Cet ouvrage propose une lecture esthétique du zombie au cinéma. Hypothèse : ce motif est un instrument de refonte pour la plupart des représentations - tous savoirs, images et imaginaires entrelacés - à partir desquelles l'homme a fondamentalement trouvé à être pensé, jaugé ou mesuré, bref, construit. De là, sans doute, sa force anthropologique. Parmi d'autres toujours possibles, quatre pistes sont ici privilégiées, qui dressent autant de "trames" constitutives du motif filmique, en d'autres termes, autant de sources théoriques ou figuratives commuées en substrats de composition. La voie de l'écorché est suivie en premier lieu, Romero (et consorts) renouant sans conteste avec l'iconographie anatomique du XVIe siècle (celle de Vésale, exemplairement). Cependant, glissant entre les médiums, l'écorché quitte la description anatomique au bénéfice d'une fiction anatomique (elle-même inscrite sur fond de scène utopique, au sens strict : Thomas More, Louis Marin). Or, une telle fiction d'affranchissement du corps vis-à-vis de la loi des organes n'est pas sans précédent : Gilles Deleuze et Félix Guattari en ont esquissé le principe par le biais du concept de corps sans organes ; dans ce contexte, on entreprend de montrer comment le motif du zombie permet de (re)spécifier le concept, c'est-à-dire, de faire valoir ce qu'il apporte au concept - rien de moins. Une troisième piste fondamentale au regard de la pensée de l'homme, depuis Descartes, Vaucanson ou La Mettrie notamment, est celle de l'automate dont le zombie associe, en l'occurrence, les versants mécanique et psychique. Afin de ressaisir un tel agencement, il faut se pencher sur ce qui lie les oeuvres de Jacques Vaucanson et de Jean-Martin Charcot, en imaginant qu'un même rêve - par-delà la dissemblance de leurs projets respectifs - circule entre le fabricant d'automates et le médecin de la Salpêtrière. Enfin, le dernier chemin emprunté est celui des Vanités. Car non seulement le cadavre hurlant jeté à la face du spectateur crie "memento mori", mais en outre, la figuration du zombie compose volontiers avec le crâne (ou autre élément squelettique), la bougie, l'horloge, le coquillage, l'instrument de musique... et jusqu'à l'aliment pourri...
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Nombre de pages
194
Date de parution
28/01/2015
Poids
308g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782840161998
Titre
Zombie, une fable anthropologique
Auteur
Le Maître Barbara ; Schifano Laurence
Editeur
PARIS OUEST
Largeur
150
Poids
308
Date de parution
20150128
Nombre de pages
194,00 €
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A l'origine de ce livre, il y a d'abord le trouble éprouvé chaque fois qu'une photographie apparaît au sein d'un film : qu'ont à faire ensemble ces images dans l'élaboration figurative ? Et surtout quel rapport entretiennent-elles avec l'empreinte sur le fond primordial de laquelle elles s'enlèvent l'une et l'autre ? Au moment où il élabore sa mécanique du désir, Freud pose un lien singulier entre le manque, l'empreinte et l'image : pas de désir sans manque, dit-il en substance, et surtout pas de désir sans empreinte et sans transformation de l'empreinte en image. L'enjeu consiste alors à revenir sur l'empreinte lumineuse à partir de l'empreinte psychique : faisant l'hypothèse que le manque est une force constitutive du travail des images-empreintes, Barbara Le Maître montrera comment l'irruption du photographique au sein du filmique nous renvoie face au premier laboratoire du désir. Des œuvres de Johan Van der Keuken, d'Atom Egoyan ou de Jean Eustache servent d'appui à une visée théorique qui reformule les propositions de Freud en termes esthétiques.
Le film de G.A Romero a majoritairement été inscrit dans une perspective socio-politique. En démultipliant les angles d'approche, le présent ouvrage contribuera à renouveler le regard sur un film assez peu étudié. Par ailleurs, l'ouvrage confronte des lectures du film issues d'horizons géographiques et de traditions de pensée variés. Ouvrage de référence des études cinéma à l'université.
Résumé : Les oeuvres de Brian De Palma, Ryan Gander, Jean-Luc Godard, Dominique Gonzalez-Foerster, Fabrice Lauterjung, Mark Lewis, Chris Marker et Tony Smith invitent à méditer le caractère imaginaire du patrimoine cinématographique, et du musée aussi bien. Il s'agit de se demander ce que le cinéma fait au musée, c'est-à-dire ce qu'il y fait et ce qu'il lui fait - et, réciproquement, ce que le musée fait au cinéma.
