De toutes les légendes maritimes qui, sur les terres bretonnes, marquèrent chaque génération, la cité ? ottante d'Ys est parmi les plus célèbres. L'auteur, enfant de la région, pénètre l'histoire de cet hérissement de verre et d'acier, construit sous le règne de Gradlon, roi d'Armorique et de Cornouaille, et qui, jadis, dominait la baie de Douarnenez. Bercé par le christianisme celtique et le mystère des cultes anciens, aimanté par ces landes, il déblaie les origines de sa mythologie et dévoile, un fragment après l'autre, sa grandeur et sa chute. Car sous la gouvernance de Dahut, ? lle du roi, princesse maudite et cruelle, assoiffée de plaisirs charnels, Ys est voué à disparaître sous les vagues furieuses : druides, fêtards, chevaux, palais, églises, chênes et saules sont promis au ventre de l'océan. La folie de ce conte, obscure et irradiante, portée par la mémoire de l'écrivain, déstabilise, pose la question de la limite : à quel moment les écarts ne sont-ils plus supportables ?
Nombre de pages
120
Date de parution
12/01/2024
Poids
198g
Largeur
125mm
Plus d'informations
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EAN
9782377921454
Titre
La cité des flots
Auteur
Le Guillou Philippe ; Le Groumellec Loïc
Editeur
FATA MORGANA
Largeur
125
Poids
198
Date de parution
20240112
Nombre de pages
120,00 €
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Deux destins entrelacés. Deux frères, Gilles et Guillaume Vègh. L'un est attiré par l'histoire et l'action politique, l'autre dessine et peint. Des bords de l'Elorn, la rivière finistérienne auprès de laquelle ils grandissent, à Paris, du Périgord à Rome, de Dublin à Bologne et du Marais breton à Shanghai, on suit, dans la seconde moitié du xxe siècle et au début du suivant, leurs itinéraires, leurs passions, leurs éclipses et leurs passages douloureux, parce que si les chemins bifurquent, si les vies en apparence se séparent, la force d'un lien et d'un amour hors du commun fait que jamais ils ne se perdront. Plus que le mystère de la gémellité, Le bateau Brume explore la singularité sensible de ces deux vies en miroir.
Et la mort est arrivée en plein coeur de novembre, avec la tempête, les bourrasques qui dépouillaient les arbres, avec surtout la sauvagerie qui ensanglantait Paris. Dans sa descente vers le trépas, mon père n'aura pas pu mesurer cette barbarie, le déferlement de la violence guerrière qui, au moment où son existence s'achevait, lui aurait rappelé les heures noires de son enfance, les rafles, les assassinats aveugles de supposés résistants, la pluie de bombes, la destruction de Brest. La mort de mon père en plein mois noir, à la ligne de fracture de ce novembre historique qui dépasse largement cet événement douloureux et intime, correspond avec cette plongée dans des temps et un monde de haute incertitude. Le 13 et le 17 novembre 2015 m'ont touché comme peu de dates et d'événements auparavant. Je me sens à jamais orphelin d'une stabilité, d'une espérance définitivement perdues".
Philippe Le Caillou est romancier et essayiste. Il a notamment publié Les sept noms du peintre (prix Médicis 1997), Les marées du Faou (2003) et La consolation (2006).
« C'était il y a peu, moins de cinquante ans, et on croirait que tout cela remonte à mille ans. Ilsuffit que je revienne au Faou, pourtant, et le génie des lieux ravive aussitôt les sortilèges d'unmonde qui continue de vivre, fidèle aux mythes, aux rites, loin des atteintes d'une modernitéravageuse. Les lilas blancs et bleus du jardin paradisiaque de Kerrod, les buis, les palmiers, le vert des prairies, les eaux vives sous le pont de bois et au début des paluds, les boiseries dorées deRumengol, la perspective des sources au-delà de l'épaisseur forestière ressuscitent, massive etsûre, la plénitude de l'enfance, d'un monde sans ombre, sans faille, protégé de présencesaimantes, immémorial, transparent, éternellement présent ». Le Faou est une rivière bretonne qui se jette dans les eaux de la rade de Brest. Moins connue que l'Elorn ou l'Aulne qui vivent déjà dans de nombreux livres de Philippe Le Guillou, elle emplit entièrement ce texte très poétique. Cette évocation lyrique et buissonnière d'un humble cours d'eau, promenade charmante dans une campagne immémoriale et pourtant bien ancrée dans le temps de l'enfance, enchantera tous les amoureux de la Bretagne.
Ne croyez pas - sous prétexte que vous avez réglé leur compte aux dieux, avec ou sans linceul de pourpre, en quatre coups de cuiller à pot, et mis l'univers en bouteille, et parce que vous vous faites fort d'exorciser toute chose en l'appelant par son nom, comme on sonne un domestique, et de regarder le soleil bien en face quand ça vous chante - ne croyez pas que c'en est fait pour autant de l'Ombre inexorable qui vous hante et vous guide à chaque pas, lors même qu'elle semble vous suivre comme un chien. Voici l'éternelle Astrologie, à quoi beaucoup de sagesse vous ramène - si un peu de science vous en éloigne. Ainsi soit-il ! Léon-Paul Fargue, dans cet avant dernier livre, jamais repris, vient "rechercher l'illustration vivante des décrets astrologiques". Il y fait briller autant de constellations qu'il aura eu de vies à remplir et donne, par une ivresse verbale, une vision cosmique aussi sérieuse que cocasse : après Paris, ce sont les astres qu'il arpente pour y promener son "âme délinquante et ? ère". Pour cette édition Pierre Alechinsky réalise douze encres reproduites en pleine page.
L'attirance est pour Blanchot ce qu'est, sans doute, pour Sade le désir, pour Nietzsche la force, pour Artaud la matérialité de la pensée, pour Bataille la transgression : l'expérience pure du dehors et la plus dénudée. Encore faut-il bien comprendre ce qui est désigné par ce mot : l'attirance, telle que l'entend Blanchot, ne prend appui sur aucun charme, ne rompt aucune solitude, ne fonde aucune communication positive. Le seul essai essentiel sur Maurice Blanchot.
Ecrivain surréaliste, à la fois poète, conteur, romancier et essayiste, André Pieyre de Mandiargues a entretenu d'étroites relations avec l??uvre écrite et peinte d'Henri Michaux, son ami. Son monde où pulsions et fantasmes bousculent le réel, où une liberté onirique aux con?ns de l'imaginaire et du désir lézarde le quotidien (dans un trouble merveilleux), coïncide par plusieurs frontières avec celui de Michaux. Personne n'était alors mieux placé pour poser sur ?ce très haut phare à feu noir? un regard aussi profond que personnel. Dans ces trois textes Michaux devient un voyant, une sorte d'Aède qui entrevoit dans les ténèbres les contours nets des origines, naissance de toute chose : aimons-le !