L'assassinat de Samuel Paty par un terroriste survenu le 16 octobre 2020, près de son collège de Conflans-Sainte-Honorine où il travaillait comme professeur d'histoire-géographie, a eu un grand retentissement politique et médiatique. Le contexte de cet acte terroriste a provoqué d'intenses polémiques dans les médias sur la laïcité, les caricatures, le séparatisme religieux, la formation des enseignants, "l'islamo-gauchisme", ou la situation des quartiers populaires urbains. Dans cette production considérable de politiques et discours dans l'espace public depuis cet évènement dramatique, les réactions des personnels éducatifs, à commencer par les enseignants, ont été paradoxalement peu traitées. Dans un format volontairement court, le livre se fonde sur le résultat de deux enquêtes complémentaires, l'une qualitative, l'autre quantitative. Le livre étudie ainsi les dimensions personnelles, relationnelles et professionnelles des réactions des enseignants enquêtés. Les auteurs proposent une analyse scientifique afin d'éclairer le débat public et les professionnels de l'éducation sur la reconfiguration des enjeux scolaires et civiques après la mort tragique de Samuel Paty.
Nombre de pages
94
Date de parution
04/10/2024
Poids
116g
Largeur
131mm
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EAN
9782385190958
Titre
Une école sous le choc ? Le monde enseignant après l'assassinat de Samuel Paty
Depuis quarante ans, le récit national hante la France. Il s'est imposé dans les débats politiques et médiatiques, parallèlement aux questions relatives à l'identité nationale. Ce livre révèle les enjeux de ce récit en retraçant les changements intervenus depuis les années 1970 dans l'écriture de l'histoire de France. Ce qui implique de revenir sur la façon dont elle se transmet à l'école, dans la mémoire collective et dans les travaux des historiens. Ces bouleversements sont présentés dans le contexte de la fin de l'Empire colonial : des évolutions sociétales des années 1970, caractérisées par une individualisation du rapport au passé, à la montée des populismes au début du XXIe siècle, marquée par la défense d'un prétendu âge d'or du peuple français originel. La fabrique du récit national est également analysée plus largement d'après des critères essentiels, comme celui du progrès et de la nostalgie, de la dette morale et du ressentiment, de l'inclusion et de l'exclusion. Voici la fresque détonante de cinquante années de chaos et de fracas mémoriels qui ont fragmenté la société française.
Quinze ans après l'apparition en France de l'expression "loi mémorielle" pour désigner une pratique politique controversée, effectuée au nom du devoir de mémoire, ce hors-série analyse l'adoption de lois relatives à différents événements historiques en Europe depuis les années 1990. À partir de plusieurs études de cas (Allemagne, Belgique, Espagne, Pologne, Russie, Parlement européen), il pointe à la fois les circulations transnationales et les spécificités proprement nationales de ces dispositions normatives votées par les parlements, qui prescrivent à leur société une grande variété d'actions publiques et de narrations sur le passé. Rendant compte des débats suscités par ces lois et par certains passés (Seconde Guerre mondiale, génocides, communisme, franquisme, période coloniale), ce numéro saisit l'évolution récente du rapport des sociétés européennes à leur histoire. Un entretien avec Henry Rousso et divers documents commentés permettent d'élargir le propos à des périodes antérieures en France et à des cas nationaux sur d'autres continents ; des recensions sur le thème complètent ce tour d'horizon inédit.
Ces projets tracent les contours possibles d'une relation à construire, non seulement entre l'enseignant et ses élèves, mais également entre les élèves, entre eux et leurs parents, entre l'enseignant et leurs parents, et enfin une relation de l'élève avec lui-même questionne les identités de chacun de ces acteurs. Biographie de l'auteur Sébastien Ledoux est professeur d'histoire-géographie au collège Jean Vilar à Grigny et chercheur à l'Institut national de recherche pédagogique (INRP) sur la question de l'enseignement de l'esclavage. Il est également co-auteur d'un film documentaire La vie avant la mienne: témoignage de parents à leur enfant autour de leur récit de vie.
Le 16 juillet 1995, le président Jacques Chirac reconnaît la responsabilité de la France dans la déportation des Juifs lors de la commémoration de la rafle du Vel d'Hiv du 16 juillet 1942. Ce discours marque un tournant majeur dans notre rapport au passé national et dans la réévaluation du rôle de Vichy pendant l'Occupation, dont cette rafle fut l'événement le plus tragique. Avec 12 884 personnes arrêtées en plein Paris - dont près de 4 000 enfants -, presque toutes exterminées ensuite à Auschwitz, ce crime resta pourtant longtemps ignoré de nombreux Français, commémoré seulement par les organisations juives. Ce n'est que progressivement qu'il deviendra à la fois le symbole du génocide et de la complicité "irréparable" d'une France travaillée par l'antisémitisme. Dans ce récit inédit, concis et passionnant, Sébastien Ledoux retrace la mémoire du Vel d'Hiv, de la fin de la guerre jusqu'à nos jours.
Tout en décrivant une population cachée de femmes insérées qui consomment et revendent des drogues, l'ouvrage aborde la manière dont les usagères-revendeuses jouent avec les critères des profilages policiers pour limiter les risques répressifs, et gèrent leurs usages sans recourir à des structures de prise en charge des addictions.
C'est dans le double sens de la formule "â¯Le corps à l'oeuvreâ¯" que réside l'originalité de l'ouvrage. Il s'agit aussi bien de mettre l'accent sur le fait que c'est le corps de l'écrivain ou de l'artiste qui fait effectivement oeuvre, qui est au travail dans le processus créatif, que de penser la création comme un trajet qui va du corps jusqu'à l'oeuvre réalisée, puis l'oeuvre reçue, lue, vue ou écoutée.
Cet essai examine la discrétion comprise comme vertu sociale essentielle dans une société décente: elle est étudiée non pas en tant que qualité morale individuelle, mais comme un concept social qui permet de penser les phénomènes d'invisibilité sociale choisie, et non seulement subie. La discrétion caractérise les grands esprits, qui construisent leur oeuvre dans l'ombre et le silence. Ils préfèrent la patience du penser à la fébrile agitation de l'opinion médiatique. Et si cette sagesse se transfusait un peu à tous les citoyens...