Les justices royales secondaires en Languedoc et en Roussillon, XVIIe-XVIIIe siècles
Larguier Gilbert
PU PERPIGNAN
18,00 €
Sur commande
EAN :9782354120214
Histoire de la justice et des justiciables S'est longtemps bornée aux grandes institutions: le Parlement en Languedoc, le Conseil souverain dans la province du Roussillon. Les justices inférieures (on dit secondaires et subalternes) restaient dans l'ombre, desservies par leur médiocre réputation et la conservation très inégale de leurs archives. On sait maintenant les limites de cette approche: les cours souveraines jugeaient principalement en appel, la majorité des affaires était traitée par les justices de première instance. Or, contrairement au discrédit supposé dans lesquelles elles seraient tombées, elles restaient vivantes le plus souvent, fonctionnaient mieux qu'on l'a dit. Les justiciables appréciaient ces justices de proximité, relativement rapides, peu onéreuses, où la porte restait ouverte aux accommodements entre parties adverses. Les tribunaux des vigueries de la province du Roussillon, étudiés pour la première fois grâce au classement récent de leurs archives, illustrent ce constat. Ils ne perdent rien de leur vigueur après le Traité des Pyrénées, servis par des juges du cru formés à l'université de Perpignan. Là étaient portés les conflits du quotidien, depuis les altercations de voisinage jusqu'aux vols de bestiaux, aux viols, aux meurtres. Les caractères et le fonctionnement profond de la société se dévoilent à travers eux.
Commandé avant 16h, livré demain
Nombre de pages
194
Date de parution
17/04/2008
Poids
355g
Largeur
160mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782354120214
Titre
Les justices royales secondaires en Languedoc et en Roussillon, XVIIe-XVIIIe siècles
Auteur
Larguier Gilbert
Editeur
PU PERPIGNAN
Largeur
160
Poids
355
Date de parution
20080417
Nombre de pages
194,00 €
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison à domiciledès 5,10 €
Relativement délaissés par la recherche historique depuis quelques lustres, sauf sur des points très particuliers, métiers et gens de métiers sont un des socles les plus solides et les plus représentatifs des sociétés préindustrielles. Par eux se transmettaient les savoir-faire, se forgeaient des identités fortes. L'ouvrage, à travers des études de cas portant sur le Languedoc et le Roussillon, étudie la formation des gens qui relevaient des " arts mécaniques ", l'accès à la maîtrise, la localisation des artisans dans les paroisses et les rues, l'intérieur des habitations, le recrutement, l'esprit de corps facteur d'identité, gage de pérennité, parfois aussi de repli sur soi et d'affadissement de l'élan créateur, ce que l'on découvre en Roussillon avec les peintres et les sculpteurs au XVIIIe siècle après un demi-siècle étonnant par la qualité de ses productions artistiques. Cet ouvrage, attentif à montrer que dynamiques économique, urbaine, sociale, sont intimement liées, ainsi que les courants de la vie matérielle, artistique et spirituelle, tend à combler une lacune dans la bibliographie méridionale. Il intéressera d'autant plus qu'il ne se limite pas à l'étude des artisans, mais aussi aux métiers de la santé, de la justice, voire à des nouveaux venus comme les marchands juifs au XVIIIe siècle.
Avant le XIX e siècle, un individu sur deux mourrait avant vingt ans. La minorité se prolongeait jusqu'au mariage - tardif alors -, à vingt-cinq ans et parfois au-delà. Les mineurs, qu'ils soient appelés à disparaître prématurément ou à entrer dans le monde des adultes, constituaient la majorité de la population. Or on les connaît mal. Les historiens ne s'y sont intéressé qu'assez tardivement en privilégiant les turbulences juvéniles. Mineurs, Minorité ; Jeunes, Jeunesse, est pourtant un thème d'une incomparable fécondité si on l'embrasse depuis la naissance jusqu'à son terme, l'émancipation. C'est ce qui est tenté ici en mettant en synergie les compétences du droit, de l'histoire, de l'histoire de l'art. Le droit protège les mineurs, trace des bornes. Entre elles, le flou est beaucoup plus grand, des âges de la vie, des représentations, précisées ici grâce à celles de l'enfant dans les retables baroques. Le désordre, les transgressions, commis exclusivement par les garçons célibataires âgés de plus de quinze à seize ans, permettent de mieux apercevoir une jeunesse plus diversifiée qu'on ne le croit, mais aussi, en contrepoint, les comportements, les normes sociales à la campagne comme à la ville. Une contribution importante, dans le cadre du nord-ouest de la Méditerranée, à un champ d'étude insuffisamment cultivé en dépit des problèmes et interrogations que suscitent actuellement les mineurs et la jeunesse en général.
I.a période moderne (entre la fin du XVe et le début du XIXe siècle) n'avait jusqu'ici fait l'objet pour le Roussillon, autrement désigné Comtés ou Catalogne du nord, que d'assez rares travaux orientés surtout vers 1659 et l'annexion au royaume de France. Les études réunies dans ce volume, parues dans des revues spécialisées ou des actes de colloques, abordent à partir de sources documentaires peu ou jamais exploitées précédemment un large éventail de sujets : la terre, les échanges commerciaux, la fiscalité, le crédit, l'activité notariale, la justice, les relations sociales, les représentations et les conflits de pouvoir, le sentiment religieux, la culture, etc. Elles révèlent entre le XIIe et le XXe siècle la puissante cohérence d'une société beaucoup plus originale, complexe et nuancée qu'on ne le présentait jusqu'ici. Les continuités apparaissent également plus fortes par-delà 1659 et le traité des Pyrénées qu'on ne l'affirme généralement. Autant que des conclusions définitives, ces aperçus nouveaux sont une invitation à prolonger et à approfondir la recherche sur l'arc nord-occidental de la Méditerranée qui demeure un terrain d'enquête particulièrement fécond.
Transmettre, échanger : des actes, des manières de faire si quotidiens, si multiformes qu'on n'y prête guère attention. Ces processus de transmission sont omniprésents dans la société moderne (XVIe-XVIIIe siècle) où une minorité d'individus parvenaient à l'âge adulte, constamment à l'oeuvre. Ils concernent autant les biens, les savoirs, les métiers, que les offices publics, l'art, et même des institutions où ils étaient en principe exclus comme à la cour souveraine de justice du Roussillon (le Conseil souverain) créée en 1660. Etudier les moyens, les stratégies employés par les individus, les familles, les groupes sociaux, pour assurer leur succession, se maintenir dans un métier ou une fonction, informe toujours beaucoup sur une société et une époque, sur les comportements, les sensibilités. Les études de cas réunies dans ce volume associent les approches d'historiens, d'historiens du droit et des institutions, d'historiens de l'Art ; portent sur le Languedoc, province intégrée depuis longtemps dans le royaume de France, et sur le Roussillon conquis beaucoup plus tard ; permettent des comparaisons suggestives, ce qui confère aux observations et aux conclusions qui peuvent en être tirées une portée plus générale.