Au tournant du millénaire, fascinées par tout ce qui s'apparente de près ou de loin à l'Apocalypse, les Lettres françaises entretiennent volontiers un climat de fin de partie : clonage et disparition de l'homme (Houellebecq, Dantec), culte de la fête ultime (Beigbeder, Muray), syndrome de Zidane (Toussaint), cataclysmes politiques (Darricussecq, Boulin), catastrophe écologique (Chevillard), mort de la nation (Millet) et fin de la littérature elle-même (Todorov, Jouve). Dans le même temps, œuvrant à contre-courant, d'autres romanciers se montrent au contraire fascinés par les commencements, qu'il s'agisse du néolithique (Montalbetti, Bergounioux), des grottes ornées (Chevillard, Michon, Rouaud), de notre ancêtre imaginaire " Lucy " (Chedid), ou plus généralement du mystère de la naissance (Redonnez, Oster). Si bien que la littérature contemporaine, partagée entre le crépusculaire et l'inaugural, ressemble à Janus, le dieu romain à deux visages. Ces deux tendances demandent toutefois à être mises en regard l'une de l'autre. Car loin d'être opposés, comme on pouvait d'abord le penser, mythe de la fin et mythe des origines sont bel et bien indissociables. Ensemble, ils reflètent nos anxiétés, nous renseignent sur l'état actuel de la France, ainsi que sur celui de notre littérature.
Nombre de pages
207
Date de parution
05/01/2009
Poids
225g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782296073302
Titre
Le roman contemporain. Janus postmoderne
Auteur
Lantelme Michel
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
225
Date de parution
20090105
Nombre de pages
207,00 €
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L'oeuvre de Jean Rouaud tient, depuis Les Champs d'honneur (prix Goncourt 1990), une place essentielle dans la littérature contemporaine. Placée dès l'origine sous le signe de la perte, elle déploie des "récits de filiation" qui remontent l'Histoire bien au-delà du père disparu. Avec un humour qui ne le cède en rien à la mélancolie, elle met en scène l'effondrement des "grands récits" de la communauté et revisite jusqu'aux fondements préhistoriques de notre civilisation. Au-delà du deuil originel, elle renoue avec un romanesque alerte, libéré à la fois du réalisme et du formalisme, non sans une lucidité joueuse qui entraîne l'écrivain lui-même, et son lecteur, dans un tourbillon d'imaginaire et de questions.
Les débats parlementaires rassemblés dans ce volume brossent le portrait d'André Malraux en défenseur du patrimoine architectural. Ils offrent un nouveau repère dans ce qu'on a appelé "l'invention de la politique culturelle" française. Non sans ironie, puisque celui qui va laisser son nom à la loi du 4 août 1962 sur les "secteurs sauvegardés" avait été placé sous mandat d'arrêt en 1924 pour vol de statues et bris de bas-reliefs au temple cambodgien de Banteaï-Srey.
Tout au long du vingtième siècle, les écrivains ont manifesté une véritable fascination pour la préhistoire et les sublimes peintures des grottes ornées. Méditation sur les origines, interrogation sur le rôle de l'art, mise en question de la notion même d'humanité ou de l'idée de progrès, réflexion postmoderne sur notre appréciation de l'Histoire : les cavernes préhistoriques ont servi de chambres de résonance aux grandes questions qui ont traversé le siècle.
Ces pages sont nées d'une amitié entre Claude Gouron, photographe auteur, et Philippe Lantelme, gardien de refuge, montagnard et voyageur expérimenté. Le photographe a eu envie d'explorer les montagnes des Alpes du Sud Franco-Italiennes, entre Viso et Gelas, le montagnard de partager son expérience et sa grande connaissance des lieux. «...un long travail passionné tout à la fois méthodique et poétique, fonctionnant comme une anti-géographie, comme une errance délibérée, ni du nord au sud, ni de A à Z, ni du bas vers le haut. Un nouveau pays se dessine au fil des pages, un pays âpre mais attirant avec ses chemins étroits menant toujours, tôt ou tard, à la porte d'une maison où quelqu'un attend celui qui vient de l'autre côté... la frontière n'est rien, seuls comptent le sentier, le cairn, la trace dans la pente enneigée... »