Parlement et parlementaires. Bordeaux au Grand Siècle
Le Mao Caroline
CHAMP VALLON
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EAN :9782876734579
Ville rebelle, ville insoumise, Bordeaux fait figure, au XVIIe siècle, de môle de résistance face à l'autorité royale sans cesse grandissante. Lorsque le jeune Louis XIV se présente aux abords de la cité en 1650, il trouve portes closes pendant près de deux mois... La capitale de Guyenne joue alors l'un des plus beaux et des plus tragiques épisodes de son histoire: la Fronde. Deuxième foyer de rébellion après Paris, la cité est le refuge du parti des princes. Mais c'est oublier que le soulèvement fut initié par ceux qui sont alors les maîtres de la ville: les magistrats du parlement. Arnaud de Pontac, Bernard de Pichon, Lecomte de Latresne... Au sein de la cité, tout dit la présence et la puissance de ces hommes, des hautes tourelles du palais de l'Ombrière aux majestueuses façades du cours du Chapeau Rouge, du gibet de la place aux distributions d'aumônes, des chapelles funéraires à la procession de la Fête-Dieu... La compagnie, forte d'une centaine de magistrats, domine alors la ville, presque sans partage. La jurade, comme les autres institutions de la cité, se soumet à son autorité. Même le gouverneur de la province, le célèbre d'Epernon, aussi bien que les intendants savent que l'on ne peut braver impunément le parlement de Bordeaux. Mais cette aura peut-elle se maintenir au temps du triomphe de l'absolutisme royal? Durant ce règne qui fut celui d'une supposée reprise en main des cours souveraines, comment réagit l'un des parlements les plus indociles du royaume? D'une régence à l'autre, de 1643 à 1723, Bordeaux ne cesse donc d'être au c'ur des préoccupations royales et le souverain garde toujours un ?il sur cette cité rebelle, sur ces magistrats gascons volontiers sujets aux mouvements d'humeur. Qu'éclate la révolte du papier timbré, et c'est un exil de quinze ans qui s'abat sur toute la compagnie. Aussi, l'histoire du parlement de Bordeaux durant la seconde moitié du XVIIe siècle fournit-elle une clé d'analyse de la marche à l'absolutisme. Loin des déclarations péremptoires d'un Colbert ou d'un souverain soucieux d'édifier son successeur, cet ouvrage propose un regard complémentaire, sinon contradictoire, d'une réalité habituellement perçue depuis Paris. On y découvrira que le pouvoir royal use de méthodes beaucoup moins radicales qu'on ne l'a souvent cru. Le pragmatisme monarchique est fait de négociations, de retours en arrière... On compose, on évite l'affrontement direct en se ménageant relais et soutiens au sein du groupe. On comprendra surtout que l'opposition n'est que l'un des aspects de la relation roi-parlement et que ce n'en est pas le mode majeur. Rouage indispensable de la monarchie, le parlement et ses hommes sont avant tout des juges et se conçoivent d'abord comme des fidèles serviteurs du roi.
Nombre de pages
378
Date de parution
24/01/2007
Poids
592g
Largeur
154mm
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EAN
9782876734579
Titre
Parlement et parlementaires. Bordeaux au Grand Siècle
Auteur
Le Mao Caroline
Editeur
CHAMP VALLON
Largeur
154
Poids
592
Date de parution
20070124
Nombre de pages
378,00 €
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La ville, le port, la mer : à la croisée de ces trois identités, la ville portuaire maritime revêt, dans la France de la seconde modernité, bien des réalités. Du petit port de pêche breton ou normand aux métropoles du grand commerce en passant par les arsenaux, peut-on parler d'une communauté de destin ? Dans quelle mesure l'identité portuaire maritime se distingue-t-elle du fait urbain global ? La question a d'autant plus passionné les historiens que ces cités sont au coeur des grands enjeux du temps : l'ouverture au monde, le triomphe du grand commerce maritime, l'avènement des trafics coloniaux, le cosmopolitisme et la mobilité des populations, les mutations de l'urbanisme, la défense du territoire, le rapport au risque... Unique synthèse sur les cités portuaires en France à l'époque moderne, cet ouvrage met en lumière le renouveau de l'histoire maritime et fait découvrir des espaces originaux à l'identité forte : les villes et leurs ports.
