
Eloge de la marche
La marche est ouverture au monde. Elle rétablit l'homme dans le sentiment heureux de son existence. Elle plonge dans une forme active de méditation sollicitant une pleine sensorialité. On en revient parfois changé, plus enclin à jouir du temps qu'à se soumettre à l'urgence prévalant dans nos existences contemporaines. Marcher, c'est vivre par corps, provisoirement ou durablement. Le recours à la forêt, aux routes ou aux sentiers, ne nous exempte pas de nos responsabilités croissantes envers les désordres du monde, mais il permet de reprendre son souffle, d'affûter ses sens, de renouveler sa curiosité. La marche est souvent un détour pour se rassembler soi. Marcher, dans le contexte du monde contemporain, pourrait évoquer une forme de nostalgie ou de résistance. Les marcheurs sont des individus singuliers qui acceptent des heures ou des jours de sortir de leur voiture pour s'aventurer corporellement dans la nudité du monde. La marche est le triomphe du corps avec des tonalités différentes selon le degré de liberté du marcheur. Elle est propice au développement d'une philosophie élémentaire de l'existence sur une série de petits riens, elle amène un moment le voyageur à s'interroger sur soi, son rapport à la nature ou aux autres, à méditer sur une foule de questions inattendues. La flânerie paraît un anachronisme dans le monde où règne l'homme pressé. Jouissance du temps, des lieux, la marche est une dérobade, un pied de nez à la modernité. Elle est un chemin de traverse dans le rythme effréné de nos vies, une manière propice de prendre de la distance. Il s'agit de parler de la marche consentie le plaisir au ventre, celle qui sollicite la rencontre, la conversation, la jouissance du temps, la liberté de s'arrêter ou de continuer ou de continuer le chemin. Invitation au plaisir et non guide pour bien faire. Jubilation tranquille de penser et de marcher. Pour ce livre, la sensorialité, la jouissance du monde est au coeur de l'écriture et de la réflexion. L'auteur a pris la clé des champs à la fois par l'écriture et par les chemins frayés. Ce livre mêle dans les mêmes pages Pierre Sansot ou Patrick Leigh Fermor, il fait dialoguer Basho et Stevenson sans souci de rigueur historique car le propos n'est pas là, il s'agit seulement de marcher ensemble et d'échanger des impressions comme si nous étions autour d'une bonne table dans une auberge du bord de route, le soir, quand la fatigue et le vin délient les langues. Balade en toute simplicité et en bonne compagnie où il importe aussi à l'auteur de dire son plaisir non seulement de la marche mais aussi de maintes lectures et le sentiment constant que toute écriture est nourrie de celle des autres et qu'il est légitime dans un texte de rappeler cette dette de jubilation qui alimente souvent la plume de l'écrivain. Pour le reste, ce sont des souvenirs qui défilent, des impressions, des rencontres, des conversations à la fois essentielles et dérisoires, en un mot la saveur du monde.
| Nombre de pages | 177 |
|---|---|
| Date de parution | 05/05/2000 |
| Poids | 201g |
| Largeur | 125mm |
| EAN | 9782864243519 |
|---|---|
| Titre | Eloge de la marche |
| ISBN | 2864243512 |
| Auteur | Le Breton David |
| Editeur | METAILIE |
| Largeur | 125 |
| Poids | 201 |
| Date de parution | 20000505 |
| Nombre de pages | 177,00 € |
| Disponibilité | Epuisé |
Pourquoi choisir Molière ?
Du même auteur
-

