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Eloge de la marche
Le Breton David
METAILIE
10,00 €
Épuisé
EAN :9782864243519
La marche est ouverture au monde. Elle rétablit l'homme dans le sentiment heureux de son existence. Elle plonge dans une forme active de méditation sollicitant une pleine sensorialité. On en revient parfois changé, plus enclin à jouir du temps qu'à se soumettre à l'urgence prévalant dans nos existences contemporaines. Marcher, c'est vivre par corps, provisoirement ou durablement. Le recours à la forêt, aux routes ou aux sentiers, ne nous exempte pas de nos responsabilités croissantes envers les désordres du monde, mais il permet de reprendre son souffle, d'affûter ses sens, de renouveler sa curiosité. La marche est souvent un détour pour se rassembler soi. Marcher, dans le contexte du monde contemporain, pourrait évoquer une forme de nostalgie ou de résistance. Les marcheurs sont des individus singuliers qui acceptent des heures ou des jours de sortir de leur voiture pour s'aventurer corporellement dans la nudité du monde. La marche est le triomphe du corps avec des tonalités différentes selon le degré de liberté du marcheur. Elle est propice au développement d'une philosophie élémentaire de l'existence sur une série de petits riens, elle amène un moment le voyageur à s'interroger sur soi, son rapport à la nature ou aux autres, à méditer sur une foule de questions inattendues. La flânerie paraît un anachronisme dans le monde où règne l'homme pressé. Jouissance du temps, des lieux, la marche est une dérobade, un pied de nez à la modernité. Elle est un chemin de traverse dans le rythme effréné de nos vies, une manière propice de prendre de la distance. Il s'agit de parler de la marche consentie le plaisir au ventre, celle qui sollicite la rencontre, la conversation, la jouissance du temps, la liberté de s'arrêter ou de continuer ou de continuer le chemin. Invitation au plaisir et non guide pour bien faire. Jubilation tranquille de penser et de marcher. Pour ce livre, la sensorialité, la jouissance du monde est au coeur de l'écriture et de la réflexion. L'auteur a pris la clé des champs à la fois par l'écriture et par les chemins frayés. Ce livre mêle dans les mêmes pages Pierre Sansot ou Patrick Leigh Fermor, il fait dialoguer Basho et Stevenson sans souci de rigueur historique car le propos n'est pas là, il s'agit seulement de marcher ensemble et d'échanger des impressions comme si nous étions autour d'une bonne table dans une auberge du bord de route, le soir, quand la fatigue et le vin délient les langues. Balade en toute simplicité et en bonne compagnie où il importe aussi à l'auteur de dire son plaisir non seulement de la marche mais aussi de maintes lectures et le sentiment constant que toute écriture est nourrie de celle des autres et qu'il est légitime dans un texte de rappeler cette dette de jubilation qui alimente souvent la plume de l'écrivain. Pour le reste, ce sont des souvenirs qui défilent, des impressions, des rencontres, des conversations à la fois essentielles et dérisoires, en un mot la saveur du monde.
Résumé : Les émotions ne sont pas spontanées, mais rituellement organisées. Reconnues en soi et signifiées aux autres, elles mobilisent un vocabulaire et des mouvements précis du corps qui diffèrent selon les cultures. C'est ce que montre David Le Breton dans cette anthropologie des émotions, où il analyse, entre autres, le statut du corps dans la communication, les ritualités du regard, ou encore le métier de comédien, qui offre une étonnante illustration de la façon dont les hommes se saisissent des signes pour vivre et donner à voir leurs émotions.
Communiquer n'est pas parler. Il suffit de jeter un coup d??il sur n'importe quelle rue, n'importe où dans le monde, et de chercher le nombre de passants qui ne cheminent pas les yeux fixés sur leur portable.Les usages sociaux des techniques de communication ont radicalement changé la vie quotidienne et les modalités de relations aux autres. Elles ont affecté en profondeur l'intimité et ébranlé particulièrement la conversation qui était la matrice première de la sociabilité.La communication, c'est l'interposition de l?écran dans la relation à autrui, la distance, l'absence physique. Utilitaire, efficace, elle appelle une réponse immédiate et exige une disponibilité absolue.La conversation relève de la gratuité, de la flânerie, elle est une parole partagée. Il s'agit d?être ensemble et de dialoguer en prenant son temps. Si la communication fait disparaître le corps, la conversation sollicite une présence mutuelle. Le silence dans la conversation est une respiration, dans la communication c'est une panne.David Le Breton nous fait prendre conscience du danger de cette nouvelle absence au monde et des souffrances qu'elle provoque. Il nous incite à rester capables d?échanger des sourires avec des inconnus et de parler ensemble de la pluie et du beau temps. Juste rester humains.
Résumé : La sociologie du corps est un chapitre de la sociologie plus particulièrement attaché à la saisie de la corporéité humaine comme phénomène social et culturel, matière de symbole, objet de représentations et d'imaginaires. Elle rappelle que les actions qui tissent la trame de la vie quotidienne, des plus futiles ou des moins saisissables à celles qui se déroulent sur la scène publique, impliquent l'entremise du corps.De quelle manière cette sociologie de l'enracinement physique de l'acteur dans son environnement propose-t-elle une élucidation des logiques sociales et culturelles ?
Cédric Gras livre un récit de voyage sur l'effondrement écologique de l'ère post-soviétique. ??? ? Depuis les bords de la mer d'Aral, aujourd'hui presque asséchée, Cédric Gras remonte aux sources du mythique fleuve Amou-Daria. En traversant les républiques ex-soviétiques d'Ouzbékistan, du Turkménistan ou du Tadjikistan, il pêche avec des braconniers, rencontre les ramasseuses de coton et admire les cités des routes de la soie. Là un dictateur fantasque a fait bâtir une capitale de marbre dans les sables. Ailleurs, un président érige des barrages records. Plus loin les Talibans creusent un canal qui achève de saigner le fleuve. Dans le terrible désert du Karakoum, la Sécurité d'Etat entrave son voyage, mais il parvient, au terme de 2 500 kilomètres, au plus long glacier du monde, niché dans le Pamir et véritable château d'eau d'une Asie centrale menacée par la soif... "Un passionnant thriller post-soviétique sur les origines de ce désastre écologique" Le Nouvel Obs Né en 1982, Cédric Gras a suivi des études de géographie entre la France et la Russie avant de diriger plusieurs Alliances françaises en Russie et en Ukraine puis de se consacrer à l'écriture. Il a notamment publié chez Points Alpinistes de Staline (2023) et Alpinistes de Mao (2024).