Après deux ans de travaux, la Black Box - la salle d'exposition temporaire du MEN - rouvre ses portes, marquant la fin d'un long chantier de rénovation. Pour cette occasion, l'équipe du Musée souhaite présenter une exposition en prise avec l'actualité, dans laquelle chacun peut interroger ses propres pratiques grâce à un éclairage anthropologique. Le tourisme s'est imposé comme un thème idéal, conjuguant phénomène de masse, interculturalité, rapports de forces, polémiques virulentes et malentendus profonds. Dès ses origines au 18e siècle, le tourisme a suscité de nombreuses critiques. Il incarnerait un double négatif du voyage : ses adeptes parcourraient le globe sans autre but que leur plaisir immédiat, nivelant les diversités culturelles, créant des mondes factices, creusant les inégalités sociales et détruisant les ressources naturelles. Cultivé dans la littérature, la production scientifique et les médias, cet antagonisme traduit pourtant un jugement de valeur. En focalisant sur les travers de l'industrie touristique, il élude trop souvent les raisons qui poussent aujourd'hui plus d'un milliard de personnes à sillonner la planète. Il masque aussi tout un pan des interactions entre visiteurs et visités, notamment des phénomènes de revivalisme culturel, d'inventions, de résistance et d'affirmation. L'exposition Le mal du voyage invite à questionner l'homogénéité du champ touristique. Un parcours en douze salles aborde autant de pratiques et d'imaginaires contrastés : projets de moralisation, sens cachés du farniente plagiste, quêtes de santé mentale et physique, appétit du monde, réactions autochtones face à l'engorgement des villes, mises en image de la nature, confessions de backpackers attirés par l'interdit, fascination pour les confins, productions de nouvelles esthétiques et blues du retour, aboutissant à formuler sans cesse de nouveaux projets de départ. Les tourismes offrent ainsi matière à une réflexion passionnante sur la condition et la mobilité humaine dans ce premier quart du 21e siècle.
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Nombre de pages
328
Date de parution
18/11/2021
Poids
1 450g
Largeur
210mm
Plus d'informations
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EAN
9782880780517
Auteur
Laville Yann ; Mayor Grégoire ; Desmartis Marie
Editeur
MEN
Largeur
210
Date de parution
20211118
Nombre de pages
328,00 €
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Résumé : Numéro consacré à la "festivalisation" des musiques du monde, qui a connu un prodigieux essor au cours des vingt-cinq dernières années. Outre des réflexions historiques et méthodologiques, le dossier aborde les enjeux identitaires, politiques, économiques et touristiques négociés autour des patrimoines musicaux. Les festivals y apparaissent comme des lieux emblématiques, à la fois relais, noeuds de réseaux, laboratoires d'utopies et d'innovations, mais aussi réservoirs de clichés. Fondés à Genève en 1988 dans le cadre des Ateliers d'ethnomusicologie et soutenus par la Société française d'ethnomusicologie, les Cahiers d'ethnomusicologie proposent un dossier thématique, complété par des rubriques d'intérêt général : entretiens, portraits, brèves et comptes rendus. La revue est dirigée par Laurent Aubert, docteur en anthropologie, conservateur au Musée d'ethnographie de Genève et directeur des Ateliers d'ethnomusicologie.
Quelles sont les questions posées par les collections ethnographiques en ce début de XXIe siècle et en quoi celles-ci restent-elles pertinentes pour interpréter notre présent ? Comment rendre compte de la richesse du patrimoine ethnographique neuchâtelois sans l'enfermer dans une logique chronologique, géographique, ethnique ou fonctionnelle ? Comment valoriser un fonds très contrasté et diversifié sans en rester à l'exposition des chefs-d'oeuvre qu'il renferme ? Sous la forme de tableaux poétiques disséminés dans la Villa de Pury et appelés à évoluer indépendamment les uns des autres, l'équipe du MEN ouvre autant de dossiers récents et les associe à des questions contemporaines faisant intervenir l'histoire de l'Institution, les fantômes qu'elle abrite, les enjeux qu'elle recouvre et les pratiques sociales qu'elle analyse. Chaque section présente des échantillons significatifs des collections anciennes et récentes, permettant de nombreux croisements et associations d'idées, et joue de divers moyens de mise en perspective, qu'il s'agisse de télescopages, d'esthétisation, de saturation, de mise en abîme ou de réflexion critique. Ce faisant, les concepteurs rappellent que les êtres humains et les biens matériels qu'ils échangent ne cessent de se transformer, tout comme le regard porté sur eux ; ils s'inscrivent ainsi dans une dynamique ramenant avant tout à l'impermanence des choses.