Durant des siècles, les arsenaux de marine, lieux où l'on construit, entretient, répare et prépare les flottes de guerre, furent des coeurs battants de l'histoire militaire, vivant au rythme des conflits et des hésitations de la politique navale des états. Ils furent des espaces économiques stratégiques, formes pionnières de concentration industrielle réunissant tout un univers de métiers dédiés à la construction navale, foyers de l'innovation technique et logistique. En cela, l'arsenal fut un microcosme, une société en soi avec ses hiérarchies, ses codes, un monde rude où se côtoient, selon les époques, l'intendant et le charpentier, le matelot, le soldat, l'officier, le portefaix, mais aussi les ouvriers, les dockers, les contremaîtres et les métallurgistes... Monde en soi, l'arsenal n'en fut pas moins un espace ouvert, sur la ville, sur le pays, sur le monde. Si les historiens se sont de longue date intéressés à ces établissements, il faut aujourd'hui dépasser l'éclatement monographique pour croiser les exemples français et les confronter à leurs homologues européens. Le présent ouvrage rassemble plus d'une trentaine de contributions de chercheurs français et étrangers (Italie, Espagne, Angleterre, Pays-Bas, Etats- Unis, Canada) pour une étude transversale de l'histoire des arsenaux, à partir de quatre thématiques : le positionnement singulier des arsenaux, entre état et société ; les enjeux techniques et logistiques ; les arsenaux entre guerre et paix ; les vocations plurielles de l'arsenal.
De l'époque moderne à la veille de la Seconde Guerre mondiale, les élites ont entretenu un rapport étroit à la terre, une terre qui ne constitue pas seulement un patrimoine foncier, mais aussi une source de revenu en tant qu'exploitation agricole, un lieu de vie ou de séjour, un enjeu de pouvoir, un élément de prestige social? Or, ce thème majeur de l'histoire rurale comme de l'histoire des élites, souvent abordé, n'avait jamais fait l'objet d'une synthèse. C'est enfin chose faite grâce au colloque organisé par le Centre d'Études des Mondes Moderne et Contemporain, sous la direction de Caroline Le Mao et Corinne Marache. Ce livre rassemble les contributions de trente-deux historiens qui interrogent la question centrale des « stratégies foncières » et de leurs enjeux pour les élites, se penchent sur les jeux de pouvoir et les conflits liés aux rapports complexes entre élites et terre, analysent le rôle des élites dans l'innovation et la modernisation des campagnes et, enfin, étudient l'intime à travers les approches spécifiques des familles à la terre, mais aussi les notions d'identité et d'art de vivre. Ces regards croisés sont l'occasion d'une mise au point historiographique et offrent une réflexion renouvelée sur les apports réciproques ? économiques, sociaux, mais aussi politiques ou culturels ? entre le monde de la terre et les élites.
Tenant des carnets (un journal ?) depuis la jeunesse, je n'y ai jamais écrit que par spasmes, par bouffées, et dans une sorte d'état d'urgence. Brusques afflux de souvenirs, rêves ou lectures pareillement commentés, ce double qui n'a cessé de m'accompagner est bien aussi projet, que le livre entrevu ait abouti ou non, et interrogation sur ce projet même. Aussi m'a-t-il semblé que je ne pouvais extraire des fragments de ce long flux tout ensemble intermittent et proliférant sans tenter d'y introduire au moins un fil d'Ariane. Si le thème de la mémoire, chez l'être de souvenir qu'est, par définition presque, l'autobiographe, s'est imposé à moi, c'est que la mémoire m'est longtemps apparue comme la dépositaire de l'être même. Souvent, il va sans dire, ces plongées ou ces visitations fortuites s'accompagnent d'une réflexion sur la littérature. Au naïf émerveillement des premières années ici retenues - contemporaines de L'Adoration et s'aventurant à tâtons vers Le Retour - succède assez vite un soupçon qui, dû pour la plus grande part à la cruelle expérience de la mère internée, et qui va s'accusant dans ces pages mêmes, est tout près de s'en prendre au chant longtemps tenu pour " doré " d'une mémoire qui, par places traversée de nostalgie, entend bien pourtant ne se confondre avec aucun " passéisme ", sans cesse au contraire jouaillé, dénoncé que, pratiquement dès le début, est ce dernier. " J. B.
Les figures souvent grotesques créées par James Ensor s'animent. Elles évoquent la mer du Nord, Ostende la ville balnéaire et ses habitants évanouis, le retour du carnaval ou le célèbre Bal du Rat mort. Libérées des tableaux où leur apparition continue à nous surprendre, elles haussent parfois le ton entre les murs d'une baraque abandonnée, se répondent et s'affrontent. Elles aimeraient régler de vieux comptes. Elles interpellent un visiteur à la nature incertaine. Tout à la fois ancrées dans leur époque et hors du temps, les voix interrogent, avec une ironie d'outre-tombe, la disparition des corps qui un jour les habillèrent. Avoir connu semblable mascarade est-il possible ailleurs qu'en un rêve où l'on croisera les ombres de Proust, Rilke, Roth, Celan ou Perec bien vivant, installé à la terrasse d'un café ...