
Le viol, notre culture
Culture du viol : on entend de plus en plus souvent l'expression dans le débat public à la faveur des affaires médiatisées depuis les débuts de #Metoo. Souvent mal comprise, elle ne signifie pas que nous vivrions dans une société qui s'assumerait pro-viol. Elle désigne un phénomène bien plus insidieux et complexe, qui nous place dans une situation de dissonance cognitive lourde de conséquences individuelles et collectives, politiques et esthétiques. D'un côté, nous nous pensons acquis aux valeurs d'égalité et de liberté dans les relations sexuelles et affectives entre les hommes et les femmes. De l'autre, nous baignons dans des représentations stéréotypées qui, tout en dénonçant le viol, invisibilisent, normalisent et érotisent des formes de violences dans les rapports sexuels et les relations affectives hommes/femmes. Or, les productions culturelles jouent un rôle clé dans la perpétuation de cette injonction paradoxale. Les plus dangereuses ne sont pas celles qui affirment des valeurs misogynes, mais plutôt celles qui dénoncent les violences tout en étant fascinées, et celles qui les maquillent en amour comme en humour. Cet essai interroge donc le rôle des oeuvres - toutes les oeuvres, les grands classiques d'hier comme la pop culture d'aujourd'hui - et tous les genres (littérature, cinéma, musique, théâtre) - en explorant les diverses stratégies esthétiques, explicites et implicites, qui façonnent nos imaginaires, nos regards et nos désirs. Pour sortir du déni et avec la conviction que de nouveaux modèles de relations sexuelles et affectives sont possibles.
| Nombre de pages | 93 |
|---|---|
| Date de parution | 15/05/2025 |
| Poids | 30g |
| Largeur | 110mm |
| EAN | 9782365124898 |
|---|---|
| Auteur | Hamidi Bérénice |
| Editeur | CROQUANT |
| Largeur | 110 |
| Date de parution | 20250515 |
| Nombre de pages | 93,00 € |
Pourquoi choisir Molière ?
Du même auteur
-

Le théâtre face aux dictatures : luttes, traces, mémoires. Argentine, Brésil, Chili
Hamidi Berenice ; Moreira da Silva AlexandraL'histoire socio-politique des pays du Sud de l'Amérique latine s'est caractérisée, depuis le milieu du xxe siècle, par une série de cycles de révolutions et de contre-révolutions. Trois pays, l'Argentine, le Brésil et le Chili ont en commun d'avoir été successivement marqués par les effervescences révolutionnaires des années 1960 puis par leur répression par une série de coups d'Etat soutenus et la mise en place de dictatures militaires. Près de quarante ans plus tard, nombreux sont les fantômes de ces régimes, et le présent politique des pays concernés ne cesse de convoquer les questions que les politiques transitionnelles ont laissées irrésolues. Quelles pratiques du théâtre ont été possibles sous les dictatures ? Selon quelles stratégies esthétiques mais aussi économiques vis-à-vis des régimes en place ont-elles pu rester en vie ? L'après-dictature inclut pour sa part deux temps distincts. Quelles reconfigurations ou réinventions des pratiques artistiques se sont opérées durant ces années, dans des contextes économiques et politiques autant marqués par des éléments de rupture que par des " restes " des régimes autoritaires ? Les traces de ce passé politique, institutionnel, social, économique et culturel dans les pratiques théâtrales qui se sont développées à partir des années 2000 sont manifestes. Depuis les débats sur la transmission des mémoires des dictatures et leur restitution jusqu'aux discours critiques dénonçant les continuités économiques entre les régimes autoritaires et les démocraties néolibérales actuelles, la question de l'héritage des dictatures du Cône sud est centrale dans nombre de créations récentes des théâtres de cet espace. Aucune recherche d'ensemble n'avait été jusqu'ici menée pour investiguer cet espace-temps singulier dans une approche soucieuse d'articuler les enjeux esthétiques, institutionnels et économiques. C'est l'enjeu de cette publication qui réunit les contributions de chercheurs et chercheuses qui travaillent sur ces questions depuis des perspectives disciplinaires diverses (études théâtrales, études hispaniques, études lusophones, sociologie, économie), et fait dialoguer ces recherches avec des témoignages d'artistes des pays concernés.Sur commande, 2 à 4 joursCOMMANDER15,00 € -

Jacques Rancière et les arts. Esthétiques de l'égalité
Hamidi Bérénice ; Jaudon Raphaël ; Marchiori DarioDécliné en quatre parties (littérature, arts plastiques, cinéma et arts vivants), accordant une place centrale au sensible, le livre évoque les rapports que les artistes nouent avec les idées de Jacques Rancière. Des entretiens sont réalisés par les auteurs avec la plasticienne Esther Shalev-Gerz, le cinéaste Sylvain George, le photographe Philippe Bazin et la philosophe Christiane Vollaire. Un quatrième entretien a été réalisé avec Firat Yücel, cinéaste que le philosophe a côtoyé lors de l'occupation du quartier de Gezi à Istanbul, en Turquie. Le livre atteste de la volonté d'analyser les concepts du philosophe dans un rapport indissoluble entre pratique artistique et pensée théorique, en particulier à travers la notion de dissensus, et le propos montre son évolution, vers une politique de la représentation. Comment maintenir vive cette volonté de division, et éviter le " consensus dans le dissensus" ? Le livre revient sur le rôle des productions artistiques selon Rancière.Sur commande, 4 à 6 joursCOMMANDER21,00 € -