QUE RESTE-T-IL DU CORPS ? - VOL24
LE BRETON DAVIDPour des courants influents de la postmodernité, la personne consiste dans la somme d'informations qui règne sur un archipel d'os et d'organes régit par des fonctions biologiques, elle est le « fantôme dans la machine » (Ryle). Dans le dualisme cartésien dont nous sommes les héritiers, le corps est une sorte de véhicule de la personne, l'enclos matériel de son intériorité. Dans ce contexte où domine l'information, le rendement, l'efficacité, l'utilitarisme, etc. Une vaste littérature technophile, émerveillée par les technologies contemporaines, voit un avenir radieux se dessiner devant nous, fait de prothèses, de puces électroniques. Le corps est aujourd'hui perçu à l'image de la relique indigne d'une humanité dont on prétend qu'elle est dépassée. La maladie, la mort, rançon de la condition corporelle de l'humain sont désormais perçues comme prochainement vaincues par l'avancée des connaissances scientifiques. L'immortalité serait pour demain, la maladie n'aura plus la moindre virulence. La science est aujourd'hui érigée par certains scientifiques en substitut de Dieu, ils promettent le paradis dans les décennies à venir sans bien, par ailleurs, réfléchir au contexte sociologique d'aujourd'hui où règne une inégalité sociale terrifiante entre les individus et les sociétés à travers le monde. Il ne s'agit nullement ici de dénigrer les avancées scientifiques. Le cyborg est déjà dans nos murs, il n'est pas le surhomme de demain, mais il prend la figure d'hommes ou de femmes malades ou handicapées dont l'appareillage technique sauve les vies ou leur octroie une autonomie dont on aurait même pas rêvé il y a trente ans. Mais bien entendu des prothèses à visée thérapeutique, restaurant un organe ou une fonction ne soulèvent guère d'objections, elles s'intègrent dans un long processus de réparation et d'ingéniosité de la médecine. Les visées « mélioristes » (enhancement) sont nettement plus problématiques visant à « améliorer » l'homme, à maximiser ses performances. L' « améliorer » au nom de quelle valeur ? Pourquoi ... La technique devient une religiosité, un techno-prophétisme, une voie de salut pour délivrer l'homme de ses anciennes limites posées désormais comme des pesanteurs. Exigence d'une liberté que plus rien ne borne sinon le désir, et surtout pas la responsabilité. « Augmenter » l'humain prend différente forme, sans relation souvent les unes avec les autres, sinon dans l'imaginaire d'un monde sans maladie, avec une mort repoussée à l'infini, une volonté de maitrise radicale de tous les processus corporels. L'analyse doit se tenir hors des deux tentations, celle de la nostalgie d'un corps ancien, perçu comme une sorte d'ontologie de l'humain, un lieu naturel et irréductible, et celle de la fascination pour une technologie remaniant en profondeur un corps perçu comme obsolète. Tel est l'objet de ce volume qui mêle des chercheurs ayant écrit et réfléchit sur les technologies, et sur le corps. Dans ce contexte où des techno-prophètes énoncent leSur commande en 6-8 joursCOMMANDER17,50 € -

L'adolescence. Un âge à part entière
Le Breton DavidMal-être, conduites à risque, contrôle de son apparence, addictions, difficultés affectives ou sociales, troubles alimentaires... L'adolescence se révèle pour certains une épreuve difficile. Vécue avec exubérance ou discrétion, elle reste un passage obligé, même si elle est ressentie de façon différente par chaque nouvelle génération. Cette bande dessinée revient sur ce qui caractérise l'adolescence dans notre société en perpétuel changement.Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER10,00 € -

Signes d'identité. Tatouages, piercings et autres marques corporelles
Le Breton DavidTatouage, piercing, scarifications, cutting, burning, peeling... Les marques corporelles sont à la mode et se sont débarrassées des valeurs négatives qui leur étaient associées. Que signifient-elles aujourd'hui pour les jeunes générations? Le Breton inscrit ces pratiques dans la tendance contemporaine à considérer le corps comme inachevé, un brouillon ouvert à tous les embellissements, à toutes les modifications. De même relie-t-il sa réflexion à ses recherches sur les conduites à risque, largement développées dans Passions du risque en montrant l'importance des marques corporelles dans le processus de « remise au monde », de reconstruction de soi des jeunes en difficulté. Moins ambitieux que ses livres précédents, Signes d'identité en constitue ainsi une sorte de chapitre supplémentaire particulièrement documenté. --Michel Abescat-- -- TéléramaEpuiséVOIR PRODUIT18,50 € -

La sociologie du corps. Edition 2018
Le Breton DavidRésumé : La sociologie du corps est un chapitre de la sociologie plus particulièrement attaché à la saisie de la corporéité humaine comme phénomène social et culturel, matière de symbole, objet de représentations et d'imaginaires. Elle rappelle que les actions qui tissent la trame de la vie quotidienne, des plus futiles ou des moins saisissables à celles qui se déroulent sur la scène publique, impliquent l'entremise du corps.De quelle manière cette sociologie de l'enracinement physique de l'acteur dans son environnement propose-t-elle une élucidation des logiques sociales et culturelles ?EpuiséVOIR PRODUIT9,00 €
Du même éditeur
-

