Pour qui découvre aujourd'hui la Bretagne, une évidence s'impose : la plupart des maisons construites au cours des dernières décennies présentent un air de parenté qui caractérise désormais le paysage. Cette constatation prélude souvent à la conviction qu'une ancestrale identité serait ici à l'?uvre, suffisamment influente pour empreindre l'essentiel du bâti. Voire. Ce néo-régionalisme, qui se prévaut benoîtement du sens commun, peut aussi intriguer et même suggérer un jeu de dupes où ces maisons patelines feraient écran au démantèlement du monde dont elles se prétendent héritières et garantes. Cette inquiétude trouve aisément à s'alimenter. A l'aube du XXe siècle, le régionalisme architectural - digne prédécesseur artisanal de la grande série d'aujourd'hui, dont le livre retrace la genèse - ne fut-il pas regardé avec tant de méfiance que ses champions, pour l'installer, appelèrent à " manier le blâme et la louange comme le faisaient les missionnaires portant la bonne parole chez les infidèles " ? Et de fait, les nombreuses ressources de l'incitation et de la réglementation furent dès lors constamment mises à contribution, préparant le terrain aux formules édulcorées du néo-régionalisme. qui s'imposèrent durant les trente glorieuses et surent ensuite s'adapter à l'air du temps. Mais l'idéologie, en l'occurrence, fut efficacement relayée par une seconde mécanique. Depuis son entrée dans la sphère de la marchandise, consécutive à une certaine politique du logement, la maison se trouve en effet soumise à un système commercial habile à exploiter les circonstances et à détourner les grands courants qui traversent la société. Ainsi, la crainte d'une irrémédiable dépersonnalisation et les pulsions identitaires qui en ont découlé furent mises à profit pour susciter le désir de cette maison néo-régionale présentée comme solde de tout compte. Mais, loin de porter les valeurs qu'elle prétend assumer, l'ouvrage démontre qu'elle témoigne surtout de la capacité du marché à capter les dispositions d'esprit et à nouer des alliances, quitte à manipuler les intérêts disparates de partenaires souvent abusés.
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Nombre de pages
216
Date de parution
22/01/2004
Poids
410g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782868479129
Titre
La maison ou l'identité galvaudée
Auteur
Le Couëdic Daniel
Editeur
PU RENNES
Largeur
140
Poids
410
Date de parution
20040122
Nombre de pages
216,00 €
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Le passage de la Marine de la voile à la vapeur au milieu du XIXe siècle oblige les arsenaux, tel que celui Brest, à se transformer. Le ministre, à Paris, est informé de l'activité des ports militaires grâce à la production des ateliers photographiques. La fonction des photographies réalisées est essentiellement documentaire, bien que les auteurs anonymes aient tiré parti de l'architecture austère de l'arsenal pour construire des images d'une grande rigueur formelle.Loin de la seule charge nostalgique d'un urbanisme industriel disparu, ces photographies interrogent la mémoire de la ville et du territoire. En arpentant l'arsenal, l'homme dessine une carte autour de la Penfeld, et révèle comment la ville s'est aménagée au XIXe siècle. Cette empreinte a inspiré l'approche de ce livre, les photographies se déploient en suivant le fleuve d'une rive à l'autre, permettant de repérer les différents centres d'activités impliqués dans la vie de l'arsenal.Les textes croisent l'analyse de l'historien-géographe à ceux de la spécialiste de la photographie. Des extraits de documents d'archives accompagnent les photographies afin de se représenter cette ruche peuplée de milliers d'hommes.