Faire face aux violences sexistes et sexuelles. Changer les représentations, repenser les prises en
Hamidi Bérénice ; Marti GaëlleUn livre essentiel, à la fois témoignage et guide, qui dévoile le continuum des violences sexistes et sexuelles. En croisant les voix de chercheur·es, expert·es, artistes et personnes concernées, il ouvre des pistes concrètes pour comprendre, prévenir et agir collectivement. Les violences sexistes et sexuelles ne sont pas l'exception. Elles sont la règle cachée. De la "blague" humiliante aux féminicides, elles forment un continuum soutenu par nos institutions, nos imaginaires et nos silences. Elles touchent toutes les sphères de nos existences - famille, école, travail, culture, etc. Et détruisent des millions de vies. Tant que nous continuerons à les considérer comme des faits divers isolés et non comme une réalité structurelle et protéiforme, les choses ne changeront pas. Chercheur·es, militant·es, professionnel·les de la justice et du soin, artistes et personnes concernées croisent ici leurs regards et leurs voix, pour comprendre les mécanismes de ces violences et ouvrir des pistes pour changer les représentations et repenser les prises en charge : trouver les mots, construire de nouveaux récits, changer les lois, repenser les dispositifs judiciaires et thérapeutiques, imaginer d'autres formes de justice, de prévention et de réparation. Car apprendre à voir et à dire ces violences, briser la culture de l'aveuglement et de l'excuse, interroger le rôle clé des témoins et les enjeux de l'impunité massive des agresseurs, ne peut être qu'un effort collectif. Bérénice Hamidi est professeure en études théâtrales à l'Université Lyon 2. Derniers ouvrages parus : Le Viol, notre culture, Editions du Croquant, 2025 et avec Maxime Cervulle (dir.), Les Damné·es de la scène. Penser les controverses théâtrales sur le racisme, Presses universitaires de Vincennes, 2024. Gaëlle Marti est professeure de droit public, titulaire d'une Chaire Jean Monnet en droit européen, à l'Université Lyon 3. Derniers ouvrages parus : European Citizenship through the Lens of EU values, Intersentia, 2025 et, avec Loïc Robert (dir.), La conflictualité dans l'Union européenne, Bruylant, 2024.Sur commande, 4 à 6 joursCOMMANDER27,00 € -

Les damné·es de la scène. Penser les controverses théâtrales sur le racisme
Cervulle Maxime ; Hamidi BéréniceRésumé : Entre débats houleux, manifestations devant les salles de spectacles, interruptions de représentations ou demandes de déprogrammation, depuis une quinzaine d'années la vie théâtrale française est régulièrement émaillée de controverses sur le racisme. Toutes présentent un même scénario : des spectacles visant à dénoncer des injustices liées au racisme ou à l'histoire coloniale en viennent à susciter des réactions indignées... qui font à leur tour l'objet d'une indignation virulente. De quoi la multiplication de ces affaires est-elle le signe ? En quoi renseigne-t-elle sur des reconfigurations idéologiques en cours dans le champ théâtral et plus largement dans les champs médiatique, intellectuel et politique ? Au travers de contributions pluridisciplinaires, cet ouvrage documente le développement d'un activisme antiraciste en terrain culturel et la mise en circulation de nouveaux critères d'évaluation des oeuvres, qui excèdent le seul niveau esthétique et pluralisent les discours sur la responsabilité sociale des artistes et des institutions culturelles. Prenant à revers la panique morale autour de la "cancel culture", le livre étudie la configuration de ces controverses, leur structure argumentative et les concepts mobilisés ("blackface", appropriation culturelle", etc.). Il explore leurs effets sur l'institution théâtrale, des débats sur la liberté de création à la promotion d'une plus grande diversité des corps, des voix et des récits sur les scènes.Sur commande, 4 à 6 joursCOMMANDER23,00 €
Du même éditeur
-

Battre l'extrême droite
Bantigny LudivineRésumé : Nous en sommes là : avec une extrême droite aux portes du pouvoir et qui a failli l'emporter. Qui gagnera si on n'engage pas tous les moyens pour l'empêcher. Or cette extrême droite est féroce : elle n'a rien abandonné de son racisme ni de sa violence, malgré ses tentatives pour se respectabiliser. Ce livre examine son programme et ses stratégies, la machine médiatique qui lui sert de marchepied et le pouvoir en place qui ne cesse de la favoriser en imitant son projet. Mais l'analyse ne suffit pas : battre l'extrême droite exige non seulement de comprendre ce qu'elle est, avec ses mensonges, ses faux-semblants et ses mesures de régression sociale, mais aussi de proposer une alternative véritable, qui aide à se fédérer. D'urgence : remettre la honte au racisme, miser sur la solidarité et considérer nos vies à égale dignité.EN STOCKCOMMANDER5,00 € -

