à souffle bas, nous avançons dans la forêt, inutiles les yeux, tout semble identique, mousses, pierres, troncs, sentir le nord, sans trop s'éloigner des sentiers, la forêt avale, ne recrache jamais, indifférente comme la mer, aux entrailles pareillement profondes, sur un roc en hauteur un élan nous observe, furtif roc de chair jaugeant notre degré de minéralité" Claire Lajus prend la mesure de ses pas qui tantôt explorent l'intime, la fibre invisible de l'humain dans ses retranchements, tantôt la palpitation du monde, son étrangeté et ses injustices. Le poème la relie à l'espace vital, à la rédemption des mots à travers le pouvoir des mots qui se perdent, se retrouvent et se rebellent comme des créatures blessées, parfois illuminées. Connaissant les limites de l'aventure, elle recrée du sens par ses plongées dans les formes multiples du vivant qu'il soit de peau délicate ou de roc. Par touches successives, elle perçoit l'essence de ce qui l'entoure, d'abord par la contemplation, la conscience implacable des faits et de leur perte, enfin l'empathie où, comme elle le dit si bien, le poète s'accroche à l'histoire. Aux aguets est une traversée, de l'observation à l'inquiétude vers un chant que le poète mettra finalement en scène à travers la tragédie contemporaine de la Syrie. Ces textes aux rythmes changeants, écrits avec simplicité et clairvoyance, sont une belle preuve de poésie vigilante et généreuse.
Nombre de pages
88
Date de parution
05/06/2020
Poids
118g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782343203904
Titre
Aux aguets
Auteur
Lajus Claire
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
118
Date de parution
20200605
Nombre de pages
88,00 €
Disponibilité
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La marge est notre domaine jalouses de notre liberté nous demeurons sauvages à d'autres les cases nous faussons le jeu et sur nos chemins de traverse nos quêtes suivent la persévérance nous pistons notre désir farouche guide exigeant les autres nous colleront des images voudront nous défigurer sans cesse nos collets attraperont des doutes à l'affût nos failles nous ferons mal nous souffrirons mais nous préserverons la marge
Des images dont ont aurait que les indications géographiques. Des lieux, des scènes, des paysages, des errances, vécus ou imaginés durant trois ans, entre la Gironde et la Turquie. Claire Lajus évoque, tantôt dans de denses poèmes en prose, tantôt par des formes versifiées qui confinent au haïku, des moments de vie intime et d'Histoire, sans distinction semble-t-il, et surtout sans hiérarchies. Ce que les yeux ne peuvent plus voir, les couleurs devenues " indisponibles ", elle nous les redonne par la langue,onirique et fine, qui est la sienne et qui avait largement convaincue dans son premier recueil, plus incantatoire, l'ombre remue.
Haydar Ergülen est un poète majeur qui part de ses racines pour frôler l'humain en cc qu'il a de plus dépouillé, de plus fragile et d'universel. S'il a su représenter très tôt le courant novateur de la poésie turque contemporaine, il n'en a pas pour autant perdu le sens de sa culture, de son peuple. L'engagement du poète est ici intégral, sa recherche poétique participe du souffle de la tradition et des tempêtes frondeuses. Il y a dans sa poésie un rare mélange de fluidité et d'arrêt sur image où la subtilité devient l'angle d'attaque et le miroir. De temps à autre, il laisse percer l'accent de la révolte qui en devient plus percutant par son effet de surprise. Poète solidaire qui sait détourner la violence par la vision. Michel Cassis
Etre femme libre et poète en Turquie aujourd'hui... Je n'ai pas besoin d'en dire davantage pour dévoiler les raisons qui me poussent à publier Müesser Yeniay, l'une des voix les Mus prometteuses de son pays. Ainsi disent-ils s'ouvre sur une évocation de la terre d'enfance, où "une fleur m'a appris à rester à ma place" ; puis viennent les textes du ciel redessiné par un désir d'ouverture au monde et les pouvoirs libérateurs de la poésie. Dans ces textes, parfois très incisifs, la jeune femme révèle aussi le territoire de ses insurrections intimes, refusant de souscrire à l'image que les hommes donnent de la féminité, acceptant plus encore de devenir étrangère à elle-même. Et de risquer cet aveu, d'inspiration soufie, dans les poèmes inédits qui viennent clore le livre : "C'est seulement quand j'écris des poèmes que mon âme danse. C'est cela la joie d'exister..."