Le Couëdic Daniel ; Popescu Carmen ; Sattolo Rache
Une vague de morosité s'abattit sur les villes françaises au cours des années 1970. En fait, depuis dix ans déjà, l'incertitude avait gagné les milieux de l'architecture et de l'urbanisme, laissant désemparés ceux qui s'étaient ralliés d'enthousiasme au Mouvement moderne et constataient brutalement que ses charmes s'étiolaient. Les vieilles villes y trouvèrent une rédemption. Mais cette brutale révision doctrinale, qui glorifiait la longue durée et proclamait que l'histoire garantissait l'avenir, compliquait évidemment la tâche de ceux qui ne pouvaient s'en prévaloir. Elle rendait spécialement angoissante la situation des villes qui avaient connu une brutale interruption de leur destinée et qu'il avait fallu reconstruire. Déjà, pour d'obscures raisons, leur souvenir était remisé dans la médiocre catégorie des réalisations de l'urgence, dépourvues d'inspiration et de ressources. Elles rencontraient même la défiance de leurs habitants taraudés par la nostalgie ou le regret et la critique des spécialistes dépités que leur relèvement rient manifesté plus d'audace. Pourtant, ces villes sans mérite apparent constituaient un remarquable laboratoire pour interroger les raisons mêmes de l'urbain et leur relation au passé. Surtout, leur incapacité hâtivement proclamée à offrir des conditions propices à l'épanouissement d'un espace public satisfaisant rejoignait l'actualité d'une question qui ne pouvait espérer un plus vaste champ d'élucidation. Brest fut alors pionnière. On y conduisit des recherches originales ponctuées d'hypothèses qui justifièrent des expérimentations inédites et à très grande échelle. La plus ambitieuse d'entre elles, la plus spectaculaire et la plus commentée, la plus polémique aussi, mit à contribution des artistes parmi les plus en vue de l'époque ou à l'aube de leur ?uvre, invités ou surgis spontanément. Bien loin en l'occurrence du rôle " d'enlumineurs " de la ville qu'on leur concédait parfois, ils furent promus acteurs principaux de sa transfiguration morale. A la reconstruction architecturale, jugée responsable de bien des maux réels ou psychosomatiques, on opposait ainsi une " reconstruction mentale " capable pensait-on d'apporter un supplément d'âme et de conduire à l'apaisement. En relatant et commentant les trois décennies de cette saga brestoise, l'intention est bien d'éclairer quelques questions universelles, auxquelles l'urbanisme se trouve confronté, et d'apprécier le secours que l'art et les artistes peuvent lui apporter.
L'école d'architecture de Rennes est ici racontée à l'appui de recherches rigoureuses et d'illustrations d'archives, des origines à nos jours, avec des portraits d'enseignants et d'élèves ayant marqué l'établissement. L'enseignement de l'architecture fut longtemps cantonné à Paris, dans l'Ecole nationale des beaux-arts, mais les bouleversements du XIXe siècle transformèrent la profession, ce qui poussa à envisager la création d'écoles en province. Le débat fut cependant vif car l'idée contrariait divers cénacles craignant que cette décentralisation rognât leurs avantages ou leur réputation. La décision fut cependant prise en 1903 où sept villes furent autorisées à se doter d'une école régionale d'architecture. Rennes fut la seconde à se doter d'un tel établissement. Il put rapidement s'enorgueillir d'enseignants remarquables. Les carrières de ses élèves rendirent compte de la valeur de l'enseignement : son premier diplômé, compte un édifice inscrit à l'inventaire des monuments historiques, Yves Lemoine a doté Rennes de remarquables édifices, Maurice Marchal, a dessiné le Gwenn ha Du, etc. Comme dans tous les domaines de l'enseignement supérieur, 1968 vint rebattre les cartes : la pédagogie changea radicalement tandis que les effectifs croissaient spectaculairement. La partition rennaise fut originale et réunit à nouveau des enseignants de premier plan, tel Justino Serralta, qui avait travaillé auprès de Le Corbusier. L'oeuvre des enseignants et des élèves de la désormais Ecole nationale supérieure d'architecture de Bretagne aura, tout au long de son histoire, grandement contribué à changer l'image de la Bretagne.
