Les recherches sur la maternité ont intégré les critiques des féministes sur "la maternité allétante" dans les années 1970 et la revisitent désormais à la lumière du "genre" et des constructions sociales. Expérience personnelle et intime, la maternité n'en est pas moins soumise aux contraintes culturelles, sociales, économiques et politiques qui entretiennent aujourd'hui encore les inégalités entre les sexes. L'aire méditerranéenne fournit un contexte de recherche exemplaire sur la maternité : du fait des différentes structures sociales et politiques qui la composent, des pratiques et représentations de la maternité très diverses et parfois antagonistes y coexistent et s'entremêlent. Convoquant l'ensemble des sciences humaines (histoire, philosophie, anthropologie, sociologie, démographie, économie, psychologie, psychanalyse, médecine, droit), sollicitant chercheurs et professionnels de différents pays (France, Espagne, Italie, Portugal, Algérie, Maroc, Tunisie), cet ouvrage privilégie trois thèmes : le corps maternel, les pratiques et les représentations des soins maternels, la conciliation travail-famille. Comment le refus d'enfanter est-il vécu et perçu au nord et au sud de la Méditerranée ? De quelle façon la médicalisation des soins maternels influence-t-elle les pratiques et les représentations ? Qu'en est-il des inégalités entre les femmes et les hommes dans la conciliation travail-famille ? Telles sont quelques-unes des questions abordées par les auteurs qui, par leurs analyses et témoignages, apportent de nouvelles pistes de réflexion et contribuent à la recherche de politiques adaptées.
Nombre de pages
232
Date de parution
10/01/2013
Poids
501g
Largeur
160mm
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EAN
9782810900893
Titre
La maternité à l'épreuve du genre. Métamorphoses et permanences de la maternité dans l'aire méditerr
Chacun de nous, dans les moments critiques de son existence - la naissance, la maladie, la mort -, s'en remet aveuglément à la compétence et à la sollicitude de celles qui sont là pour nous assister. Ces femmes obscures, les infirmières, tiennent alors notre destin entre leurs mains. Aujourd'hui, il y a environ 240 000 infirmières en France et pourtant on peut se demander si la profession n'est pas en voie de disparition. Ce métier féminin a subi de profondes transformations au cours de la gigantesque mutation qui, depuis les découvertes de Pasteur, bouleverse de fond en comble la médecine, l'hôpital, le monde de la santé. Ce livre essaie de montrer comment cette mutation affecte les femmes soignantes dans leur travail, dans leur vie personnelle, dans leur identité. Pour compenser la relative pauvreté des documents officiels, les auteurs utilisent une soixantaine de témoignages donnés par les infirmières dont la plus âgée a cent deux ans, la plus jeune à peine trente. Elles ont été formées par les congrégations, par la Croix-Rouge, par des associations, par l'Assistance publique. Elles ont travaillé dans les écoles, les usines, à l'armée, à l'hôpital, en pratique libérale. Elles ont connu des conflits violents, des chagrins profonds, des joies intenses, des déceptions. Concurrencées par les aides-soignantes et par les jeunes femmes médecins, le doute à présent les assaille...
C'est en historienne qu'Yvonne Knibiehler analyse ici la généalogie de la paternité en Europe occidentale : au gré des âges, les trois principales composantes de la puissance paternelle - fonction biologique de la reproduction ; fonction psychologique de la relation éducative ; fonction sociale de la transmission du patrimoine - s'articulent en effet de manière différente. Si la transmission des biens caractérise la paternité coutumière de la société de l'Ancien Régime, par-delà les différences d'ordre et de castes, l'amour paternel émerge à côté de l'autorité avec le tournant des Lumières - emblématisé par l'Emile -, qui marque le passage symbolique à la paternité individuelle. Progressivement mise en péril au cours du XIXè siècle, l'institution patriarcale doit composer de nos jours avec de nouveaux partenaires (féminisme, Etat et science) qui contribuent à la fragiliser et à la remodeler. Au fond, de la Médée d'Euripide à la fécondation in vitro, c'est toute l'histoire des rapports complexes entretenus par l'homme avec le petit d'homme qui est ici brillamment retracée. Professeur émérite à l'université de Provence, Yvonne Knibiehler est l'auteur de nombreux ouvrages, au nombre desquels on compte, en collaboration avec Catherine Fouquet, une célèbre Histoire des mères, du Moyen-âge à nos jours. (Montalba, 1982 et Hachette-Pluriel, 1982).
Spécialiste de l'histoire des femmes, Yvonne Knibiehler s'est toujours engagée de manière subtile et particulière dans toutes les grandes causes du XXe siècle: le travail des femmes, la maternité, le féminisme, l'éducation, la citoyenneté, la décolonisation... Souvent à contre-courant de la pensée dominante, elle a montré, en plein combat féministe, que la maternité demeurait un enjeu central de l'identité féminine. Aujourd'hui, alors que de plus en plus de femmes sont incitées à rentrer dans leur foyer, elle dénonce la fatigue des mères. Comme de nombreuses femmes de sa génération, Yvonne Knibielher s'est vu proposer le choix entre vie familiale et vie professionnelle. Elle fut de ces pionnières qui refusèrent de choisir, récusant tant la relégation des femmes au foyer que la critique de la maternité de nombreuses féministes. "Mon refus inspire tout ce livre. Il relie mon expérience professionnelle à l'histoire collective de plusieurs générations".