Projeter la psychanalyse sur un écran : l'idée n'est pas neuve, elle date de 1925, quand Karl Abraham, le plus fidèle des disciples, fait part à Freud d'un projet de film. La réponse ne tarde pas : "Le projet ne me plaît guère. Je ne tiens pas pour possible de présenter nos abstractions de façon plastique". Réticence justifiée ou méconnaissance des pouvoirs du cinéma ? Le film pourtant se fera. Il sera réalisé par Pabst, le futur auteur de Loulou, d'après les indications du psychanalyste Hanns Sachs. Il s'appelle Les Mystères d'une âme. Le grand acteur Werner Krauss, alias Dr Caligari, tient le rôle du névrosé, le Professeur Mathias. Comment guérit-on une maladie de l'âme ? Le psychanalyste offre ses services... Ce premier film psychanalytique est aujourd'hui presque oublié. Patrick Lacoste l'a vu et revu, il a retrouvé la monographie de Sachs, les documents publicitaires, les nombreux comptes rendus de la presse. Son livre présente le dossier de l'affaire. Il est aussi une enquête sur le film, ses protagonistes, le cinéma allemand de l'époque. Il est enfin, au-delà de l'événement, une succession de prises de vue sur ce que Freud a appelé la figurabilité : à quelles conditions l'inconscient peut-il passer à l'image - et la présentation d'une cure par la parole à l'image muette ?
Nombre de pages
336
Date de parution
11/04/1990
Poids
277g
Largeur
118mm
Plus d'informations
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EAN
9782070719396
Titre
L'étrange cas du prof M
Auteur
Lacoste Patrick
Editeur
GALLIMARD
Largeur
118
Poids
277
Date de parution
19900411
Nombre de pages
336,00 €
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Brèches du regard propose une réflexion sur l'image reformulée du point de vue de la clinique et de la théorisation freudiennes, puis des exercices d'interprétation en compagnie du roman, du cinéma, de la télévision, de la peinture, du film de famille. Les figures de John Cassavetes et d'Orson Welles, auteur d'images qui ont fait trace, animent les deux derniers essais. L'intrication des points de vue est permanente, racontée, afin de contribuer à une clinique du regard plutôt qu'à une théorie de l'image.
Ce livre rassemble quelques réflexions délibérément hétérogènes, où les mots-clefs : le matérialisme psychique, l'affect et la pensée, la bêtise, le mythe de la mémoire et ses devoirs, la temporalité, la douleur et la beauté, par exemple, ne cherchent pas, à l'instar des deux derniers, la rumeur et le mensonge, une quelconque " serrure " intellectuelle en guise d'assignation anticipée. A distance des visées d'actualisation forcée, politiques ou scientifiques, c'est l'étrangeté de la relation avec l'inconscient, l'inactuel, qui anime ce parcours. 1:actualité de la découverte freudienne - en dépit de l'air du temps, de ses reniements faciles et de son appétit pour les idées reçues les plus " neuves " - s'y remet en ?uvre parmi les détours nécessaires à la liberté de penser.
Comment transmettre la force non tranquille de la méthode freudienne quand le climat est si joliment tempéré ? Comment entendre la sauvagerie inconsciente quand elle est domestiquée par la santé mentale ? Patrick Lacoste s'appuie sur les textes fondateurs de la psychanalyse. Il montre que ceux qui veulent la ranger dans les tiroirs de l'Histoire tentent de gommer son originalité. De brillantes analyses sur le meurtre, le temps, le fétichisme, la fiction, l'intime, l'étrange, en soulignent la singularité. Lutte contre les souffrances de l'âme, mais aussi travail de culture et libre exercice de la parole et de la pensée, la psychanalyse rencontre périodiquement la résistance de l'opinion. Par son expérience clinique et la forte consistance de sa pensée, Patrick Lacoste nous entraîne au cœur de ce métier rare et exigeant, profondément humain.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.