L'intégration des sociétés complexes fait l'objet de cette réflexion. Elle relève, selon Habermas, des ressources que sont l'administration, l'argent et la solidarité, dont la démocratie est la matrice politique et la pragmatique quasi transcendantale, la matrice méthodologique. La problématique de l'ouvrage se met en place à partir de Rousseau et de Kant, avant d'atteindre Habermas chez qui elle insiste sur la solidarité. Pour Habermas, la solidarité ne peut se concevoir que dans une institution républicaine où les citoyens raisonnent selon le principe éthique de l'universalisation des normes en relation étroite avec leurs mondes vécus. Le compromis entre le capitalisme et le socialisme en dépend largement, de même que celui à trouver entre les paradigmes libéral et communautarien, développés respectivement et prioritairement par Rawls et Taylor. Cette réflexion permettra-t-elle de satisfaire, en ce qui concerne les États post-coloniaux africains, les demandes de solidarité active, en les distinguant à la fois des appels aux solidarités pré-modernes du monde vécu et des mots d'ordre de solidarité des travailleurs associés ...
Nombre de pages
206
Date de parution
24/02/2010
Poids
280g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782296112995
Titre
Habermas et la solidarité en Afrique
Auteur
Kouassi Yao-Edmond ; Kervégan Jean-François
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
280
Date de parution
20100224
Nombre de pages
206,00 €
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Les contributions réunies ici sont indissociables de la riche trajectoire du professeur Karamoko, caractérisée par des travaux théoriques féconds inscrits dans la Théorie Critique de la Société, héritée notamment de Theodor Adorno, Max Horkheimer. Bien que l'élaboration d'un ouvrage collectif ne soit pas une täche aisée, les contributeurs de Culture, africanologie et humanisme ont cependant réussi à surmonter différents écueils pour réfléchir aux idées de Karamoko in situ, sans jamais perdre de vue ceci : la philosophie est avant tout universelle et peut se manifester à travers les écritures africaines de Soi, la philosophie de la culture axée sur la critique de l'industrie culturelle, l'esthétique negro-africaine, les expériences agonistiques de la société démocratique, etc.
Kouassi Yao-Edmond ; Kacou Vincent Davy ; Agbra Ko
Depuis la fin de la colonisation, les pays africains indépendants ont amorcé un processus de développement dont les résultats obtenus sont globalement en deçà de leurs attentes. Sur les plans politique, économique et social, de gros efforts restent à faire. Ces résultats mitigés s'expliquent principalement par la mentalité africaine qui a du mal à trouver la symphonie entre les traditions, cultures et valeurs africaines et l'héritage colonial. La mentalité entendue comme vision du monde, état d'esprit, dispose l'homme à affronter et à résoudre les problèmes qui se posent à lui. Elle détermine la façon dont un homme ou un peuple opère des choix et prend des décisions qui orientent sa vie. Celle de l'Afrique constitue un obstacle à son développement, défini comme un processus d'amélioration des conditions de vie de l'homme. Elle se décline en corruption, coups d'Etat, mysticisme, "bricolage démocratique" , immigration, etc. Toutefois, cette situation, qui n'est pas une fatalité, peut se transformer par un changement de mentalité opéré par des hommes semblables à des démiurges, capables d'assainir les espaces politique, économique et social. L'Afrique ne peut accéder au développement que par l'acquisition de bonnes moeurs et la pratique de la vertu.
L'étude de l'Afrique, de l'Etat de droit, de l'intégration démocratique nationale et post-nationale, de l'éthique, de la confiance institutionnelle, de la société civile et des droits de l'homme a sans nul doute partie liée à la reconstruction entreprise par Habermas pour expliquer, par la métaphore de La colonisation du monde vécu, l'érosion de la culture, de la société et de la personnalité, les trois composantes cardinales du monde quotidien. Parce qu'une telle colonisation renvoie au modèle colonialiste historique et classique qui a consisté en la désagrégation des sociétés archaïques par des conquérants issus de sociétés étatisées, et qu'elle a entraîné la déréglementation des cadres tribaux de perception de soi et le calvaire des colonisés, le défi politique majeur pour l'Afrique est la décolonisation systémique. Pareille décolonisation est à organiser sur les cendres de la colonisation historique. Elle sera l'affaire des citoyens volontaires des sociétés civiles vivaces ou ne sera pas, à moins d'attendre le salut de l'Afrique d'un Etat interventionniste.
Ce livre qui s'inspire de Karl Marx, interroge la généalogie et la signification profonde de la mondialisation dont il met en relief les enjeux technologiques, économiques et socio-humains. Il questionne en outre le destin même de la société capitaliste, qui se heurte aujourd'hui, plus qu'hier, aux limites de la terre. En le faisant, il remet en débat la possibilité de l'avènement d'une société post-capitaliste.