Après le remarqué J'apprends l'allemand, Forme profonde est le deuxième roman du comédien Denis Lachaud, et lui aussi, ne laisse pas indifférent. Cette fois, l'auteur nous plonge, sans aucune retenue, dans l'univers impitoyablement violent d'une grande ville portuaire, en plein été. Rue des Marsouins, vivent les uns sur les autres, les familles Quest, Radignel, Voron et Pommier. Quatre clans, quatre façons d'assumer une vie. Adultes et enfants vaquent à leurs occupations, travail à l'usine ou direction d'une banque pour les "grands", plage, farniente, et pique-niques pour les "enfants". Chacun se fréquente, sans se connaître. Des rapports faussement amicaux, qui masquent une réalité noire, mais si ordinaire. Avant le sacro-saint dîner en famille, le père Quest, prétextant une réunion, court au hammam pour se taper un jeune garçon ; feignant la solitude consentie, le petit Quentin Voron, violé par ses camarades de plage, aide un enfant à se noyer sous ses yeux. Voilà le quotidien de la rue des Marsouins, une impasse quelconque "protégée de la frénésie des ports", mais pas de celle de ses habitants. Et l'ensemble de se dérouler dans le calme reposant d'une saison estivale.L'écriture si dérangeante, impeccablement intimiste, et violemment sombre de Denis Lachaud est une grande claque, qui résonne un peu plus, à mesure que les contours de cet univers de faux-semblants, et de non-dits s'affinent. Forme profonde est un roman noir, qui pèse par son analyse si juste de vies bien ordinaires. --Guillaume Folliero--
Nombre de pages
232
Date de parution
31/12/2002
Poids
162g
Largeur
110mm
Plus d'informations
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EAN
9782742741540
Titre
La forme profonde
Auteur
Lachaud Denis
Editeur
ACTES SUD
Largeur
110
Poids
162
Date de parution
20021231
Nombre de pages
232,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Dans les années soixante-dix à Paris, une famille allemande vit dans l'amnésie, le refus total de ses origines. Les Wommel ont trente-cinq ans, ils sont installés en France depuis près de dix ans. Leur fils, Ernst, va entrer en sixième et, contrairement à son frère aîné, il ne peut accepter le silence qui entoure leur histoire, cette mémoire refusée qui ferait de lui un éternel étranger. Ernst décide d'apprendre l'allemand, la langue de ses parents, celle qu'ils ne parlent jamais, cette interdiction suprême, ce tabou. Comme un passeport pour le passé, cet apprentissage devient très vite le moyen par lequel Ernst espère retrouver ses racines. A quatorze ans, il part en Allemagne avec sa classe et rencontre Rolf, son correspondant, avec qui il vivra une tendre amitié. Ce pays lui est enfin ouvert, il y retournera chaque année. Avec la complicité de son camarade allemand, Ernst persévère dans ses recherches et finit par retrouver son grand-père, qu'il croyait mort, mais qui depuis toujours chantait dans ses cauchemars... A travers ce personnage d'adolescent fragile et combatif, Denis Lachaud met en scène l'un des thèmes fondamentaux de notre siècle : l'ambiguïté de la mémoire européenne collective. Mais au-delà du Rhin, de ces souvenirs douloureux, bien au-delà de l'Histoire, c'est aussi de l'héritage familial qu'il s'agit, celui auquel chacun d'entre nous doit pouvoir faire face, celui qui nous façonne et qui parfois nous détruit. Celui qui ne devrait, en aucun cas, nous être refusé.
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Dans une grande ville portuaire, sur les bords de l'océan, l'industrialisation a peu à peu supplanté l'activité ancestrale des pêcheurs, d'énormes paquebots en fabrication dans la forme profonde sont à l'image de la puissance et de l'évolution des lieux. Rue des Marsouins tout est différent, cette impasse est protégée de la frénésie des ports par un escalier qui se jette vers la mer. Les enfants grandissent dans la rue en toute sécurité, sans déranger personne. Leurs parents se côtoient, se fréquentent pour certains, ou s'ignorent simplement. Mais l'été va peser sur les habitants de l'impasse. La violence ordinaire va s'insinuer dans le clan des enfants, bouleverser les destins sans faire de vagues. Une violence imperceptible par les parents, mais à la hauteur de leurs propres mensonges, et de ce territoire impalpable et pourtant si maîtrisé du paraître. Entre peur de l'interdit et faux-semblants, qu'en-dira-t-on et jeux de rôles, rue des Marsouins l'été passe en silence...
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