Fondée en 1992 par Jean-Jacques Viton et Liliane Giraudon, la revue explore depuis lors l'écriture contemporaine, française et étrangère, en repoussant toujours plus loin les frontières des genres (poésie, fiction, théâtre...), les frontières esthétiques, spatiales et temporelles. En témoigne notamment, depuis 2007, la publication d'un numéro annuel présentant des textes inédits d'artistes invités par le Festival actoral, à Marseille, festival dirigé par Hubert Colas. Cette collaboration, réitérée chaque année depuis lors, prend tout son sens dans la dynamique instaurée entre des auteurs lisant, parfois de manière "performative" , leurs propres textes, des lecteurs (de la revue, de textes contemporains) et des spectateurs (ceux du Festival actoral, public constitué d'amateurs de poésie et de littérature, mais fréquentant aussi le théâtre, le cinéma et les expositions d'art contemporain). La publication de la revue est aujourd'hui dirigée par Hubert Colas. IF n°54 contient des textes inédits de Gorge Bataille, Elsa Dorlin, Kevin Lambert, Lisette Lombé et Nina Léger et les portfolios des artistes et performeurs Darius Dolatyari-Dolatdoust et Samir Laghouati-Rashwan.
Nombre de pages
80
Date de parution
05/10/2023
Poids
194g
Largeur
170mm
Plus d'informations
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EAN
9782846817257
Titre
IF N° 54
Auteur
Lafille Adrien ; Bataille Gorge ; Lombé Lisette ;
Editeur
SOLITAIRES INT
Largeur
170
Poids
194
Date de parution
20231005
Nombre de pages
80,00 €
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Une colline, un lotissement, une tour, un stade, une impasse, un centre commercial, une casse, un magasin de fleurs... Dans la casse, se cache un trésor, le 2JZ, un moteur dont le nom sonne comme un mot de passe vers un passage secret. Au fond de l'impasse, se trouve une statue qui a perdu son visage et que le narrateur appelle "? mon amour ? ". Dans le centre commercial, des guetteurs et des guetteuses observent la tour dont il est impossible de dire si elle est ronde ou carrée.
La maladie de l'eau grandit dans les heures froides, à l'intérieur des personnes qui la portent, au centre des nuits. Au microscope on peut voir la matière qu'elle a mangée, rouillée, des petits creux, les liquides qui se mélangent. Il faut contracter tous les muscles, les sillons du cerveau, l'intérieur du c'ur, pour que l'eau n'y entre pas. La personne malade ne peut pas dormir au milieu des nuits, sinon le soleil se lève sans elle, et le jour n'éclaire ni ses regards ni ses gestes.
Chaque matin Antoine accompagné de son chien Rotor va à la rivière. Arrivé au pont il se retourne et Violette, qui est son amour, lui fait signe depuis la porte, un rituel. Un jour Rotor meurt. Le lendemain à la rivière Antoine se retourne et Violette ne fait pas signe. Il comprend qu'elle s'était toujours adressée au chien. Alors il part. Ensuite Violette attend Antoine. Quand arrive Lucie elles sont deux. Elles décident de vivre une attente pure. Sans cet être dont l'absence fait souffrir. Pour cela il faut oublier jusqu'au nom d'Antoine. Commence le processus de disparition de tous les mots qui provoquent une attente. Le premier roman d'Adrien Lafille est un manuel de suppression du langage jusqu'à effacement de toute douleur.
Ce roman ne raconte pas l'histoire d'une ville, il la fait, ce roman est une ville ; à travers ses personnages et leur comportement qu'on ne retrouve qu'ici, car chaque ville produit sa très particulière façon d'être. On y rencontre les habitants. On voit par leurs yeux. On y croise des écoliers et notre regard est à hauteur d'enfant, et notre vie redevient notre enfance. On est chaque personnage. De Sam qui jette sa voiture contre un mur après avoir tout perdu, à l'institutrice faisant chaque jour ce même chemin jusqu'à chez elle. Ce chemin qui la terrorise depuis qu'elle est petite. Ce qui compte pour l'un, oppresse l'autre, ce qui est beau pour l'un est triste pour l'autre, chaque émotion nous devient intime. Adrien Lafille écrit ce qui est essentiel pour le personnage, par exemple quand un enfant veut faire du vert en lançant des billes jaunes sur des voitures bleues. Il oubliera cette façon de voir le monde, mais elle restera une part de lui-même : sa part de réel.
Le Coeur d'Ester. Au xixe siècle fut retrouvé dans la campagne anglaise un mystérieux manuscrit composé d'extraits d'un journal intime et de poèmes d'amour écrits par une certaine Ester. Elle y décrit comment, à force de s'abandonner corps et âme aux autres, elle disparaît peu à peu. Alberto Cortés met en miroir l'abandon à l'être aimé et son propre abandon face au public : il dessine les contours de cette relation définie par le fait de regarder et d'être regardé, et en conclut qu'à force d'être regardé, on finit par disparaître. Les Garçons de la plage Adoro. Sur la plage Adoro, deux corps d'hommes, l'un portugais, l'autre espagnol, s'unissent pour se fondre l'un dans l'autre dans l'intimité des recoins naturels offerts par les lieux de cruising. Ils s'unissent pour se reconnaître, ont des relations sexuelles pour tenter d'effacer par cet acte intime toutes les dettes qui demeurent entre deux pays qui se tournent le dos. Ils imaginent d'autres façons d'envisager le sexe entre hommes, peut-être par nécessité d'en faire une action curative.
C'est l'heure de la vengeance du règlement de comptes c'est l'heure où marchant sur mes pas tu viens me faire payer d'avoir été la plus aimée c'est ça ? et toi celle qui soi-disant n'a pas été désirée ? c'est ça ?