Ici et maintenant
Casacuberta Pablo ; Gaudry FrançoisEmployé de classe internationale pour hôtel de classe internationale. C'est ainsi que l'hôtel Samarcanda entend recruter un nouveau groom. Máximo, dix-sept ans, trois poils de barbe, bien décidé à sortir de l'enfance, se porte candidat. Adolescent solitaire un brin obsessionnel, passionné par la lecture de revues scientifiques et fasciné par les mécanismes de sa pensée, qu'il observe pendant des heures, il est convaincu que cette expérience sera sa véritable entrée dans le monde des adultes. Comme souvent dans les romans d'apprentissage, rien n'est conforme à ce qui était prévu, et c'est tant mieux. Passé et futur se bousculent et forment un précipité subtil et drôle, où l'on résout à la fois le mystère de l'origine tout en sautant dans l'inconnu - l'amour peut-être ? Où l'on découvre aussi que personne n'est exactement celui qu'on croit : il faut être indulgent. Et même tendre. Ce court roman époustouflant de maîtrise, splendidement écrit, est une des plus belles choses qu'il nous ait été donné de lire sur l'art délicat de grandir.Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER17,00 € -

Le rêve du retour
Castellanos Moya Horacio ; Solis RenéErasmo Aragón est un journaliste salvadorien exilé au Mexique. Au début des années 1990, le gouvernement du Salvador et la guérilla entament des négociations ; il songe à regagner son pays d'origine, ce qui lui permettrait également de planter là sa femme et sa fille, qui l'énervent prodigieusement (d'autant plus qu'Eva sa femme vient de lui révéler sa liaison avec un acteur de pacotille). Hanté par des souvenirs confus, de vieilles culpabilités et la peur de ce qui l'attend au Salvador - après tout, il a toujours soutenu la guérilla - il vit dans un état second, coincé entre les vapeurs de l'alcool et les bouffées d'angoisse. Terrorisé par une douleur lancinante au foie qui l'empêcherait presque de boire si elle ne le poussait pas à se précipiter un peu plus dans la vodka tonic, il consulte don Chente Alvarado, un vieux médecin placide qui lui prescrit des séances d'hypnose censées le soulager. Au réveil, il ne se rappelle de rien. Paranoïaque, égoïste, velléitaire, le narrateur nous entraîne dans un flot de phrases délirantes, au bord de la crise de nerfs, de soirées arrosées en lendemains de cuites, obsessionnel jusqu'à la déraison, organique, désagréable. Avec ce roman brillant, Castellanos Moya continue sa grande exploration de la violence, ici incrustée au plus profond de l'individu, comme si la guerre habitait les corps bien longtemps après la fin des hostilités.Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER17,00 € -

LE MONDE EXTERIEUR
Franco Jorge ; Solis RenéLe 9 août 1971, à Medellín, un homme d'affaires, Diego Echevarría, est enlevé. Grand admirateur de la culture allemande il avait fait construire un pastiche du château de La Rochefoucauld. Il y vivait en écoutant Wagner avec sa femme et sa fille, Isolda, qu'il veut garder à l'abri du monde. L'atmosphère de la demeure est oppressante pour l'adolescente qui trouve dans le parc comment tromper sa solitude. Elle vit dans un monde de fées, de lucioles et d'esprits des bois. La police quadrille la ville à la recherche de Diego, la télévision montre son portrait, les négociations de la rançon piétinent. Mono, l'un des ravisseurs, est obsédé par Isolda depuis l'enfance, il lui raconte les longues heures passées à la guetter, perché dans les arbres, il dit " notre " Isolda. Des menaces invisibles venues du monde extérieur se glissent silencieusement entre les arbres du parc. Inspiré de faits et de personnages réels (l'un des complices du Mono se nommait Pablo Escobar), dans une Medellín qui ne va pas tarder à basculer dans la spirale de la corruption, de la violence et du trafic de drogue, l'auteur construit, avec un remarquable sens de la tension, un conte de fées ténébreux, qui devient la chronique d'un crime et l'histoire d'une obsession amoureuse, celle du kidnappeur pour la fille de son otage. Un roman fantastique entre les frères Grimm et les frères Cohen.Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER20,00 € -

Signes d'identité. Tatouages, piercings et autres marques corporelles
Le Breton DavidTatouage, piercing, scarifications, cutting, burning, peeling... Les marques corporelles sont à la mode et se sont débarrassées des valeurs négatives qui leur étaient associées. Que signifient-elles aujourd'hui pour les jeunes générations? Le Breton inscrit ces pratiques dans la tendance contemporaine à considérer le corps comme inachevé, un brouillon ouvert à tous les embellissements, à toutes les modifications. De même relie-t-il sa réflexion à ses recherches sur les conduites à risque, largement développées dans Passions du risque en montrant l'importance des marques corporelles dans le processus de « remise au monde », de reconstruction de soi des jeunes en difficulté. Moins ambitieux que ses livres précédents, Signes d'identité en constitue ainsi une sorte de chapitre supplémentaire particulièrement documenté. --Michel Abescat-- -- TéléramaEpuiséVOIR PRODUIT18,50 €
De la même catégorie
-

