Après le remarqué J'apprends l'allemand, Forme profonde est le deuxième roman du comédien Denis Lachaud, et lui aussi, ne laisse pas indifférent. Cette fois, l'auteur nous plonge, sans aucune retenue, dans l'univers impitoyablement violent d'une grande ville portuaire, en plein été. Rue des Marsouins, vivent les uns sur les autres, les familles Quest, Radignel, Voron et Pommier. Quatre clans, quatre façons d'assumer une vie. Adultes et enfants vaquent à leurs occupations, travail à l'usine ou direction d'une banque pour les "grands", plage, farniente, et pique-niques pour les "enfants". Chacun se fréquente, sans se connaître. Des rapports faussement amicaux, qui masquent une réalité noire, mais si ordinaire. Avant le sacro-saint dîner en famille, le père Quest, prétextant une réunion, court au hammam pour se taper un jeune garçon ; feignant la solitude consentie, le petit Quentin Voron, violé par ses camarades de plage, aide un enfant à se noyer sous ses yeux. Voilà le quotidien de la rue des Marsouins, une impasse quelconque "protégée de la frénésie des ports", mais pas de celle de ses habitants. Et l'ensemble de se dérouler dans le calme reposant d'une saison estivale.L'écriture si dérangeante, impeccablement intimiste, et violemment sombre de Denis Lachaud est une grande claque, qui résonne un peu plus, à mesure que les contours de cet univers de faux-semblants, et de non-dits s'affinent. Forme profonde est un roman noir, qui pèse par son analyse si juste de vies bien ordinaires. --Guillaume Folliero--
Nombre de pages
232
Date de parution
31/12/2002
Poids
162g
Largeur
110mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782742741540
Titre
La forme profonde
Auteur
Lachaud Denis
Editeur
ACTES SUD
Largeur
110
Poids
162
Date de parution
20021231
Nombre de pages
232,00 €
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
En 2016 Antoine Léon est arrêté, il est condamné à vingt et un ans de prison. En 2037, le groupe des 68 s'installe dans le jardin Marcel Proust à Paris. Ces jeunes gens ne veulent plus d'une démocratie nauséabonde et violente. Leur histoire est celle du passage à l'acte qui ne serait plus issu d'une idéologie mais bien du vécu de l'individu, celui d'un être simple, d'un quidam, d'un vivant. Celui d'un être qui marche puis court vers la possibilité du sursaut. Un sursaut qui se décuple et qui pourrait bien enfin changer le monde.
Résumé : Dans les années soixante-dix à Paris, une famille allemande vit dans l'amnésie, le refus total de ses origines. Les Wommel ont trente-cinq ans, ils sont installés en France depuis près de dix ans. Leur fils, Ernst, va entrer en sixième et, contrairement à son frère aîné, il ne peut accepter le silence qui entoure leur histoire, cette mémoire refusée qui ferait de lui un éternel étranger. Ernst décide d'apprendre l'allemand, la langue de ses parents, celle qu'ils ne parlent jamais, cette interdiction suprême, ce tabou. Comme un passeport pour le passé, cet apprentissage devient très vite le moyen par lequel Ernst espère retrouver ses racines. A quatorze ans, il part en Allemagne avec sa classe et rencontre Rolf, son correspondant, avec qui il vivra une tendre amitié. Ce pays lui est enfin ouvert, il y retournera chaque année. Avec la complicité de son camarade allemand, Ernst persévère dans ses recherches et finit par retrouver son grand-père, qu'il croyait mort, mais qui depuis toujours chantait dans ses cauchemars... A travers ce personnage d'adolescent fragile et combatif, Denis Lachaud met en scène l'un des thèmes fondamentaux de notre siècle : l'ambiguïté de la mémoire européenne collective. Mais au-delà du Rhin, de ces souvenirs douloureux, bien au-delà de l'Histoire, c'est aussi de l'héritage familial qu'il s'agit, celui auquel chacun d'entre nous doit pouvoir faire face, celui qui nous façonne et qui parfois nous détruit. Celui qui ne devrait, en aucun cas, nous être refusé.