Gonseth Marc-Olivier ; Laville Yann ; Mayor Grégoi
Sous le titre Figures de l'artifice, l'équipe du MEN propose une réflexion sur le rapport que les sociétés de ce début du XXIe siècle entretiennent avec les technologies de pointe susceptibles de modifier dans un proche avenir la carte et les frontières de l'humain. Abordant tour à tour l'écart Homme-Homme, Homme-dieu, Homme-animal et Homme-machine, elle associe des figures choisies tant dans le domaine des pratiques sociales et des recherches scientifiques que dans celui des récits mythiques et populaires. Désir narcissique de remodeler les corps par une approche esthétique de moins en moins discrète, rêve démiurgique de donner vie aux objets et aux corps inanimés, pouvoir de pénétrer au coeur du codage génétique et d'en modifier la carte en mélangeant les genres, volonté obstinée de réparer et d'augmenter les ressources corporelles confrontées aux obstacles de l'infirmité et de la compétition, tentation de s'extraire du corps pour devenir pur esprit capable de pénétrer les réseaux d'information, telles sont quelques-unes des directions explorées par l'exposition et présentées dans cet ouvrage. L'exposition s'appuie pour ce faire sur le destin d'un personnage appartenant à la mythologie grecque, qui suit une trajectoire complexe dans le domaine de la recherche et de ses applications : Dédale, à la fois sculpteur, architecte, ingénieur, voire roboticien, ainsi que meurtrier impulsif et stratège roublard, sachant tirer parti mais également s'extraire de ses propres créations. Devenu nom commun, le dédale est aussi ce parcours initiatique que tout individu doit parcourir en affrontant ses peurs enfouies et ses espoirs déçus, et dont il ne croit s'évader qu'en développant de nouvelles aptitudes repoussant les contraintes de sa condition. Le coeur de l'exposition permet à cet effet de poser ouvertement la question du sens de nos parcours et de nos choix dans un contexte où l'instant présent et la navigation à vue tiennent lieu d'horizon mental et de mode d'orientation. Catalogue de l'exposition, cet ouvrage richement illustré est enrichi de schémas, de notes manuscrites, de photos et de plans conceptuels des différentes phases de conception de l'exposition.
Ils sont tournés les uns vers les autres. Ils s'observent et s'écoutent. Ils s'échangent des idées, des armes, de l'argent ou des femmes. Dans cet univers clos réservé aux hommes, le pouvoir se relaie et se perpétue à la façon d'une chorégraphie mortifère. Le boys club n'est pas une institution du passé, il est terriblement actuel et tentaculaire : Etat, Eglise, armée, université, Fraternités, firmes... et la liste s'allonge. Dans cette nouvelle édition revue et augmentée, Martine Delvaux analyse la portée historique et politique du procès de Mazan, déplore le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, la prise de pouvoir de la "broligarchie" et la montée des discours masculinistes dans l'espace public. A la manière d'une chasse à l'image, l'autrice traque aussi le boys club dans ses représentations au cinéma et à la télévision. Véritable plongée en eaux noires, ce livre nous invite à refuser coûte que coûte l'entre-soi au coeur de la domination masculine.
Résumé : Après avoir disséqué la colère et la luxure, Geneviève Morand et Natalie-Ann Roy poursuivent leur relecture impénitente et tendancieusement féministe des péchés capitaux. Dans cette oeuvre chorale, quelque part entre deux burnouts, les auteurices rassemblées dénoncent tout ce qui les épuise et se demandent qui, en ce bas monde, a vraiment droit au repos. La paresse est-elle l'apanage des privilégié-es ? Est-il possible de ralentir radicalement sans crisser le feu au système ? Entre le travail toxique et l'obsession de la beauté, entre la charge mentale, le sexisme, les injonctions au self-care, la pauvreté, le capitalisme sauvage, les traumas, la violence conjugale et la planète qui brûle, il faudrait, en plus, prendre le temps de méditer ? Non. Nous exigeons le droit de ne pas réaliser notre plein potentiel. Et de rester couchées. Avec Sayaka Araniva-Yanez, Joëlle Basque, Roxanne Bélair, Rébecca Boily-Duguay, Gabrielle Boulianne-Tremblay, Emilie S. Caravecchia, Zed Cézard, Josiane Cossette, Karine Côté-Andreetti, Marie-Pierre Duval, Yara El-Soueidi, Florence Sara G. Ferraris, Amélie Gillenn, J.D. Kurtness, Melissa Mollen Dupuis, Geneviève Morand, Heather O'Neill, Joanie Pietracupa, Nathalie Plaat, Pascal Raud, Shirley Rivet, Natalie-Ann Roy, Catherine Voyer-Léger et Cathy Wong.