Jonas Fieber, lecteur dans une grande université allemande, emprunte chaque jour le bac, en dessous de chez lui, pour se rendre en ville. Un jour de février 1967, il découvre le corps du passeur, pendu, dans sa cabane au bord du fleuve. Il prévient la police, mais constate rapidement que celle-ci a décidé, contre les apparences, de s'en tenir à la thèse du suicide. Les personnes qu'il connaît dans la ville, et consulte en cette affaire, le dissuadent, chacune à sa façon, de chercher à en savoir plus. Jonas Fieber est convaincu qu'il s'agit d'un meurtre. Peu après, il rencontre la mère du passeur, et apprend quelques détails sur sa vie, qui l'amènent à la "vérité" : Werner Linzer, le batelier, est l'agent d'un service étranger introduit dans les milieux des réfugiés des zones de l'Est, et il a découvert un réseau néo-nazi considérable organisé dans la ville même. Lorsque Jonas Fieber met la main sur les documents établis par le passeur-espion, qui comportent notamment des listes de noms et d'adresses, les réseaux nazis de la ville font pression sur lui pour les récupérer et finissent par enlever son amie Libu, une étudiante d'origine tchèque. Cette intrigue de roman d'espionnage est développée autour de la métaphore du jeu d'échecs (gambit de dames, parties féeriques), dans un temps bref et clos (qui est aussi celui des élections législatives de mars 1967, premières agitations en milieu étudiant), lui-même pris dans le courant de l'histoire de la République fédérale et le processus d'oubli du passé nazi encore relativement proche (moins de vingt-cinq ans).
Date de parution
16/05/1989
Poids
288g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782207235928
Titre
LA NUIT DU PASSEUR
Auteur
LEFEBVRE JEAN-PIERRE
Editeur
DENOEL
Largeur
140
Poids
288
Date de parution
19890516
Nombre de pages
0,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Florilège, anthologie, recueil : une ancienne relation lie le choix des poèmes à la confection savante des bouquets destinés à l'offrande, composés selon une signification et remis dans des circonstances particulières. Le présent ouvrage n'échappe ni au suave parfum de cette métaphore, ni aux difficultés qu'elle recèle. Il a été conçu, dans son principe et sa confection, comme un geste en direction des peuples et des pays de langue allemande - geste culturel, politique, voire diplomatique, affectif. De Dietmar von Aist à Johannes Kühn, il rassemble un choix important de poèmes, ainsi que de nombreux textes anonymes.
La crise financière de 2008, en démentant brutalement les thèses de l'économie hyperlibérale, a remis en lumière les approches marxistes quand elles se distinguent de l'étatisme stalinien. Malgré sa dégénérescence au Nord, le capitalisme inégalitaire tire des milliards d'êtres humains du Sud du sous-développement. Mais la planète épuisée n'a plus les moyens de suivre cette voie sous peine de dystopie. Après une longue expérience à l'interface de la jungle privée et de l'apathie bureaucratique, l'auteur lit ou relit Hegel, Proudhon, Henri Lefebvre, Bourdieu, Castoriadis, Onfray, Badiou, Laval, Dardot, Harribey ou Ostrom, etc., pour réenvisager les logiciels d'un après capitalisme viable. L'Etat, impensé de la contestation de gauche, serait-il le siège d'une nouvelle exploitation ? L'urbanisation, autre chose que l'expression minérale de la nocivité des oligarchies et bureaucraties annihilant tout environnement empathique, toute création sensible ? L'hypothèse proposée serait que la structure de l'humain est simultanément et contradictoirement corpusculaire et ondulatoire, individuelle et collective, à l'image de l'infiniment petit qui la constitue. La poursuite d'une hominisation moins malheureuse devrait donc opérer un saut en avant de la démocratie comme dialectique maîtrisée de ses deux caractères contradictoires. L'avenir appartiendrait ainsi à l'autogestion et au dépérissement de l'Etat, au bouleversement de la délégation de pouvoir vers sa meilleure transparence, par son enracinement à la base, dans les quartiers et les entreprises.