Humbert-Amemiya Hiroko ; Cabel Eflamm ; Numajiri R
Le japonais... comme au Japon. Chotto Nihongo vous offre : des explications en français facilitant l'auto-apprentissage, un lexique de plus de 1 300 mots et une centaine d'idéogrammes (Kanji) pour découvrir et pratiquer l'écriture japonaise ; un accès aux structures de base de la langue et de la grammaire japonaises avec des exercices corrigés ; des dialogues et de petits textes inspirés de la vie quotidienne avec les expressions usuelles pour se débrouiller dans la vie réelle. Ils sont suivis par des exercices de compréhension et leurs corrigés en fin de volume ; des présentations du contexte socioculturel japonais comme dans aucun autre manuel. Chotto Nihongo est un excellent outil interactif entre étudiants et enseignants dans un cursus d'apprentissage du japonais. C'est dans un tel cadre qu'il a été élaboré, au cours de plusieurs années, par l'auteur.
Cohen Evelyne ; Gangloff Anne ; Giuliani Jean-Domi
Comment fabrique-t-on des héros et des héroïnes ? Comment expliquer que certains processus d'héroïsation aboutissent à la reconnaissance publique d'un individu comme supérieur, digne d'un culte (au sens propre ou métaphorique), alors que d'autres échouent ? Le livre qui étudie à la fois des textes et des images fixes ou en mouvement porte sur le phénomène de l'héroïsation conçu comme un processus de construction développé par un réseau d'acteurs. Il s'attache aux processus d'héroïsation eux-mêmes en examinant divers attributs, acteurs et obstacles. Il analyse différentes figures d'héroïnes et de héros à une période donnée, dans le temps long ou bien dans une perspective genrée. Il interroge la temporalité des héroïsations : certaines périodes historiques, certains régimes politiques, certaines sociétés ont été plus propices que d'autres au phénomène de l'héroïsation, et c'est précisément le cas de notre époque où l'on parle de plus en plus souvent de héros, comme on le constate depuis la Covid et la guerre en Ukraine. Il s'inscrit de façon pluridisciplinaire dans une vaste perspective chronologique, depuis l'Antiquité grecque, grande pourvoyeuse de héros, jusqu'à Zelenski, héros de la série télévisée "Serviteur du peuple" . Publié dans le cadre de la chaire Jean Monnet FABER de l'université Rennes 2
Résumé : Chaque jour depuis plus de 20 ans, le docteur Vincent Morel accompagne des patients qui vont mourir. Comment ces malades abordent-ils cette phase ultime de leur existence ? Quelles questions posent-t-ils ? Comment les accompagner et les soulager ? Comment leurs expliquer ce que sont réellement les soins palliatifs trop souvent assimilés à l'échec des traitements ? Ces questions se doublent aujourd'hui de celle de l'euthanasie et du suicide assisté. Cette question posée par les patients eux-mêmes fait aussi partie de son quotidien. Et elle mobilise autant les soignants qu'elle anime la société. Au lieu de s'enfermer dans une réponse binaire qui chercherait à soutenir une position militante, l'auteur invite au doute et à la réflexion. A partir de ses rencontres au chevet des malades, il présente les différents arguments qui agitent le débat public. Dans une société en mouvement, il apporte les outils cliniques, historiques, éthiques, conceptuels, juridiques nécessaires à la prise de position que chacun prendra librement.
L'histoire du serment politique en Occident est celle d'un long dévoiement. Ce rite habillé d'oripeaux antiques, médiévaux et religieux, avait été pensé comme l'instrument de la conjuration des hommes libres. Il sera devenu un des moyens de conjurer leur liberté. Alliance des hommes libres et égaux sous le regard de Dieu, il est progressivement encadré par les puissances politiques et ecclésiales, puis capté par l'Etat moderne à partir du XVIIe siècle. L'expérience révolutionnaire cherchera à redonner au serment son caractère démocratique et égalitaire, avant qu'au XIXe il ne devienne un rite de sujétion bureaucratique. Dans les régimes autoritaires et totalitaires, il exprime non seulement une fidélité politique mais il est la marque d'un biopouvoir par lequel l'individu abdique sa conscience et jusqu'à son propre corps dans le peuple, le parti, l'Etat, l'idéologie, le chef. C'est à une histoire politique enracinée dans les pratiques juridiques et les doctrines religieuses propres à l'Occident, et aujourd'hui négligée, que ce livre s'attache à donner une lecture originale et novatrice, puisqu'il s'agit de la première synthèse en français sur l'histoire du serment.