Découvert par Jean Rouaud, remarqué et soutenu par Virginie Despentes, le Plaidoyer pour les justes, premier roman d'Aïssa Lacheb et très grand texte, un choc littéraire et politique toujours aussi fort, révéla en 2001 un écrivain autodidacte exceptionnel, doté d'un lyrisme vernaculaire aux accents hugoliens. Après deux livres qui reprenaient ses écrits de prison et précisaient un univers centré autour du crime et de la compassion, c'est un auteur apaisé, sûr de lui et maître de ses procédés narratifs et de son style, qui nous revient. Avec un roman noir qui expose un drame de fait divers, puissant, classique, construit en trois parties, trois actes, qui, ensemble, dessinent ce qui veut rester ignoré mais se produit pourtant chaque jour, en silence, dans la vie. Notre auteur, récipiendaire du carnet d'un assassin que ses parents retrouvent, est narrateur de l'histoire relatée. Procédé classique, qui permet la mise en abîme du roman en trois récits distincts, et autant de points de vue différents sur le drame humain qui se joue ici, un drame simple. Il y a d'abord un homme solitaire devenu assassin par rectitude humaine. Puis le quotidien d'un infirmier dans un mouroir ordinaire, révolté par les souffrances muettes qui y sont infligées et les destins qui s'y brisent. Le roman s'achève quand toutes ces vies souterraines se rencontrent et se révèlent, sur un dernier récit retrouvé, le conte parallèle d'un témoin muet, qui clôt en forme de parabole un roman que l'on referme différent.
Nombre de pages
280
Date de parution
08/09/2011
Poids
252g
Largeur
130mm
Plus d'informations
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EAN
9782846263443
Titre
Dans la vie
Auteur
Lacheb Aïssa
Editeur
DIABLE VAUVERT
Largeur
130
Poids
252
Date de parution
20110908
Nombre de pages
280,00 €
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Treize ans après le Plaidoyer pour les justes, Aïssa Lacheb revient enfin sur cette période de sa vie pour raconter ces histoires, ces destins croisés dans la dureté de la prison. Treize années, c'est le temps qu'il lui aura fallu pour pouvoir raconter ce qu'il y a derrière les murs, et nous livrer son expérience de la réclusion et de la détention. C'est le quotidien de ces hommes, leurs histoires, leurs crimes et leurs sentiments, leur folie, leur désespoir, mais aussi les fous rires, les amitiés nouées et l'amour pour les livres et la littérature. J'écris la taule en la nommant une. J'ai fait le tour de la France carcérale. La prison, c'est le même principe partout : l'enfermement par des murs concrets de pierre et de béton. Inutile de préciser où cela se passait. C'était la taule, simplement. Ici, ailleurs, n'importe. Le temps n'a aucune importance. Aucune unité ni de temps ni de lieu dans ce qui m'est revenu en mémoire et que je relate ici.
Depuis le cinquième étage de notre appartement, par la fenêtre de la chambre de ma mère, je regardais avec des yeux étonnés le cadavre pâle de la femme en chemise de nuit blanche, presque transparente, qui gisait recroquevillé en bas, sur le gazon humide. C'était l'aube dans notre quartier de la périphérie rémoise. Il faisait froid. Je restais accroché à la fenêtre, je regardais sans pouvoir détacher mes yeux de ce cadavre que la bise froide du petit matin semblait caresser doucement et faire se remuer ses longs cheveux blancs. J'avais l'étonnement et la curiosité des enfants de mon âge. "C'est par ces mots que commence le récit d'une enfance, celle d'Aïssa, celle de bien d'autres, dans les faubourgs d'une ville dont la devise est " Dieu en soit garde ".
Avec un puissant sens du détail et une empathie qui frappe en plein coeur, Aïssa Lacheb décrit le chemin de croix et la chute d'individus victimes de déterminismes dont ils ne savent pas s'extraire. Aïssa Lacheb nous donne à regarder des réalités brutales mais, traversée de poignants éclats de poésie, sa langue éclaire par contraste la beauté tragique de l'âme humaine. Erostrate for ever montre la souffrance et aiguise notre compassion pour les damnés et notre révolte face à l'inacceptable.
Après les attentats de Paris, Aïssa Lacheb interroge la nature des terroristes, français d'origine arabe, le racisme et la fabrique de misère qu'est l'exclusion sociale. Désignant le coupable de ces rapports de domination et d'exploitation de l'un par l'autre, le capitalisme, il en appelle à ses concitoyens, au peuple de France et à l'Etat : assez d'hypocrisie ! Choisissez le monde dans lequel vous souhaitez vivre !
Butler Octavia E. ; Gassie Nadine ; Shapiro Jessic
Liens de sang est un roman coup de poing qui nous captive de bout en bout grâce à une intrigue intelligente et des personnages remarquablement bien écrits. La plongée dans l'époque sordide de l'esclavage laisse des traces mais c'est un roman qui n'est pas dénué de beauté non plus et qui nous propose une réflexion fine et juste sur les mécanismes de domination et l'asservissement des esprits libres. Puissant et brillant.
Comment être libre quand l'idée même de liberté ne peut s'envisager ? Résister dans une guerre où les bruits des armes sont ceux de l'intimité, de clés tournant dans une serrure ou de pas approchant doucement ? Quand, malgré le silence familial, la mémoire du viol conjugal se transmet d'une génération de femme à l'autre, C'est la peur qui s'insinue dans les couloirs du temps.
A 18 ans, Aurore Dupin de Francueil, fille d'un aristocrate et d'une jeune femme légère, ne s'appelle pas encore George Sand. Elle épouse Casimir Dudevant, un jeune baron portant beau, et a deux enfants. Mais cette vie ne la rend pas heureuse. Bientôt elle s'éprend d'un autre homme, puis d'un second. Elle aurait pu en rester là. Mais non, elle se rend compte que " la liberté de penser et d'agir est le premier de tous les biens ". Alors, à 27 ans, elle décide de partir pour Paris, seule. Comment cette descendante du maréchal de Saxe a-t-elle osé défier les conventions de son temps ? C'est dans son enfance déchirée, abandonnée par une mère aimante mais instable à une grand-mère possessive, qu'elle a puisé la force de sa révolte. Sa fière liberté et sa puissance créatrice feront d'elle la femme de lettres la plus éclairée de son siècle. Joëlle Tiano vient mettre au jour, avec une rigueur d'historienne, l'intimité presque quotidienne de la jeune Aurore et en décrivant avec minutie l'étonnante contradiction des influences affectives et sociales qui lui ont permis de se construire. Son portrait offre un éclairage singulier sur la faille intérieure terrible dont l'écrivain a souffert et dans laquelle elle est allée chercher sa liberté de ton et d'attitude, et surtout " la nécessité d'en faire usage ".
Au 22e siècle, on peut communiquer avec des "fragments" d'univers parallèles du passé. En 2017, Verity Jane est engagée pour évaluer un assistant numérique basé sur une IA d'un tout nouveau genre...