Sous le pont Mirabeau coule la SeineEt nos amoursFaut-il qu'il m'en souvienneLa joie venait toujours après la peine Ces vers du "Pont Mirabeau", comme ceux de "La Chanson du mal-aimé" ou de "Zone", tous issus du recueil Alcools ont fait la fortune littéraire d'Apollinaire, et un grand classique de la poésie. Toutefois, ce classicisme ne doit pas faire oublier qu'en son temps ce recueil constitua une véritable révolution poétique : après Rimbaud, Apollinaire transforme toutes les règles d'un lyrisme devenu vieillot à son goût. Il faut pouvoir chanter le monde, jusque dans sa réalité la plus crue, mais aussi jusque dans ses progrès les plus récents : la tour Eiffel ("Zone") côtoiera donc les cellules de la prison de la Santé ("À la Santé"). Sur ce modèle se succéderont alors la mort, la fuite du temps et surtout l'amour : tantôt lumineux, tantôt obscur, mais toujours au centre de ces ivresses poétiques. Avec Alcools, Apollinaire deviendra le modèle de tous les poètes à venir, et en particulier des surréalistes. --Karla Manuele
Nombre de pages
216
Date de parution
23/10/1992
Poids
196g
Largeur
108mm
Plus d'informations
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EAN
9782070385744
Titre
Du côté de chez Swann de Marcel Proust
Auteur
Laget Thierry
Editeur
FOLIO
Largeur
108
Poids
196
Date de parution
19921023
Nombre de pages
216,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Des vies, mais telles que la mémoire les invente, que notre imagination les recrée, qu'une passion les anime. Des récits subjectifs à mille lieues de la biographie traditionnelle. L'un et l'autre: l'auteur et son héros secret, le peintre et son modèle. Entre eux, un lien intime et fort. Entre le portrait d'un autre et l'autoportrait, où placer la frontière? Les uns et les autres aussi bien ceux qui ont occupé avec éclat le devant de la scène que ceux qui ne sont présents que sur notre scène intérieure, personnes ou lieux, visages oubliés, noms effacés, profils perdus.
Si je dormais, au lieu de passer la nuit dans la bibliothèque, peut-être mes rêves nourriraient-ils des pages que la veille va biffer. Je crois plutôt que la nuit secrète en elle tout le texte qu'on en doit tirer, où qu'on soit, quoi qu'on fasse, mais que seuls le récolteront ceux qui sont affairés. Je m'affaire, je corrige, je déchire, je raboute, j'essaie un synonyme, un autre, je conjugue, je syntaxe, coordonne, parataxe, élimine un personnage odieux, en crée deux qui, d'abord obséquieux, me trahiront comme tous les serviteurs, et barre d'un trait trois pensées qui n'étaient pas fausses, mais pas belles - pauvres écrivains, tenus à appliquer seuls les lois qu'ils ont votées, sans profit pour personne, mais sans non plus ruiner la collectivité.
Azélie, une authentique comtesse, propose au narrateur de cataloguer l'immense bibliothèque de son château. Au cours de son séjour, il va peu à peu découvrir les secrets de la demeure et de ses familiers: la comtesse, à la vie sentimentale compliquée, héberge le meurtrier de son propre père; le factotum portugais est un ancien embaumeur; la cuisinière n'est pas sans mystère? Tragiques, pittoresques ou ridicules, aucun des personnages n'est exactement ce qu'on croit qu'il est, à commencer par le narrateur. Mais ce que l'on découvre de chacun est beaucoup plus intéressant que les apparences, et chaque détail compte, comme autant de pièces d'un gigantesque puzzle, jusqu'au dénouement aussi spectaculaire qu'imprévisible. Ce roman a tout d'une fantaisie au sens shakespearien, en ce sens qu'il combine charme et délicatesse, intelligence et sensibilité, profondeur et vivacité, spontanéité et culture, ironie et gravité. Un magnifique hommage à ce que le narrateur appelle « l'immense vibration du monde qu'est la littérature ».
"Un amour de Swann" n'est pas un roman, mais un fragment, un épisode détaché, la deuxième partie d'un volume (Du côté de chez Swann) qui n'est lui-même que la première partie d'un roman (À la recherche du temps perdu). Ces subdivisions ne sont pas de simples commodités. Elles représentent, au contraire, l'une des clefs introduisant à l'oeuvre de Proust, qui s'est édifiée autour de ces grands ensembles, qui a développé tel chapitre pour équilibrer, pour expliquer, pour préparer tel autre. "Un amour de Swann" prépare tout, et explique tout. À condition d'avoir tout lu. [...]" Thierry Laget.
Après avoir raconté, dans le premier tome de ses Mémoires, son enfance dans le Maroc d'avant-guerre et son arrivée en France en 1945, Driss Chraïbi reprend le fil de son récit autobiographique. Au début des années 50, il découvre une autre planète, l'Alsace, et s'y installe avec sa femme dans une sorte d'ermitage amoureux voué à l'écriture. Puis ses premiers succès d'écrivain le ramènent à Paris et la communauté maghrébine trouve en lui l'une de ses premières voix dans le milieu littéraire. Défilent ensuite les années France Culture, les années canadiennes, les années à l'Ile d'Yeu, les amis et les rencontres (François Mitterrand, Lucien Bodard...), les paysages, les livres et les femmes de sa vie.
Oui, j'y avais repensé. Qu'est-ce qu'il s'imaginait. Je n'avais pratiquement fait que penser à ça depuis ce matin, mais y penser avait fini par prendre la forme d'une ville, d'un premier amour, la forme d'un porte-conteneurs." Le corps d'un homme est retrouvé au pied de la digue Nord du Havre, avec, dans sa poche, griffonné sur un ticket de cinéma, un numéro de téléphone, celui de la narratrice. Convoquée par la police, elle prend le train pour Le Havre, ville de son enfance, de sa jeunesse, qu'elle a quittée il y a longtemps. Durant ce jour de retour, cherchant à comprendre ce qui la lie à ce mort dont elle ignore tout, elle va exhumer ses souvenirs mais aussi la mémoire de cette ville traumatisée par la guerre, ce qui a disparu, ce qui a survécu, et raviver les vestiges d'un amour adolescent.
Dans l'East Texas profond de la Grande Dépression, la pauvreté règne et dévaste la région comme une tornade. Le jeune Harry Crane découvre le corps mutilé d'une femme noire sur le bord de la rivière Sabine. Il est convaincu que le meurtre est l'oeuvre de l'Homme-chèvre, un monstre de légende. Le nombre de victimes s'alourdit, un homme est lynché et le père de Harry, l'homme de loi local, enquête.
Brontë Emily ; Bellour Raymond ; Lacretelle Jacque
Emily Brontë possède donc le plus singulier des pouvoirs : celui de sa dépendance à l'égard des faits. Avec quelques touches, elle sait évoquer l'âme d'un visage et rendre le corps superflu ; en parlant de la lande, elle fait souffler le vent et gronder le tonnerre. Virginia Woolf. Quand, parmi tous les arbres, je cherche celui dont la forme s'harmonise le mieux avec le cadre du roman tragique d'Emily Brontë, c'est l'image d'un vieux robinier tortueux qui me vient à l'esprit, d'un vieux robinier tordu par le vent qui souffle toujours dans la même direction ; l'écorce est noire, le tronc est creux et, dans ce creux, la pluie a formé une petite flaque où baignent quelques feuilles mortes. John Cowper Powys