Lutter hors des partis. La gauche révolutionnaire italienne des années 1960-1980
Guibet Lafaye C. ; Frénod A. ; Di Fabio L.Cet ouvrage rassemble les témoignages inédits de cinq hommes et cinq femmes impliqués dans des organisations de la gauche extra-parlementaire italienne des années 1960-1980 (Potere Operaio, Brigades Rouges, Autonomie ouvrière, Lotta Continua, Prima Linea), c'est-à-dire depuis l'origine du mouvement social jusqu'aux démantèlements des groupes clandestins, facilités par les dispositions juridiques et les possibilités d'exil offertes en France par la " doctrine Mitterrand ". Parmi ces témoignages inédits, figurent ceux de Toni NEGRI et de Sergio SEGIO. A partir de ces récits biographiques, issus d'une enquête de sociologie menée auprès de 33 personnes entre février 2016 et février 2020, l'ouvrage fait ressortir les raisons et explications favorisant l'engagement illégal ou clandestin dans un contexte de forte tension et de violence politique y compris de la part de l'Etat contre l'extrême gauche. Ce livre s'inscrit dans une approche de sociologie " compréhensive ". Il n'a pour vocation ni de condamner ni de faire l'apologie des positions ou des actions entreprises par les groupes considérés et les activistes interviewés. L'objectif est de reconstruire un sens à partir de la parole des acteurs dont on cherche à saisir les ressorts de la trajectoire. Offrant une lecture vivante, l'ouvrage s'adresse au grand public. En lui faisant entendre des voix restées jusqu'ici peu audibles, il lui livre non seulement des données utiles à une meilleure compréhension partagée de la période historique évoquée mais aussi des éléments qui éclairent, à bien des égards, l'époque actuelle.EN STOCKCOMMANDER20,00 € -

La gauche à l'épreuve de l'Union européenne
Bernier Aurélien ; Burel Morvan ; Caudron ClémentDans l'espace politique français, l'Union européenne est partout. Elle planifie la libéralisation des services publics. Elle organise le libre-échange qui pousse aux délocalisations et interdit de taxer significativement les détenteurs de capitaux. Elle impose l'austérité budgétaire et monétaire tout en laissant libre cours à la concurrence fiscale. Incapable de répondre aux enjeux du siècle, et notamment de conduire la transition écologique, elle obéit aux lobbies et dépossède les peuples de leur souveraineté démocratique. Pourtant, dans le débat politique, elle est reléguée au second plan, quand son rôle n'est pas tout simplement effacé. La question européenne est pourtant essentielle. Elle hante la gauche partout en Europe. Certains défendent la réécriture à plusieurs du droit communautaire, le changement de l'intérieur. D'autres, à l'inverse, défendent la sortie de l'Union européenne, tout au moins de l'euro, et la présentent parfois comme la solution à elle seule à tous nos maux. Ce livre, dont l'orientation eurocritique est pleinement assumée, entend parler sérieusement de l'Union européenne. Il montre que le statu quo est impossible. Il examine, dans une perspective de gauche, les différentes stratégies envisageables (sortie, réforme, rupture partielle, crise permanente) sans en défendre une en particulier, mais en décrivant pour chacune d'elles les conditions nécessaires à sa réalisation, les difficultés - le cas échéant les impossibilités - et les perspectives qu'elle ouvre. A l'heure du Brexit, d'une crise politique européenne qui n'en finit pas, et à l'approche des élections européennes de 2019, ce livre constitue un outil indispensable.Sur commande, 4 à 6 joursCOMMANDER10,00 € -

Comprendre, expliquer, est-ce excuser ? Plaidoyer pour les sciences humaines et sociales
Rebuschi Manuel ; Voléry IngridLe procès des sciences humaines et sociales (SIS) semble avoir été rouvert à l'occasion des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, quand plusieurs déclarations publiques ont dénoncé La "culture de l'excuse" qui serait implicite aux tentatives d'explication ou de compréhension du djihadisme portées par ces disciplines. Quelles sont les distinctions à opérer entre comprendre, expliquer, justifier et excuser ? Les causes dissolvent-elles les raisons ? La compréhension exclut-elle le jugement moral ou politique ? faut-il ou non considérer que les explications apportées par les sciences sociales peuvent, à l'image des savoirs psychiatriques, constituer des "circonstances atténuantes" dont les juges, et la société plus largement, auraient à tenir compte ? Comment situer cette condamnation de la "culture de l'excuse" dans l'histoire plus longue des usages politiques des théories des sciences humaines et sociales ? Et plus Largement, dans quelle mesure les sciences humaines et sociales peuvent-elles ou doivent-elles aider à comprendre "l'incompréhensible" ? Telles sont les questions posées par cet ouvrage à partir d'exemples passés et contemporains— La collaboration de scientifiques sous l'occupation nazie, les violences physiques collectives, La radicalisation ou la folie.Sur commande, 4 à 6 joursCOMMANDER12,00 €
