Lais bretons (XIIe-XIIIe siècle) : Marie de France et ses contemporains
Koble Nathalie
CHAMPION
24,00 €
Epuisé
EAN :9782745320704
Edition bilingue établie, traduite, présentée et annotée par Nathalie Koble et Mireille Séguy. Dans notre mémoire littéraire, l'apparition des lais narratifs bretons a fait deux fois événement: pour les auditeurs du XIIe siècle, qui en ont fait un succès littéraire, déterminant ainsi la constitution d'un genre qui a fait école, mais aussi pour nous, lecteurs contemporains, qui n'avons cessé, depuis leur découverte, de les éditer, de les traduire, d'en commenter l'énigmatique attrait. En proposant de lire côte à côte les lais de Marie de France et plusieurs lais anonymes, le présent volume voudrait faire apparaître la cohérence d'un corpus constitué sur plusieurs décennies. Choisis pour la richesse des résonances qu'ils offrent avec les lais de Marie, les cinq lais anonymes ici présentés bénéficient d'une édition et d'une traduction nouvelles. Les lais de Marie de France ont été traduits d'après l'édition de Jean Rychner, entièrement revue.
Nombre de pages
944
Date de parution
03/03/2011
Poids
829g
Largeur
125mm
Plus d'informations
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EAN
9782745320704
Titre
Lais bretons (XIIe-XIIIe siècle) : Marie de France et ses contemporains
Auteur
Koble Nathalie
Editeur
CHAMPION
Largeur
125
Poids
829
Date de parution
20110303
Nombre de pages
944,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Ecrites en français dans les années 1270, probablement par un franciscain de Venise, les Prophéties de Merlin du pseudo-Richard d'Irlande couronnent près d'un siècle d'écriture en prose. Ce texte protéiforme, à l'image des "muances" qui caractérisent les apparitions de Merlin dans les romans du XIIIe siècle, réfléchit les tensions inhérentes à l'écriture des cycles romanesques. Le texte est placé sous le signe de la métamorphose : sa tradition manuscrite, sa composition, ses procédés d'écriture travestissent la forme romanesque et donnent naissance à un roman, décentré et instable, qui joue de l'effet de cycle pour ouvrir la fiction arthurienne à d'autres espaces littéraires. Dernier roman du Graal, le récit affiche ses principes d'écriture : la parole prophétique, omnisciente, est transmise par un dispositif fictionnel complexe qui assimile l'héritage de Robert de Boron et de ses successeurs. Pour transformer le discours prophétique en roman, le prosateur érige la mise en écrit des oeuvres de Merlin en aventure et fait mourir prématurément son protagoniste, "entombé" dans une montagne magique : la voix prophétique, intarissable, reste enfouie, recueillie par une multitude de personnages qui parcourent les forêts en quête du tombeau ou se pressent dans l'atelier d'écriture pour y continuer le livre posthume. Leurs errances croisent les aventures des chevaliers arthuriens, déstabilisés par la folie dans laquelle a sombré leur roi, Lin moment dessaisi de sa fonction centralisatrice au profit d'autres modèles de souverain, d'autres terres de fiction. En faisant mourir le "Prophète des Aventures", le romancier se libère d'un langage univoque et livre la fiction arthurienne à une multiplicité de points de vue, au risque d'en bouleverser l'harmonie. Rivales du maître défunt, les fées du royaume incarnent les enjeux poétiques du roman en prose : dans les Prophéties de Merlin, la passation de pouvoir du prophète aux fées, du singulier au pluriel, de l'omniscient au fragmentaire, de l'autorité à la rivalité, révèle que l'écriture romanesque est inséparable de la polyphonie et de l'excès et laisse entrevoir l'ombre inventive du compilateur.
La tradition poétique de la Saint-Valentin du Moyen Age à aujourd'hui, anthologie bilingue. La tradition poétique de la Saint-Valentin est d'origine courtoise. Née au XIVe siècle en temps de guerre, en Angleterre puis en France, elle est d'emblée bilingue : sous la plume de Chaucer, John Gower, Christine d'Orléans ou Christine de Pizan, elle transpose dans la langue poétique le désir et la difficulté de l'échange, souvent avec impertinence. La circonstance amoureuse fait de l'activité poétique le lien qui soude une communauté où chaque voix s'exerce à la variation, thématique et formelle, pour dire, dans les formes du temps, « je t'aime? », ou bien « ? moi non plus ». Cette « formule valentine », associée au rituel du calendrier et à la fête collective, a eu de beaux jours devant elle : en Angleterre, plus discrètement en France, chez les poètes américains les plus novateurs, la Saint-Valentin nourrit une tradition poétique à la mémoire discontinue, qui traverse les époques, les continents et les styles. La présente anthologie met au jour cette tradition dans ses deux langues de naissance, pour en souligner les lignes de force, des origines à aujourd'hui. La traduction des textes, anciens et contemporains (pour la plupart inédits) s'efforce de mettre en valeur les expériences formelles et les énigmes qui sont en jeu dans ces valentines, pour en saisir l'art de la circonstance et le trait d'esprit.
L'écriture de Nathalie Koble se caractérise par un travail de déplacement dans la reprise. Faisant sien le " make it new " d'Ezra Pound, elle invente une langue poétique hybride, entre les temps, les langues et les genres. Extérieur chambres est une consolation de poésie. Le livre rejoue des itinéraires, disperse les voix, varie les dispositifs d'écriture et de lecture. Pour donner forme à l'aléatoire et créer de l'espace, il fait boucle autour de trois moments essentiels : le déplacement, la rencontre, la disparition. Et fait tourner.
C'est l'histoire d'un amour. Mariée, la Belle Dame est partout suivie par la Licorne, animal magique gardien de son honneur. Mais voilà qu'elle s'éprend d'un Beau Chevalier. Clandestine, leur histoire se confronte à maintes épreuves, incitant les amants à prouver la constance de leur coeur. Nourri d'un idéal courtois mis en danger par la guerre de Cent Ans, les rivalités politiques et les épidémies, ce roman de chevalerie, rédigé en 1349 comme cadeau de mariage à Blanche de Navarre, ne saurait se réduire au récit d'un amour interdit. Poésie, musique, danse et beauté des images, y célèbrent une culture complète des sens, anticipant de plus d'un siècle le très célèbre cycle des six tapisseries de La Dame à la Licorne, auquel ce texte a sans nul doute servi d'inspiration.