Cet ouvrage vise à rendre compte de la richesse et de la complexité des rapports que Susan Sontag, tout à la fois intellectuelle engagée, écrivaine et réalisatrice, entretenait avec le cinéma. Il existe en effet une dissymétrie frappante entre l'intérêt que Sontag a porté presque toute sa vie à ce médium et la manière dont s'est construite sa postérité intellectuelle. On connaît l'importance qu'occupe la photographie dans ses écrits, on peut savoir aussi que Sontag s'est particulièrement intéressée à la danse, au théâtre et à la littérature – qu'elle-même fut romancière. Mais la question cinématographique demeure marginale dans les études portant sur son oeuvre, alors même que le cinéma fut pour elle une passion de premier plan et qu'il joua un rôle essentiel dans sa formation intellectuelle. Plus encore, on oublie souvent qu'elle-même fut cinéaste, réalisant quatre longs-métrages au cours de sa vie. Rassemblant les contributions de spécialistes en études cinématographiques, d'artistes ou de critiques, cet ouvrage s'attache ainsi à analyser la manière dont les films de Sontag constituent un mode d'exploration et de prolongement de sa pensée, tout en reconsidérant réciproquement ses réflexions esthétiques et politiques depuis la question du cinéma, qui occupe une place diffuse mais constante dans ses écrits.
Résumé : Vérités et mensonges sont au coeur de la représentation cinématographique, qu'elle soit documentaire ou fictionnelle. Comme l'indique le titre français du film d'Orson Welles, F For Fake [ Vérités et mensongesl, les deux notions sont souvent indissociables. Le statut ontologique de l'image filmique est déjà problématique car elle produit une illusion de réalité. Le cinéma joue également avec la "vérité" à tous les niveaux : celui de la fabrication du film, de la mise en scène, du travail sur les décors, les effets spéciaux, etc. Le numérique crée à son tour un niveau d'illusion supplémentaire puisqu'il n'a plus besoin de référent dans la réalité. Depuis le documentaire jusqu'au film de fiction, voire ses déclinaisons dans le format sériel, on interrogera donc le cinéma de propagande et le documentaire, le montage des documents et, plus spécifiquement, du côté de la fiction, la manipulation des images et du point de vue chez certains cinéastes. Quelles vérités attendre de l'usine à rêves ? Comme le dit le journaliste à la fin de L'Homme qui tua Liberty Valance (J. Ford, 1962) : " This is the West, Sir. When the legend becomes fact, print the legend " (" C'est l'Ouest, ici. Quand la légende dépasse la réalité, on publie la légende").
Résumé : Longtemps relégué dans l'ombre, le rire est aujourd'hui à la mode. Mais on s'intéresse presque toujours au rire pour d'autres raisons que le rire lui-même. On veut démontrer ses significations philosophiques, exalter ses vertus esthétiques, comme s'il fallait toujours s'excuser de rire et de faire rire. A rebours, L'Esthétique du rire veut s'en tenir au rire. D'abord, en rappelant son irréductible unité, malgré toutes les variantes ou sous-catégories qu'il est loisible d'énumérer (l'ironie, le burlesque, la satire, la blague, la parodie, la farce, etc.). Ensuite, en affirmant avec force que, s'il existe bien un art du rire, il n'est rien d'autre que l'art de faire rire, avec le plus de force et de plénitude possible. Pour saisir cette dynamique du rire, il fallait un dialogue entre les spécialistes du Moyen Age, des siècles classiques et de la modernité post-révolutionnaire. Mais l'histoire ne doit pas faire oublier l'essentiel: la nature anthropologique du rire. Le mécanisme comique plonge dans les zones les plus mystérieuses de l'homme: dans l'inconscient que refoule le moi sérieux; dans les mondes merveilleux de l'enfance; plus généralement, dans un stade archaïque et primitif de l'homme. L'art du rire opère la mystérieuse transfiguration des ténèbres opaques de l'intimité humaine en bruyant feu d'artifice. Et ce sont les extases d'imagination induites par cette inversion miraculeuse qui fait du rire un phénomène d'ordre esthétique.
Les relations d'un auteur et de son éditeur se résument-elles au contrat qui les unit ? Dans cet entretien, Marie Darrieussecq expose avec franchise et vivacité les relations qui la lient à son éditeur, Paul Otchakovsky-Laurens, fondateur des Editions P.O.L. Elle évoque son itinéraire éditorial, de ses débuts, avec le succès de Truismes, jusqu'à aujourd'hui, et réfléchit à son statut d'auteur.