Je peins une femme / Qui a le corps et le visage de Wally / Accrochée pauvre folle aveugle / A un homme qui est sa mort qui a mon visage et mon corps. / Agenouillée, / Et les bras étirés excessivement comme ceux d'une suppliciée, / Elle s'agrippe au corps de l'homme... / Ses mains aux doigts crispés ne parviennent pas à se rejoindre / Dans le dos de son compagnon aux yeux morts. / La main gauche de l'homme / Dit le contraire / De ce que dit sa main droite, / De l'une il retient, / De l'autre il repousse. / Autour d'eux les pierres d'ombre et d'ocre / Sont remuantes comme la houle... / Sous la chair stridente de la femme / Et sous le corps noirci de l'homme / Le drap est froid comme un linceul.
Nombre de pages
110
Date de parution
15/10/2010
Poids
110g
Largeur
110mm
Plus d'informations
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EAN
9782916834214
Auteur
Zumstein Dorothée ; Ailloud-Nicolas Catherine
Editeur
QUARTETT EDIT
Largeur
110
Date de parution
20101015
Nombre de pages
110,00 €
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Dorothée Zumstein est auteur dramatique et tradutrice. Elle a écrit une dizaine de pièces dont Time Bomb, Big blue eyes, Harry et Sam ou l'orange était runique lumière.
Never, never, never s'inspire des vies de Ted Hughes, Sylvia Plath et Assia Wevill. L action se situe en 1984; puis en 1986 ; puis en 1990. Le texte évoque des événements survenus entre 1956 et 1969. Il a pour cadre un appartement londonien; Madrid et une ville du sud de l'Espagne; une maison de campagne dans le sud de l'Angleterre. Les deux femmes sont ce qu'il convient d'appeler des fantômes.
Qui n'est pas avec nous est contre nous ! Et qui n'est pas avec vous est contre vous ! Nous sommes le mal. Vous êtes le bien. Pour être du côté du bien, Il suffit donc aujourd'hui, dans ce pays D'être contre nous, Moi qui pensais, Moi qui allais agissant en pensant : Je suis votre mauvaise conscience Voilà qu'aujourd'hui jour affreux grâce à nous, A cause de nous, Evacuée, liquidée, votre mauvaise conscience, Grâce à nous, vous allez dormir tranquilles, Quand de notre insomnie Nous rêvions de faire Quand de notre insomnie, Nous rêvions éveillés de faire Un mal contagieux. Mémoires pyromanes s'inspire de la rie de Ulrike Meinhof journaliste, puis militante de la Fraction armée rouge, retrouvée pendue dans sa cellule, le 8 mai 1976, dans la prison de .Stuagart - Stammheitn.
Il y a des nuits où le corps ne comprend pas sa propre charge. Comme les bouchers au petit matin quand ils livrent la viande. Des bêtes entières sur leurs épaules. On croirait qu'ils se portent eux-mêmes. Dans l'obscurité les bouchers se portent eux-mêmes entièrement nus sur leurs épaules. La nuit devant l'enseigne éteinte. Attendre que la boucherie ouvre. Se ronger un ongle. Enlever ce qui dépasse. Une lumière dans la boutique. Le jour tous ces gestes qu'ils font. Les bouchers qui portent des carcasses sur leurs épaules. Deux corps qui s'emmêlent. L'un vivant et l'autre mort.
Quand je suis parti de mon endroit de naissance, ce n'était pas comme partir en vacances, ou dire "je vous enverrai une carte portale, bisous, et bientôt je reviendrais ". C'était grave dans les yeux de mon père et dans les yeux de ma mère, comme un crime que j'aurais fait, comme une trahison de leur amour. C'était comme couper l'herbe ou la racine sous le pied de leur espoir pour moi. Mais mes pieds il fallait bien qu'ils prennent la route pour ne pas devenir lourds comme la pierre, mon coeur avec, mon coeur mangeur d'air pur.