans les pays ex-communistes ou en Amérique latine etc.). S'appuyant sur les acquis de la sociologie des mouvements sociaux, les auteurs abordent les problèmes délicats d'un rapport impartial de l'observateur scientifique à la victime, des phénomènes de concurrence et de mimétisme entre mouvements, des processus par lesquels des experts parlent pour les victimes, mais aussi de la manière dont la " victime " en vient à exister en revendiquant ce titre et en se faisant reconnaître comme telle.
Nombre de pages
220
Date de parution
10/12/2009
Poids
401g
Largeur
165mm
Plus d'informations
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EAN
9782753509726
Titre
Mobilisations des victimes
Auteur
Lefranc Sandrine ; Mathieu Lilian
Editeur
PU RENNES
Largeur
165
Poids
401
Date de parution
20091210
Nombre de pages
220,00 €
Disponibilité
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Comment sortir de la violence d'État ? Faut-il pardonner les agents de l'État qui ont torturé et fait disparaître des opposants par milliers, conformément aux ordres donnés par les responsables d'un régime autoritaire ? Les nouveaux gouvernements démocratiques, en Afrique du Sud et en Amérique latine, ont tenté de répondre à ces questions par des politiques associant amnistie, réparations et commissions de vérité et de réconciliation. Ils ont aussi appelé victimes et responsables de la répression au pardon et à la réconciliation. Cet ouvrage explore la possibilité d'une sortie de la violence au moyen du pardon politique, en s'appuyant sur des réflexions philosophiques postérieures à la Shoah. Si le " pardon politique " est impossible, il devient néanmoins une figure dominante du débat sur la justice, à partir de laquelle les démocraties nouvelles, mais aussi la France confrontée à la mémoire de la guerre d'Algérie, tentent de reconstruire leur rapport à un passé violent.
La justice transitionnelle désigne l'art de pacifier des sociétés au lendemain de périodes violentes ? qu'il s'agisse de dictature, de guerres civiles, voire de génocides. Organisations internationales et conseillers des gouvernements l'ont élaborée à partir des années 1990. Poursuites pénales, dialogues, enquêtes et débats publics organisés par des commissions de vérité pour établir la réalité des exactions, réparations matérielles ou symboliques aux victimes, réformes du système judiciaire et des services de sécurité : il s'agit d'abord de rompre avec le passé. Les promoteurs de ces initiatives entreprennent aussi de " guérir " des sociétés perçues comme malades et d'offrir une reconnaissance à des victimes traumatisées. Ils entendent former pour l'avenir des individus apaisés et tolérants susceptibles d'assurer la paix.D'aucuns voient dans le développement important de ces diverses démarches une extension continue des droits humains et une contribution décisive à la fabrication de paix justes. Mais la violence peut-elle être assimilée à une maladie ? Par ces dispositifs d'apaisement, les criminels politiques sont-ils vraiment punis ? Que sait-on, au juste, de ce que veulent les victimes de violences politiques ...Cette enquête de vaste ampleur retrace l'émergence et l'essor de la justice transitionnelle, analyse les trajectoires de ses acteurs, scrute les écarts entre les déclarations morales consensuelles et les mises en ?uvre concrètes, de l'Argentine à l'Afrique du Sud, du Pérou au Rwanda. En interrogeant ses différents présupposés comme ses résultats concrets, elle déjoue nombre d'évidences et ouvre la voie vers une réflexion renouvelée sur les modalités de sortie de la violence et les déterminants de la paix.
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Pourquoi établir des liens entre des images de films radicalement différents, au-delà des auteurs, des pays et des époques ? Parce que ces images convoquent des motifs visuels qui hantent le cinéma depuis ses origines : la fenêtre, la nuque, l'escalier, le miroir, le labyrinthe, le téléphone, le chat, le cri, et tant d'autres... Ces motifs ont des affinités profondes avec le langage et le récit cinématographiques. Ils sont de ce fait universels, pluriels, ambigus, et chaque cinéaste est incité à les adopter, les transformer et les réinterpréter. Les motifs de cinéma ont une grande agilité à se mouvoir : migrer d'un film à l'autre, d'un cinéaste à l'autre, d'une époque à une autre. Par le jeu des reprises et des différences, ils imprègnent la mémoire émotionnelle du spectateur et ouvrent une nouvelle perspective à l'histoire du cinéma. Les soixante motifs analysés et le millier de films cités donnent la mesure de l'impact visuel et narratif de ces images séminales, souvent reliées à la tradition picturale. Ce livre établit des liens comparatifs entre des créateurs qui ont confronté leur art à un même motif, permettant ainsi d'identifier leur singularité, leur rapport intime et personnel à ce motif, et leur rapport à l'histoire commune des images cinématographiques. Une des ambitions principales de cette riche collection de textes, adossés à des photogrammes choisis par les auteurs eux-mêmes, est de susciter l'émergence d'une possible théorie du motif en cinéma.
La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ...A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre Hirsch4e de couverture : La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ...A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre HirschNotes Biographiques : Jean-Luc Mastin est maître de conférences en histoire économique et sociale contemporaine à l'université Paris 8.
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.