Lamartine est encore au Liban, accablé par la mort récente de sa fille unique, lorsqu'il apprend que les électeurs de Bergues, dans le Nord, l'ont élu député le 7 janvier 1833. De retour en France, il s'installe à Paris dans l'appartement du 82, rue de l'Université, qu'il occupera pendant plus de vingt ans. Une vie nouvelle commence alors pour lui, rythmée par le calendrier des sessions législatives. Il passe six mois de l'année dans la capitale, où tout son temps est absorbé par les activités parlementaires et les obligations de la vie mondaine, et six mois dans ses demeures mâconnaises, où il s'occupe de ses terres, reçoit ses amis et s'efforce de trouver du loisir à consacrer à la poésie, souvent en se levant avant l'aube. Au fil des années, cette conciliation entre les nécessités de la carrière politique et les exigences de la création littéraire se révèle de plus en plus difficile à maintenir. Entre 1833 et 1837, Lamartine réussit cependant tout en se faisant une place reconnue à la Chambre, où il devient un orateur estimé à écrire Jocelyn, dont la publication en février 1836 est un grand succès, et la plus grande partie de La Chute d'un ange.
Date de parution
01/01/2000
Poids
990g
Largeur
150mm
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EAN
9782745303912
Titre
CORRESPONDANCE (1830-1867). TII : 1833-1837.
ISBN
2745303910
Auteur
LAMARTINE
Editeur
CHAMPION
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150
Poids
990
Date de parution
20000101
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Les années qui vont de 1838 à 1841 marquent chez Lamartine, sinon le tarissement de l'inspiration, du moins la cessation progressive de l'activité poétique : après la parution de La Chute d'un ange, en juin 1838, et celle des Recueillements, en mars 1839, mal accueillis par la critique, il ne publiera plus aucun recueil de vers. En revanche, son activité politique l'absorbe de plus en plus, et, à la Chambre, sa réputation d'orateur continue de grandir : c'est en mai 1840 qu'il prononce son discours le plus célèbre, à l'occasion du retour des cendres de Napoléon. Au sommet de sa gloire littéraire et politique, Lamartine semble avoir tout pour être heureux. Ce n'est cependant pas le cas. Ce que le public ignore, mais que sa famille et ses amis proches savent bien, c'est la dégradation de sa situation financière. Le poids du remboursement des dettes les plus anciennes, aggravé par de nouveaux emprunts, se fait de plus en plus lourd au fil des années. Cette période est également celle des deuils majeurs qui viennent le frapper en moins d'un an, avec la disparition de son père en août 1840, celle d'Aymon de Virieu en avril 1841, et celle de Léon de Pierreclau, son fils naturel, en juillet 1841.
Réédité à de nombreuses reprises du vivant de l'auteur, le Voyage en Orient (1835) de Lamartine est un grand texte romantique à redécouvrir. Situé entre l'Itinéraire de Paris à Jérusalem (1811) de Chateaubriand et le Voyage en Orient (1851) de Nerval, il est un maillon capital dans la lignée des récits d'écrivains-voyageurs du XIXe siècle. Lamartine parcourt, pendant 18 mois, le bassin oriental de la Méditerranée: Grèce, Syrie, Palestine, Asie Mineure, toutes les étapes importantes du voyage en Orient sont déclinées, - à l'exception de l'Egypte, à laquelle le voyageur renonça à cause de sa fille Julia, laissée malade à Beyrouth où elle mourut en décembre 1832. Le retour se fit par la Turquie d'Europe, itinéraire plus rare, qui donna lieu à des pages enthousiastes sur le sentiment national naissant en Bulgarie et en Serbie. Le poète, malgré sa complaisance narcissique, est aussi capable d'une réelle ouverture à autrui: il ne tarit pas d'éloges sur la piété et l'hospitalité du peuple turc, et les traductions qu'il donne à lire de poèmes arabes révèlent un aspect d'une culture encore peu connue. Lamartine est aussi un remarquable descripteur: ses paysages de la montagne libanaise sont parmi les pages les plus inspirées. Mais son récit a également une dimension politique, qui fait de ce voyage un tremplin pour la carrière du député nouvellement élu. Enfin, Lamartine adjoint à son texte le journal d'un interprète syrien ayant accompagné Lascaris, un agent napoléonien, dans ses pérégrinations parmi les tribus d'Arabie. Ce n'est pas le moindre intérêt de ce Voyage en Orient que de faire entendre des voix multiples, susceptibles d'intéresser aussi bien des littéraires que des historiens.