A nos vertes amours irlandaises ! (Journal d'Irlande 2008-2018)
Jaouen HervéA nos vertes amours irlandaises renouvelle le genre du carnet de voyage et crée la surprise en donnant à voir une Irlande en pleine mutation, malmenée par la crise, mais qui pense à son avenir avec détermination. De 2008 à 2018, à l'écart des routes touristiques, Hervé Jaouen s'est glissé dans le quotidien des Irlandais, à la recherche d'authentique et de vérité. Sans jamais forcer les portes, il a pris le temps d'écouter et de traduire les sentiments d'inconnus et d'amis de quarante ans. D'un ton allègre, il s'attaque à des sujets graves qu'il traite avec un mordant teinté d'humour, tord le cou à certaines idées reçues, revient sur des thèmes qui lui sont chers, comme la pêche à la mouche... De nouveau, et plus que jamais, Hervé Jaouen poétise ses impressions comme personne, continue d'éveiller des rêves d'Irlande, ravive la mémoire des amoureux de Bile verte. Sous les ciels changeants que l'écrivain voyageur sait si bien décrire, se révèle l'âme d'un peuple prompt à l'échange devant une pinte de bière ou dans l'intimité d'une maison d'hôtes.EpuiséVOIR PRODUIT10,00 € -

Une histoire de tout, ou presque ...
Bryson Bill ; Bouillot FrançoisePosez une question, Bryson y répond dans ce livre, clair, synthétique, vivant, truffé d'anecdotes, qui conjugue avec bonheur science et sourire. Vous y apprendrez sans efforts par quels hasards, traits de génie, intuitions, déductions, expérimentations, débats, les hommes en sont arrivés à connaître le monde tel qu'ils le connaissent aujourd'hui. Tout y est (ou presque) de l'histoire des sciences, de notre planète et de l'univers. Un merveilleux compagnon, dont la lecture devrait être recommandée à tous les collégiens? et à leurs parents!Ce livre a été un best-seller en France et dans le monde entier. Il a reçu le prestigieux prix Aventis du meilleur livre de vulgarisation scientifique et l'Union européenne lui a décerné le prix Descartes pour la communication scientifique.EpuiséVOIR PRODUIT11,50 € -

La vie que j'ai voulue
Franceschi PatriceDu Congo à l'Amazonie et de la mer de Chine à la Nouvelle-Guinée, Patrice Franceschi nous fait le récit de ses innombrables aventures. Il a partagé la vie des Pygmées, des Indiens, des Papous, été le premier aviateur à accomplir le tour du monde en U.L.M., et suivi le Nil de sa source à la mer. Il nous raconte aussi la part de sa vie consacrée aux missions humanitaires, de la Somalie au Kurdistan, et dévoile l'intensité de ses années passées au côté de la résistance afghane combattant l'armée soviétique.Corse né en décembre 1954, Patrice Franceschi partage sa vie entre écriture et aventure. Ses récits, romans, poésies, essais, sont inséparables de ses engagements et d'une existence libre et tumultueuse où il tente " d'épuiser le champ du possible ". Il est aussi marin et capitaine du trois-mâts d'exploration La Boudeuse." Pour ceux qui veulent réaliser leurs rêves "MarianneSur commande en 2-4 joursCOMMANDER39,00 € -

Aller voir ailleurs. Dans les pas d'un voyageur aveugle
Brouillaud Jean-Pierre ; Franceschi PatricePersonne ne destinait Jean-Pierre Brouillaud à une vie de voyages et d'aventures. Devenu aveugle à l'adolescence et révolté par ce coup du sort, il plonge dans la petite délinquance. Placé dans un institut pour malvoyants où les soignants s'entêtent à tout faire à sa place, Jean-Pierre Brouillaud découvre que ses autres sens se sont développés pour compenser celui perdu. Dès lors il n'aura de cesse de dépasser les limites imposées par son handicap et la société. On lui déconseille de traverser la rue sans aide ? Il décide de partir visiter le monde. C'est le début d'un parcours initiatique où le voyage constitue le moyen de se construire en tant qu'homme.Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER14,60 €