Hetero : Des hommes à la recherche du modèle du couple parental. Il y a deux clans : celui du prétendant et celui du promis. Ce texte définit les rôles à venir de chacun et plaide pour une égalité des sexes. Une dénonciation du statut de la femme dans le couple et de la place subalterne de nombreuses épouses, mais aussi l'espoir d'une nouvelle forme de couple, égalitaire, loin d'une pratique séculaire et ratifiée par la société. Une histoire drôle, plaisante et cynique. Un pamphlet féministe paradoxalement mené par des hommes. Ma forêt fantôme : Jean et Suzanne sont frère et sueur. Ils ont la soixantaine. Deux morts ne cessent d'être présents dans leur mémoire : Paul, le mari de Suzanne, dont elle apprend à faire son deuil et qui vient de mourir de la maladie d'Alzheimer, et Nicolas, le compagnon de jean, mort du sida quelques années plus tôt, au milieu d'une interminable liste d'autres amis. Fraternellement, quotidiennement, Suzanne et Jean s'épaulent, entre pudeur et maladresse. Et à travers les souvenirs de jean, c'est l'histoire de vingt ans de pandémie de sida qui se raconte.
Frédéric a passé son enfance au gré des mutations professionnelles de son père. Après la France, la Norvège et l'Allemagne, fragilisé psychologiquement par ces déracinements incessants, l'adolescent s'est effacé au point de ne plus entendre sa langue maternelle. A dix-sept ans, il ne comprend plus son entourage, ne perçoit plus l'enchaînement des mots, a perdu le sens de la phrase et finalement, ne saisit plus les mots que séparément. Habité par des voix intérieures, en proie à de sérieux problèmes identitaires, c'est en Israël que ce jeune homme doit aujourd'hui suivre sa famille et cette destination inconnue l'angoisse terriblement. Pourtant, dès son arrivée à Tel-Aviv, Israël s'impose à lui telle une promesse. Frédéric découvre que l'hébreu est totalement illisible non seulement pour lui, mais pour tous les nouveaux arrivants ; que cette langue se lit et s?écrit dans l'autre sens et qu'il ne peut donc être question ici d'une simple initiation accompagnée d'une totale immersion géographique, mais bien d'une expérience semblable à celle des tout premiers apprentissages de l'enfance, celle de tous les commencements. Pour Frédéric, l'hébreu pourrait donc augurer d'un véritable recommencement. Soudain rassuré, il a l'intuition que ce pays est fait pour lui, que ce territoire est le sien car cette langue qui marche à l'envers lui convient. Une langue qui, pour se livrer, impose au lecteur une véritable reconstruction de la pensée, devrait lui permettre de reprendre le contrôle de son univers mental malmené par tant d'instabilités passées. Ainsi Frédéric va-t-il tenter de renaître dans cet autre alphabet, cette langue où le verbe être n'existe pas au présent. Désormais se dit-il, je ne suis pas, j?étais et je serai. Au présent je me contenterai de devenir. Considérant plus que jamais le territoire comme le fondement de toute identité, ce pays choisi par tant d'individualités et d'histoires conjuguées prend à ses yeux une importance extraordinaire. Fasciné par cette nation construite, Frédéric se lance dans la lecture des romans de Théodore Herzl, passe de longs moments avec ses voisins : la sage Madame Lev arrivée de Berlin en 1945 et le couple Masri venu d'Egypte puis, conforté par leurs histoires, leurs confidences et leur confiance ? un dictaphone en main pour mieux réécouter les propos de chacun, il part à la rencontre des habitants de Tel-Aviv. A tous il pose une question : la question du territoire pour lui demeurée trop longtemps sans réponse. D'une façon extrêmement subtile, ce roman analyse le désir de renaissance de cet adolescent dans un pays lui aussi en conflit intérieur, un pays dont le rapport au territoire et à l'Histoire est en perpétuelle effervescence, un pays de certitudes, de contradictions et d'espérances mêlées, une nation fascinante pour Frédéric puisqu'en écho à sa propre schizophrénie.
Nicolas Mathieu ouvre pour nous une fenêtre sur le ciel avec ce roman qui n’est constitué que de déclarations d’amour. Son entrelacs de textes composent un hymne à la vie et à ses moments forts. Magnifié par les illustrations d’Aline Zalko.