L'horreur économique répand sur toute la planète le même modèle urbain productiviste et hyperdense qui nourrit la menace d'un rapide effondrement écologique. En 2005, leurs habitants ont mis le feu à 750 grands ensembles de la charte d'Athènes dont les formes carcérales et répétitives les transforment en ghettos. Des politiques veulent depuis les karchériser voire les raser. Dans l'après-mai 68, quelques exemples d'urbanisation humaine avaient pourtant été avancés, inspirés à la fois des habitats primitifs et du meilleur mouvement moderne de l'architecture. Des formes urbaines proxémiques, empathiques, sensibles devraient pouvoir désormais se brancher sur les réseaux prothétiques et communicationnels, sans s'y subordonner. Elles sont écartées par des " spécialistes " du bavardage mercantile et de l'insignifiance architecturale. La production d'une ville équilibrée devrait s'effectuer dans un conflit dialectique ternaire et positif entre l'habitant, l'architecte et le maçon - la démocratie, l'esthétique, l'économie. Aujourd'hui l'économie dicte sa loi prédatrice aux deux autres termes. Il en résulte une antiville planétaire, impropre à la bonne vie. Une esthétique libérée constituerait le maillon délicat mais décisif de la résistance. Son alliance avec une démocratie avivée permettrait d'équilibrer les tendances prédatrices de la machine économique. Des premières expériences dans cette direction ont été réalisées en banlieue dans les années soixante-dix, il serait urgent de les revisiter.
Après Caux-Caux blues, Caro mio et Le Bois au coq, ce quatrième roman éclaire un nouvel épisode de la saga de Sébastien. Au lycée Corneille pour de fastidieuses années, il refuse ce monde aliéné, quête ses dulcinées et guerroie ses moulins à vent. Avec les copains de terminale des on frère Gaby, il découvre une contre-culture vivante, celle de la rue, de la récupération individuelle, du jazz, des Lumières, des surréalistes, du cinéma et de la dialectique, puis celle de la Résistance communiste dont il côtoie de prestigieux rescapés.
Ce livre fut écrit au jour le jour. Il a duré le temps de l'amour qu'il dit, qui est le temps où cet amour valait d'être dit. Il a commencé comme lui, dans l'émerveillement, il a fini comme lui dans le désabusement. Entre les deux, une vieille histoire : celle du bonheur sans cesse invoqué, sans cesse atermoyé, et en filigrane sa décomposition, mot à mot, puis de geste en geste. Ç'aurait pu être un journal de bord, au bord d'une Absence annoncée. Mais en amour - passion oblige - me quittent mon regard " clinique ", mes envies de lucidité. En somme, j'ai de la tendresse pour mes égarements, et j'en ai pour les " égarantes ". Après tout, c'est déjà bien assez que dans mes écritures qui parlent de la société en général au lieu de parler de la Femme en particulier, je ne puisse m'empêcher d'être impitoyable plus souvent qu'indulgent. Nous, amants au bonheur ne croyant... n'est donc pas un livre qui désespère de l'amour. C'en est un qui, pour désespérer de l'amour heureux, n'en sait peut-être pas moins, même confusément, pourquoi sa vraie grandeur, à l'amour, secrète, inexplicable, c'est de ne l'être pas, heureux, mais surtout de ne point vouloir à tout prix l'être.
Donc, jadis, je suis allé vers les mots pour leur odeur, leur chair et pour le bruit très érotique qu'émettaient leurs enjambées sur les pages de tel livre, sur les lèvres de telle bouche. Donc, j'ai commencé à écrire d'instinct ce que ma conscience espérait pour son agrandissement et mon esprit pour sa libération. Donc, ce donc est l'autre nom que je donne au rythme qui m'a mis dans l'impérieuse nécessité de faire oeuvre littéraire des mouvements les plus intimes de ma vie organique. Donc, c'est ainsi que mon corps a écrit ce qu'il a écrit à la température des sensations et des désirs que lui inspirait sa relation amoureuse ou polémique avec les fondements de l'être, selon que cet être puisait l'essentiel de sa respiration dans un souffle d'avant le cadastre ou selon qu'il l'abandonnait à la mécanique des inhalations de concepts. Donc, ce livre fait monter le son d'une existence passée à rendre sa musique familière à l'obscur tonnerre du dernier des crescendos, celui-là même qui a sans doute manqué au Boléro de Ravel pour être assourdissant tout en demeurant indiciblement mélodieux. Donc. Marcel Moreau Biographie de l'auteur Né en 1933 en Belgique, Marcel Moreau a construit une oeuvre majeure dont quatre grands titres, Quintes, L'Ivre Livre, Le Sacre de la femme et Discours contre les entraves, ont récemment été réédités. Dans Des hallalis dans les alléluias, l'auteur se soumet à une bouleversante et ultime interview avec la femme de son dernier souffle...