L'opinion française sous Vichy. Les Français et la crise d'identité nationale 1936-1944
Laborie Pierre
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EAN :9782020322911
Voici un livre original à plus d'un titre. D'abord par son sujet ? il porte sur une période pourtant très étudiée ? mais surtout par son thème ? l'opinion publique ? peu familier des historiens. Par ses conclusions aussi, qui bousculent un certain nombre d'idées reçues sur ce terrain sensible qu'est Vichy. Loin des excès faisant de la France des années noires un enjeu de la mémoire contemporaine, l'auteur démontre que les attitudes sous l'Occupation sont rebelles à toute classification simple et transparente. Par sa méthode, enfin, Pierre Laborie nous délivre une magistrale leçon d'histoire, rappelant qu'il convient d'abord de chercher à savoir comment les choses se sont passées avant de se risquer à dire pourquoi. Cette modestie doublée d'une excellente connaissance des mécanismes complexes des comportements collectifs donne ici ses meilleurs résultats. On comprend mieux la crise de conscience nationale traversée par le pays entre 1938 et 1944, car la défaite de mai 1940 n'explique pas tout. Un ouvrage riche d'enseignements historiques et méthodologiques.
Nombre de pages
406
Date de parution
16/03/2001
Poids
272g
Largeur
108mm
Plus d'informations
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EAN
9782020322911
Titre
L'opinion française sous Vichy. Les Français et la crise d'identité nationale 1936-1944
ISBN
2020322919
Auteur
Laborie Pierre
Editeur
POINTS
Largeur
108
Poids
272
Date de parution
20010316
Nombre de pages
406,00 €
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Le chagrin et le venin, c'est ce qu'il reste aujourd'hui d'une vision de l'Occupation et de la Résistance qui s'est largement mise en place dans les années 1970, particulièrement avec le film de Marcel Ophuls, Le Chagrin et la Pitié. Depuis lors, la vision de la France occupée, à la télévision comme dans les ouvrages d'historiens reconnus, est celle d'un pays immobile, préoccupé dans sa grande majorité de durer, replié dans un attentisme marqué par l'opportunisme, des arrangements consentants, voire une indifférence coupable aux minorités persécutées, avec à ses marges deux minorités décrétées équivalentes, les résistants (confondus avec les seuls maquisards) et les collaborateurs. Etonnante vision qui fut dès la fin de la guerre forgée et propagée par les hussards en défense des collaborateurs traduits en justice. Pierre Laborie, l'un des meilleurs spécialistes de la France des années noires, retrace la genèse de cette vision dans un ouvrage qui se révèle être la réflexion la plus acérée sur la France occupée, les usages de plus en plus dominants qui sont faits de cette période et son instrumentalisation pour les besoins d'un présent tenaillé par l'immédiat.
Paru initialement chez Desclée de Brouwer en 2001, ce livre rassemble des essais importants de Pierre Laborie écrits dans la dernière décennie. Ces textes reflètent des évolutions qui tiennent à la plasticité d'un champ de recherche ? les phénomènes d'opinion et les représentations collectives ? caractérisé par l'imprécision de ses limites et la perméabilité de ses frontières. A travers des études sur la diffusion sournoise d'une culture du consentement à l'inévitable, sur des exemples d'attitudes de la France moyenne de l'Occupation, en particulier face au sort des juifs, ou encore sur les passions, les déchaînements, les rêves de bonheur de la Libération, ce livre tente d'aborder le continent incertain du mental-émotionnel collectif, de l'imaginaire social et des systèmes de représentations. Par rapport à l'édition DDB, Pierre Laborie a ajouté trois textes: sur Malraux, sur la revue Esprit en 1940 et enfin sur la mémoire de la résistance à la libération. L'Histoire du « très contemporain » dans ce qu'elle produit de mieux.
Il serait extravagant de prétendre appréhender le deuxième conflit mondial en l'espace d'un petit volume. L'objectif de cet ouvrage est autre. Les mots de 39-45 ici retenus ont été choisis parce qu'ils étaient eux-mêmes une histoire : ainsi de banalité du mal, maréchalisme, shoah ou zone grise. Il s'agit donc moins de parler des mots que de les faire parler, de les questionner à travers leurs emplois et leurs parcours. Dans tous les cas, on s'est efforcé de relier la démarche à une réflexion sur la fabrique de l'histoire, aux reconstructions de la mémoire et aux usages du passé. Les mots sont des armes, on sait qu'ils peuvent tuer. Mais la mort peut venir aussi du déni ou de l'absence de mots.
L'événement que l'historien Pierre Laborie (1936-2017) nous aide à penser est celui, majeur, de Vichy, de l'Occupation et de la Résistance, tel que les Français l'ont vécu au jour le jour, sans savoir ce que seraient les lendemains. Pour ce faire, il convient de se débarrasser au préalable d'innombrables idées fausses induites par les usages politiques et mémoriels de cette période et qui, à force d'être répétées, ont pris valeur d'évidences. Les mots de Pierre Laborie, forgés pour étudier l'opinion publique et les comportements des années 1930 et 1940, appartiennent désormais au langage commun des historiens : ambivalence, mental-émotionnel collectif, penser-double, non-consentement. Ils aident à retrouver les clés, les gestes, les paroles, les masques, les silences, les non-dits, l'implicite des expériences du temps perdu et dispersé des années "troubles". "Il y a des mots qui font vivre", écrivait Paul Eluard. Tel est bien le cas de ceux de Pierre Laborie, convaincu que "l'Histoire s'efforce, au-delà de la fragilité des émotions, de tisser quelques-uns des fils qui transmettent l'expérience pour que l'héritage serve à un dialogue de raison, qui font des fidélités maintenues une volonté de dépassement du néant".
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